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21 janvier 2009

le piège du théâtre

affiche_Knobst_moy.jpg
Il m'est arrivé une drôle d'aventure.

Hier soir, mardi, je suis allé au théâtre. Un ami m'avait offert les places, en échange d'une petite mission : offrir des fleurs à l'une des comédiennes à la fin du spectacle.

C'était au Théâtre 14 Jean-Marie Serrault. Il s'agissait de l'avant-première de l'Alpenage de Knobst.

Avec Bougrenette, qui m'accompagnait, on a eu un peu de mal à trouver le théâtre, en toute périphérie de Paris, entre un stade et un centre culturel de quartier. Quand nous y sommes arrivés, il n'y avait quasiment personne.

L'ouvreuse a eu la gentillesse de m'ouvrir un des bureaux de l'administration du théâtre pour que je m'y soulage de mon bouquet - des espérances. Puis nous nous sommes installés.

En attendant le début de la pièce, nous parlions de la vie, Bougre et moi. Du petit resto chinois où nous étions allés juste avant, du théâtre, où nous n'allons pas souvent, ni elle ni moi, de Britannicus dont, va savoir pourquoi, j'essayais de me souvenir une tirade d'enfance.

A dire vrai, nous étions un peu étonnés de ne pas voir arriver beaucoup de monde, mais bon on se disait que, avec la télé, la difficulté à se garer aux alentours du théâtre, la cérémonie d'investiture d'Obama, tout ça, quoi, c'était peut-être normal.

Il y avait avec nous seulement deux autres couples : des retraités, lui en cravate, assurément un ancien cadre de la Générale, et elle, très élégante dans son tailleur cintré. Et des jeunes, lui un peu braillard, un comédien sans comédie, et elle un peu à fleur de peau de porter seule la vie du foyer.

C'était un peu bizarre, parce que la salle de spectacle était sacrément délabrée, il y avait ici ou là des débris de plâtre et de la poussière de brique.

Les deux hommes se sont un peu pris le bec, à un moment, le vieux s'était agacé des simagrées de l'artiste, qui l'avait mal pris. Puis le jeune couple s'est disputé, on a pensé un temps qu'elle allait rentrer avant le début du spectacle.

Et puis tandis qu'on s'impatientait, justement, un jeune gars, très impertinent est arrivé, apparemment le petit copain de l'ouvreuse, qui s'est installé au premier rang et s'est mis à fumer une cigarette, suscitant l'irritation de la salle, surtout de l'ingénieur à la retraite, d'ailleurs. Ça m'a bien amusé, en fait, surtout parce que ce jeune mec était super canon. J'ai même pensé un temps aller chercher les fleurs pour les lui offrir à lui. Mais Bougre m'en a dissuadé. Ah, les promesses !

Au plus fort des engueulades, un morceau du mur s'est détaché et est tombé dans la salle, puis un morceau du balcon. Là, plus personne n'était vraiment rassuré. On ne comprenait pas, d'ailleurs, que le spectacle ne commence pas encore. Je ne sais plus bien qui est sorti pour essayer de comprendre ce qui se passait. En tout cas, il revint blême, en expliquant que les portes du théâtre avaient été fermées, et qu'il n'y avait personne. Et là, l'ouvreuse s'est mise à frémir et à sangloter. Elle nous a avoué que c'était comme ça tous les soirs, qu'hier, même, un comédien avait disparu à travers une trappe. Tout le monde lui est tombé dessus, à cette pauvre fille, le ton est monté d'un cran, et le balcon s'est effondré. Nous étions sous les gravats, des miraculés, quasi des rescapés de Gaza.

Et là, un homme soudain est apparu. Écharpe dandy. L'ange Gabriel. Ah! on a vite compris que c'était l'auteur de la pièce, mais il prenait tout à la légère, ce qui renforçait encore notre hystérie. Et il s'amusait de nous. Ça en devenait insupportable.

Bougre était restée assez placide au milieu de tout ce fatras. Elle regardait tout ça comme si elle était au spectacle. Et en fait c'est ça, nous étions au spectacle. Nos hystéries, nos stratégies, nos tentatives de fuite, c'était ça, le numéro. Nous étions au théâtre, mais c'était nous, les comédiens. Trop fort, franchement. Le renversement du point de vue.

Un peu comme si le jeune pilote d'un F-16 israélien, au moment où il lâchait sa bombe, au lieu de s'en retourner tranquillement sur sa base s'empressait de rejoindre ses mômes à l'hôpital de Gaza qu'il venait de viser, et se découvrait le père des jeunes victimes.

Finalement, c'est à l'ouvreuse que nous remîmes les fleurs, mais pas à celle qui nous avait accueillis dans la salle, tout en noir, et qui travaille au théâtre 14, mais à la comédienne Letti Laubiès, qui était habillée de rouge sur la scène du théâtre.

D'ailleurs, à y regarder de plus près, la salle était comble, évidemment, ce qui est bien pour une avant-première...

Le texte de la pièce est assez drôle, la distribution est brillante, la mise en scène est vive, pleine de trouvailles, appuyée par un décor ingénieux. On a passé une bonne soirée. Pas vrai, ma Bougre ? Et merci Laurent.

C'est jusqu'au 7 mars. Les mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20h 30, jeudi à 19h. Matinée samedi à 16h.

Texte de Jean-Loup Horwitz, mise en scène de Xavier Lemaire, avec Katia Tchenko, Laurence Breheret, Letti Laubiès, Benjamen Brénière (mon chouchou de la soirée), jacques Brunet, Xavier Lemaire et Guy Moign.

De 11 à 25 euros.

Commentaires

Je te jure Laurent, il a fallu que je me batte pour qu'il ne donne pas les fleurs au joli jeune homme :-) bon je m'avoue vaincue Oh! par ton style unique pour raconter ... je suis au tapis, t'es une truffe à demi, et je confirme c'est une pièce à ne pas rater car sortant assurément de l'ordinaire.

Écrit par : Bougrenette | 21 janvier 2009

je suis content que ça vous ait plu :o) dommage qu'ils n'aient pas eu plus de spectateurs, surtout pour une première... mais bon, laissons faire ou plutôt faisons le bouche à oreilles... merci à toi et à Olivier pour votre présence "là-bas", et chapeau Olivier pour ton compte rendu !

Écrit par : ohlebeaujour | 22 janvier 2009

-> Bougre -> Mieux vaut truffe que tartuffe !
-> ohlebeaujour -> Ben non, y'avait salle comble, évidemment. C'est dans la pièce, qu'il n'y a que deux couples... Je clarifie à la fin du billet, je voudrais pas laisser fausse impression...

Écrit par : Oh!91 | 22 janvier 2009

En quelques mois d'absence de ma part, ton blog s'est transfiguré, ainsi que l'image que je me faisais de toi. Ce dernier point non par l'apparence de ton blog, mais par le contenu que tu dévoiles. Je préfère ne pas en parler dans le mien, plus aridement sexuel. D'ailleurs, ça commencerait pas à en manquer par chez toi ? À très plus !
V.

Écrit par : victor | 22 janvier 2009

-> victor -> Bah ! un chagrin d'amour cet été, et une guerre cet hiver, ça m'a un peu calmé... Mais va jeter un œil sur mes billets autour du nouvel an, il s'y passait des choses. Merci de ton retour.

Écrit par : Oh!91 | 23 janvier 2009

Et ce soir un opéra en quatre actes ???
La vache, t'es pas couché !
Veinard va !
En tout cas, la pièce là, elle donne bien envie, mais comme toujours c'est à la capitale pffff !

Écrit par : feekabossee | 24 janvier 2009

-> feekabossee -> c'est un peu nouveau, chez moi, cette frénésie de sorties. Et pour tout te dire : c'est bon ! pour la pièce, attends un peu, elle va bien finir par tourner. Peut-être pas jusqu'à Grenoble, mais sans doute pas loin...

Écrit par : Oh!91 | 24 janvier 2009

Bonjour,
Encore merci pour être venu au spectacle;la critique que tu as publié sur ton blog est tout à fait pertinente;d'autant plus qu'elle sucite l'envie........ pourrais-tu en déposer une plus brève et moins révelatrice quant au dénouement sur theatreonline.com et billetreduc.
Merci d'avance et bisous bisous

Écrit par : letti | 25 janvier 2009

-> letti -> merci de ton passage et de ton commentaire. Je veux bien essayer de laisser des billets sur ces sites. Je n'ai jamais fait, mais votre spectacle le mérite. Je te souhaite une bonne saison, et encore bravo !

Écrit par : Oh!91 | 25 janvier 2009

Bon, moi j'ai rien compris ... et pourtant, cette semaine, je suis bien nourrie. Trop, alors, peut-être ...

Écrit par : Fiso | 28 janvier 2009

-> Fiso -> Y'a rien a comprendre, y'a juste à aller au théâtre. Dis donc, Porte de Vanve, c'est pas trop loin de chez toi, si je ne me trompe pas !?!...

Écrit par : Oh!91 | 28 janvier 2009

Ca dépend du moment où on parle.
Là, tout de suite, c'est super loin de l'endroit où je crèche ce soir :)

Écrit par : Fiso | 29 janvier 2009

-> Fiso -> Oui, certes, mais tu ne t'en tireras pas à si bon compte, parce que ça joue même le week-end, si tu lis bien les informations du bas de la note, avec des matinées faites pour toi : 16h !

Écrit par : Oh!91 | 29 janvier 2009

Les commentaires sont fermés.