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19 janvier 2009

quand j'apprenais l'arabe (3) les mécréants

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On entend beaucoup parler de la renaissance du créationnisme en Amérique. Ça fait même un peu froid dans le dos. Les négationnistes de l'évolution ont pignon sur rue, viennent d'ouvrir un musée, ont l'oreille du président en partance, et des sondages indiquent que de plus en plus d'Américains croient (55 %) dans les belles aventures d'Adam et Eve, ou de l'Arche de Noé, et sont favorables (64 %) à l'enseignement des thèses créationnistes à l'école. Brrr ! Deux mythes, soit dit en passant, que l'Islam a repris à son compte, mais là n'est justement pas mon propos.

Durant mes études d'arabe, j'avais choisi un sujet de recherche sur le darwinisme : le darwinisme chez les Arabes. Histoire de me donner un alibi et de me dire que mes études scientifiques d'avant n'avaient pas été absolument inutiles.

Ça m'a permis de constater qu'à la fin du 19è siècle, quand les sociétés syriennes et égyptiennes virent débarquer chez elles, avec les prémices du colonialisme, des visions rationalistes du monde, et une pensée scientifique moderne née dans la révolution industrielle occidentale, ce ne sont pas les intellectuels et savants musulmans qui en contestèrent la validité, mais les Jésuites américains et autres évangélistes et missionnaires occidentaux. Ce sont ces derniers qui se tiraient la bourre, montaient des clans les uns contre les autres, s'insultaient dans les revues arabes naissantes, se traitaient de mécréants, et relayaient, en fait, les réactions les plus conservatrices que Darwin suscitait dans le monde chrétien.

Tandis que, pour l'essentiel, les indigènes, l'intelligentsia arabe en train de se constituer, se montraient plutôt curieux de ces nouvelles approches, s'appropriaient les ressorts de la science moderne, et s'amusaient des querelles occidentales qu'elles suscitaient dans leur propre langue.

Comme quoi, il faut se méfier des clichés : les musulmans n'ont pas le monopole de l'intégrisme. Et nous ferions bien de faire preuve d'un peu de vigilance par ici, de sales idées rôdent.

Commentaires

Je n'arriverai pas à développer le fond de ma pensée et ce que ton billet m'inspire ce soir (ça bloque, je suis un peu crevé, ça arrive...). Mais je suis soufflé d'apprendre ça, tout simplement. Je vais lire le document lié à ton dernier lien avec attention...

Écrit par : Fab | 19 janvier 2009

Oh,
Pas grand chose à te dire là, sauf te remercier de nous faire part de ces éclairages qui ouvrent des horizons très intéressants.
Quant aux intégrismes, je suis bien sûr d'accord avec toi. Mais il est de bon ton dans la bien-pensance ambiante de faire suivre le mot de "islamiste" (qui ne veut à peu près rien dire, d'ailleurs...)
Il y a beaucoup à apprendre à lire le Coran et les 40 principaux Hadiths. Ca évite de dire et véhiculer des conneries.
Des bizoux + bonne semaine :o)

Écrit par : bénédicte | 19 janvier 2009

-> Fab -> Comme lecture, s'il n'était pas épuisé, je t'aurais bien suggéré de lire ça : http://www.cedej.org.eg/article.php3?id_article=473 ;
-> bénédicte -> Comme quoi, c'est pas les religions, qui font l'intégrisme, mais la haine et l'intolérance. Bon, OK, les religions, avec leur cortège de croyances irrationnelles, ça peut aider. Mais on peut croire dans la tolérance. J'ai en tête que dans l'Islam, certains se sont arrêtés au Jihad, la guerre sainte. Mais le grand Jihad, le vrai, c'est l'Istijihad, le Jihad sur soi-même, que l'on retrouve dans la tradition mystique soufi, et qui par essence est pacifique. Bises à toi.

Écrit par : Oh!91 | 19 janvier 2009

Je ne suis absolument pas surprise en te lisant. Je suis convaincue, que nous devons beaucoup à l'invasion "arabe" (j'emploie ce terme en caricature sans être péjorative)
Une grande part de nos acquis intellectuels viennent de ce frottement à d'autres culture quelles qu'elles soient d'ailleurs.
A force de s'épouser entre elles, les familles de villages (sur toute la surface planétaire) ont des enfants fragiles, tant sur le plan santé qu'intellectuel, alors que le métissage renouvelle les gènes.
Notre intelligence culturelle se fonde pareille.
Je crois que l'acceptation de l'autre et de sa culture ne peut que nous confronter avec nos propres limitations et nous obliger à les dépasser, donc aller vers le progrès.
Mes parents adoraient voyager et toute petite, nous avons confronter nos façons de vivre avec d'autres et cela m'a toujours fasciné de me rendre compte de la diversité des moyens mise en oeuvre pour défendre son"être au monde" et c'est là, finalement qu'on se rends compte de l'immensité de l'intelligence, celle qui amène au bonheur de vivre.
Le bonheur de vivre lié à la force mentale, la force vitale et amène à la liberté des peuples donc de la pensée et donc de soi-même. On regarde ailleurs que son nombril et le pourquoi nous sommes là nous apparaît sous un autre jour

Écrit par : Christie | 19 janvier 2009

Cela ne m'étonne pas du tout.
Moi même, lors de mes séjours répétés en Tunisie, je n'ai pas de vraies oppositions à mon discours d'athée (je sais que ce n'est pas tout à fait le sujet de votre article...). Je bénéficie d'une grande écoute même. Il est évident que je ne peux en parler de façon abrupte, mais je garantie que j'en parle en toute franchise, argumentant le parcours qui me fit passer de croyant à athée... Tout est toujours une simple question de bons sens et d'ouverture d'esprit (dans les deux sens).
Les bornés sont de toute part et les musulmans n'ont pas le "monopole" de cet état de fait.

@ bientôt,

Michel

Écrit par : giliberti | 19 janvier 2009

Merci pour la référence ;)

Écrit par : Fab | 19 janvier 2009

-> Christie -> le métissage et le croisement des cultures, c'est la clé du développement humain ;
-> giliberti -> Je connais trop peu la Tunisie, hélas, mais le contact que j'y ai eu me laisse volontiers croire à cet esprit d'ouverture et de tolérance ;
-> Fab -> de rien : sans doute à dispo dans toutes les bonnes bibliothèques universitaires...

Écrit par : Oh!91 | 20 janvier 2009

Les commentaires sont fermés.