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13 novembre 2008

Hikikomori / ひきこもり

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Leur porte est fermée. Ils sont reclus. Ils ne veulent plus voir personne, le monde extérieur leur est hostile. Ils restent ainsi des mois, des années coupés du monde. L'approvisionnement en pizza et en papier Q est leur seul point de contact. S'alimenter et déféquer : voilà ce qui les raccorde encore au monde.

On dit qu'au Japon, ils sont des millions à vivre ainsi dans l'isolement total, surtout des jeunes vivant chez leurs parents qui ne quittent plus leur chambre. On les appelle les hikikomori. Ils seraient 1% de la population, mais un jeune sur dix serait concerné, et ce trouble irait croissant.

Mon ami, aux tendances hikikomorimaniaques - on s'en est amusé - relève la tête et recommence à sortir. Ensemble, nous sommes allés voir, samedi dernier, Tokyo, un film assemblage, fait de trois moyens métrages, qui propose trois visions différentes de Tokyo par des réalisateurs étrangers, trois regards surréalistes sur cette ville-mégalopole qui fascine.

Dans le premier, de Michel Gondry, une femme ne trouve sa place dans cette ville exigüe et turbulente qu'en devenant une chaise à barreaux pour approcher l'intimité des hommes. Dans le second, Leos Carax a imaginé un "homme-merde" sorti des égoûts qui terrorise la population. Dans le troisième, du coréen Joon-ho Bong, un hikikomori s'emmourache de la petite livreuse de pizza, et ne trouve l'énergie de sortir de chez lui qu'en apprenant qu'elle ne le livrera plus, étant elle même devenue hikikomori. Après dix ans de cet isolement, il découvre une ville totalement changée, déserte, morte. La ville entière est devenue hikikomori. Il s'était extrait d'un monde et d'une violence qui s'étaient éteints.

Nous avons bien ri pendant ce film, encore programmé dans quelques salles art-et-essai de la capitale.

Et puis surtout, le voilà lui affublé d'un nouveau surnom, long, certes, cinq syllabes, mais qu'il ne réprouve pas.

Commentaires

J'ai failli commenter le billet d'hier. C'est marrant, j'aurais dit exactement comme Fauvette, puis j'ai renoncé. comme si je retenais mon souffle. Pas forcément envie de te voir en re-prendre plein la gueule. Pas forcément envie de te resavoir pleurer.
Et puis l'impression de s'immiscer.

Steady, young man. Mind your steps.

bises

Écrit par : manu | 13 novembre 2008

-> manu -> merci de cette prévenance. T'inquiète, je suis pas en train de replonger. Mais la construction d'autre chose ne se fait pas forcément sur un sol très stable. Donc je regarde où je mets les pieds. Et fais pas ton hikikomori avec moi, s'te plait. J'suis content que tu viennes au salon de Montreuil, et qu'on aie l'occasion de se voir.

Écrit par : Oh!91 | 13 novembre 2008

Bonjour, je suis le webmaster d'un tout nouveau site dédié au trouble hikikomori. Le but de ce site est de sensibiliser les gens à ce phénomène qui dépasse les frontières asiatiques et qui prend de l'ampleur au plus la société moderne évolue. J'ai aussi pour ambition de rassembler les hikikomoris francophones via cette plate-forme d'information.

http://hikikomori.e-monsite.com/accueil.html

Toute aide est la bienvenue.

Écrit par : Albel | 22 novembre 2008

-> Albel -> Initiative intéressante, et intrigante. C'est vrai qu'il serait faux de ne voir dans ce phénomène qu'une manifestation exotique qui nous échapperait. Je souhaite du succès à ton projet, qui rencontrera sans doute la curiosité de plus d'un internaute.

Écrit par : Oh!91 | 23 novembre 2008

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