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12 novembre 2008

le temps du retour

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Cinq mois se sont écoulés, et il est revenu. Qu'en dire ?

Je l'ai retrouvé là, au salon où nous nous caressions dans le secret d'Igor, sur ce vaste divan aux chaudes couleurs d'ocre d'où sa main candide, dissimulée sous une couverture, s'emparait jadis des parcelles de mes membres qu'à dessein j'approchais. Il a passé la nuit dans ce lit où j'allais au petit matin silencieusement le retrouver. Il a mangé de ma cuisine, dans ma vaisselle, j'ai retrouvé son sourire radieux, son oeil espiègle, ses traits d'humour distillés, une paix confiante où autrefois déjà je parvenais à le trouver. Il était là, comme avant. Nous sommes allés marcher en forêt, profiter de l'air frais et des ultimes couleurs d'automne. Avec lenteur, pour préserver son dos, mais avec bonheur.

J'avais tant attendu ce moment, et suis si fier qu'il ait eu cette envie du retour, jusqu'à celle du rester dormir.

Il s'est joué de lui, a manié sa moue moqueuse, comme avant, retrouvé les chemins de l'auto-dérision, jubilé à l'évocation des beaux garçons, il était là dans une joie simple, heureux que nous soyons amis. Sa présence m'était onctueuse.

Et pourtant, cette étape a été rude. C'était son retour, mais il n'était pas seul : je faisais à cette occasion la connaissance de son ami. J'avais besoin de connaître cet homme pour y voir autre chose qu'un intrus et couper une fois pour toutes le fil de la comparaison. Nous aurions pu nous voir ailleurs, autrement. Mais c'est comme ça : après deux ratés, j'avais suggéré cette invitation, et ils l'avaient acceptée.

Nous avons bien sympathisé, d'ailleurs, là n'est pas la question. Il ne savait rien de mon histoire, rien de l'amour que nous avons eu l'un pour l'autre, rien donc de ma passion dévorante ou de mon chagrin dévastateur. A quoi eût-il servi qu'il sache ? Je sais de lui déjà beaucoup. Il a vu dans la longévité de mon union avec Igor la preuve de la possible longévité de son couple binational à lui. Je crois qu'il a passé une bonne journée. Une journée de sortie avec celui qu'il aime, et qu'il voit finalement assez peu. Je faisais le troisième homme, la catalyse.

Et les contacts des mains, des peaux, c'est à visage découvert qu'ils eurent lieu, la tête sur les genoux de l'autre, les appuis tendres et les douces caresses brillaient d'éclats presque rituels. Mais ce n'était ni ma tête, ni mes genoux, ni mes mains, ni mon éclat.

Plusieurs fois en marchant dans la forêt, je suis parti devant déguiser mon visage pour qu'on n'y décèle pas les sanglots étouffés. Pourtant, dans les dernières minutes, j'ai souhaité qu'il perçoive ma tristesse enfouie, qu'il s'y accroche, que d'un signe il y réponde. A l'heure du départ, je n'ai pas été digne dans mon salut, puis m'éloignant, j'ai fondu comme une madeleine, observant au loin leurs derniers mouvements devant l'automate de la SNCF.

Mes larmes ont ainsi fait leur retour en fanfare, deux mois et demi après les précédentes. Il me fallait cette épreuve, il me fallait la réussir.

Cette lancinante question me poursuit donc encore : pourrais-je, pour y survivre, me contenter de son sourire, me persuader seul et en dépit de tout y voir une farandole d'amours, toutes impossibles à vivre mais néanmoins réelles et vers moi tournées. Ou aurais-je un jour droit à sa main sur la mienne ? Saura-t-il lui aussi me dire un jour, d'un toucher ou d'un mot, d'un souffle au creux de mon oreille, qu'à ne vivre qu'en ami, c'est malgré tout par amour que notre lien est éternel ?

Commentaires

Certaines personnes ne savent pas trouver un juste milieu, protection, éloignement, barrières, que sais je encore, faut savoir s'en contenter des sourires, de ce qu'ils peuvent dire, ou pas, tu as passé une étape, monté une marche, j'espère sincèrement que tu pourras aller au delà de cette question. A toute ;-)

Écrit par : Bougrenette | 12 novembre 2008

Toi tu es un mec courageux ! Si, si.

Écrit par : Fauvette | 12 novembre 2008

-> Bougrenette -> Je sais pas si je saurais, mais j'y vais, au delà, de toute façon, c'est ma direction ;
-> Fauvette -> Moué, peut-être, un peu fou et kamikaze aussi, des fois. Bah ! On verra bien. Merci en tout cas.

Écrit par : Oh!91 | 13 novembre 2008

Tu en as du courage, ami ... difficile à vivre, ça ... et puis ta façon de le raconter ... bien sûr j'ai cru, les premières lignes, qu'il était revenu, "comme avant" ... et puis non, accompagné ...
Te mets-tu des barrières que tu exploses successivement pour voir jusqu'où aller ... ? tu serais bien de ce genre-là ... comme moi, un peu, quoi ... provoquer, provoquer la tension du fil jusqu'à la cassure, ou pour la repousser encore plus loin ... Arrête-toi avant, ça fait trop mal après ... Tu avais recommencé à sourire, à vivre ... je n'aime pas t'imaginer de nouveau dans les larmes ...
Bon, apparemment tu t'étourdis en vacances, certes ... mais justement, tu t'étourdis ...
Je t'embrasse

Écrit par : Manue | 15 novembre 2008

-> Manue -> Bah ! c'est beaucoup plus simple et beaucoup moins calculé. Je l'aime, je l'aime d'amour, mais si fort que je crois pouvoir accepter de ne rester qu'un ami, de cette sorte d'ami essentiel, comme on en a peu dans une vie, je voudrais réussir ça, au moins, réussir à être ça pour lui, et peut être faire qu'il accepte, lui, de reconnaître que je l'aime d'amour, et de me donner du temps pour une sorte de transition des sentiments... Je ne veux pas aller à la cassure, j'y étais allé, et là je reconstruis, nous reconstruisons. Merci de ta présence.

Écrit par : Oh!91 | 16 novembre 2008

Ça donne des envies de réconciliation amoureuse tout ça, je peux toujours rêver...

Écrit par : Sphinx | 19 novembre 2008

-> Sphinx -> Envie ? Oui, Réconciliation ? Oui, amoureuse ? Je suis à sens unique... Merci et bienvenue.

Écrit par : Oh!91 | 19 novembre 2008

Les commentaires sont fermés.