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31 octobre 2008

300

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Ceci est ma trois-centième note. La plus courte de toutes.

00:05 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : 300, blog

30 octobre 2008

dans l'ignorance des peaux

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Du tréfonds de sa nuit, un sourire jaillit, et il me dit "c'est grâce à toi". J'y lis sa tendresse. Une tendresse retenue pour ne pas nous fragiliser, mais non tue et c'est déjà immense.

Nous sommes donc amis désormais. Il a en lui toujours beaucoup de détresse et d'inquiétude. Le dos, le chômage, les échéances préfectorales, les insomnies... son monde est fait d'angoisses.

Je le vois souvent. Nous parlons. Nous marchons. Nous luttons contre le repli. Nous recherchons des pistes où postuler. Nous redessinons des envies, des possibles... Il me sollicite, je le vois se redresser peu à peu. Nous sommes amis, quoi.

Et retrouver ce chemin n'a rien eu d'évident. Il a d'abord fallu que la paix me revienne, puis qu'il accepte d'y croire.

Je voudrais que ce soit solide. Alors je me mens, je me laisse croire que je n'escompte plus secrètement une douce pression de sa main dans la mienne, la caresse de deux doigts sur la joue, la simple pesanteur de sa main sur mon épaule, juste un geste, quelques secondes de tendresse explicite.

Au plus profond de moi je sais que vibre cette supplique : quitte à vivre en amis, au moins que ce soit de l'amour ! Alors sur du sable, sur son sourire passager suivi d'un "c'est grâce à toi", je m'efforce de supposer de l'amour.

J'accepte que mon amour soit sans autre retour. Sans contact, sans toucher, sans souffle, sans miroir et sans espoir. Un amour dans l'ignorance des peaux. Comme il y a vingt-cinq ans avec Menem, ou vingt-trois avec Ali, ou vingt avec Laurent. Je le tais pour lui laisser de l'espace. J'accepte d'être l'ami fidèle et loyal pour lui permettre de durer.

J'accepte que son sourire soit mon orgasme.

Eternel amant platonique, telle est peut-être ma destinée. Pour le reste, j'ai une main, et parfois des instants volés derrière une cloison dans un vestiaire de piscine.

Cette attente vaine et frustrée, je la connais par coeur. Elle est ma vieille compagne. Mais elle n'est rien au fond, au regard de sa nuit qui chaque fois revient l'envelopper.

Alors je lui tends la main dans l'espoir qu'il en sorte à nouveau, en souhaitant ardemment ne plus m'y perdre moi-même.

29 octobre 2008

Sarkozy, c'est comme le poulet, on a le droit de préférer les blancs

Trouvé hier soir sur le blog de Philippe Sage, cette conclusion optimiste à une note relative à la crise financière :


[Chef-d'oeuvre d'Art Moderne réalisé par les p'tits gars de Systaime]

Enfin un peu de respiration !

00:00 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : sarkozy

28 octobre 2008

la jouïssance de la beauté

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Oum Kalthoum aurait eu 100 ans cette année. Ou 110 ans, nul ne connaît exactement son année de naissance. Elle fut plus qu'une chanteuse, plus encore qu'une diva, bien plus qu'une icône. Elle fut un emblème. Et elle le reste.

Lors de ses obsèques, en 1975, on dénombra plus de cinq millions de personnes dans les rues du Caire, d'avantage encore que pour les obsèques nationales du grand dirigeant égyptien Abdel-Nasser, quelques mois plus tôt.

L'Institut du Monde arabe lui a consacré une exposition ces derniers mois. J'y étais ce week-end avec ma Bougre, toujours curieuse et un tantinet aventurière, et mon copain Yo, qui a déjà souvent goûté, par-ci par-là, aux saveurs musicales d'Orient et qui avait envie d'y revenir.

Précipite-toi, si tu es dans les parages, car l'exposition se termine ce dimanche, et c'est une belle occasion de découvrir en musique cette figure exceptionnelle de la chanson arabe, plus précisément du tarab, dont l'écrivain Naguib Mahfouz disait qu'il est "le paroxysme de l'émotion, de l'amour, dans la jouissance de la beauté". Et peut être de comprendre comment chaque phrase musicale, dans un soupir ininterrompu vibrant au quart de ton, peut-être au 8ème, chaque performance suspendue à un souffle, faisait se lever le public dans un fracas d'applaudissements.

Lorsqu'elle vint chanter à l'Olympia, en 1967, elle offrit au public parisien trois chansons. Pas une de plus. Chacune durait 65 minutes, et il y eut entre chaque un entracte d'une heure.

Si son engagement auprès des dirigeants arabes, au plus fort du conflit avec Israël, après la guerre des six jours en 1967 - et notamment une tournée au cours de laquelle elle fit don du montant de ses cachets au gouvernement égyptien pour participer à l'effort de reconstruction - lui valut une notoriété colossale dans tout le monde arabe, c'est surtout son art et son talent que l'on retient, au détour de cette étonnante exposition musicale.

Pour nous, tout s'est terminé autour d'un plat de pâtes bio, mais dans le quartier de Jussieu, tu as mille autre façons de prolonger ton plaisir. Au hammam de la Mosquée, à deux pas, par exemple. Pour les femmes ce sera le samedi. Pour les hommes, plutôt le dimanche. Qu'on se le dise !

27 octobre 2008

un genou à terre

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Je reprends le travail ce matin. Au cours des quatre dernières semaines, entre huit jours d'arrêt pour une mauvaise angine, et quinze jours, dont une semaine d'hospitalisation pour cette saloperie d'infection au clostridium, je n'ai travaillé que quatre jours. Même des congés légaux, je n'en avais pas pris autant depuis des lustres.

Je reprends donc le travail, mais j'y vais à reculons et ce n'est rien de le dire. Ca fait bien longtemps que ça ne m'avait pas autant pesé. Et ce n'est pas parce que la maladie m'aurait laissé fatigué, c'est plutôt l'inverse : la bête a mis un genoux à terre parce qu'elle avait été atteinte.

Quand il y a de l'envie, du projet, une dynamique d'équipe, quand par dessus le marché on se sent reconnu par ses collègues, pas sa hiérarchie, par ses élus... Quand le projet est beau et que de toute part tu reçois des retours gratifiants, quand des énergies nouvelles se manifestent pour te rejoindre, quand tu es sur une lancée pareille, je crois qu'il n'y a pas un microbe qui résiste, pas un virus, ton corps esquive, trouve les parades, passe en force, ne laisse aucun répit, les infections s'éloignent la queue basse, presque en demandant pardon. En sept ans bientôt, je n'avais jamais été arrêté pour raison de santé.

Mais les microbes sont comme des lionnes dans la savane. Ils savent se replier mais restent en embuscade, ils attendent leur heure, avec une infinie patience.

La dynamique a cassé. A la faveur de la crise économique, et de l'étranglement budgétaire des collectivités, la logique administrative a repris le pouvoir sur la vraie vie, des fonctionnaires suffisants sur les usagers, les gestionnaires sur les politiques, et la flagornerie de circonstance a cédé la place aux bâtons dans les roues.

Deux ans de travail sur un projet d'équipement culturel jetés aux orties. Sans un merci. Des budgets dont on ne sait pas encore s'ils seront en baisse de 10 ou de 20 %, des partenaires toujours plus nombreux désireux de faire partie de la fête, mais à qui l'on ne sait même plus quoi dire, quoi d'étonnant à ce que virus et bactéries aient décidé de lancer leur assaut.

Cette fois, le corps n'y a pas résisté. Et il y a fallu la médecine pour reprendre le dessus.

La convalescence s'achève donc, et je retrouverai aujourd'hui mes compagnons d'infortune. Et quelques unes de mes bêtes noires.

J'ai ce qu'il faut de distance, et de philosophie, pour ne pas me laisser désintégrer. Mais plus l'énergie pour balayer la malédiction. L'heure a-t-elle sonné d'aller voir ailleurs ?

25 octobre 2008

origines contrôlées et identités partagées

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Tu connais forcément les frères Amokrane, Mustapha et Hakim : ce sont des anciens du groupe Zebda. On leur doit notamment, avec Magyd Cherfi, le fameux Motiver, et Tomber la chemise qui colora l'été 99 de danse et de sueur.

Zebda n'est plus. Pour l'instant. Mais ces deux frères-là sont restés soudés, et continuent à faire leur petit bonhomme de chemin.

Le projet sur lequel ils sont engagés, depuis maintenant un an, s'appelle Origines contrôlées. Avec leur talent et leur énergie, entourés de musiciens-magiciens (notamment Rachid, leur flûtiste-luthiste), ils remettent au goût du jour des chants de l'immigration maghrébine en France. Des chansons écrites tout au long du XXème siècle, qui parlent de la rigueur de l'exil, des espoirs de retour, du racisme, du rejet de l'intégrisme, qui se moquent gentiment des discours intégrationnistes des politiques de chez nous, sur des rythmes et des mélodies arabes, berbères, kabyles, pleines d'entrain.

Jeudi soir, Pantin les accueillait dans le cadre du festival Villes des musiques du monde, organisé par le Département de la Seine-Saint-Denis jusqu'au 23 novembre.

Il y avait Yo, ses yeux coralliens, sa nuque d'ivoire, et ses cheveux en champ de blé. Il y avait son amant d'éternité, au grand sourire-soleil. Il fichier_638.jpgy avait deux ou trois générations rassemblées. Il y avait ces appels à la solidarité pour les sans-papier, "parce qu'on a tous le droit de croire en des jours meilleurs". Il y avait cette ambiance de folie, cette joie des jeunes et des moins jeunes de redécouvrir, adaptés par ceux-là, des airs mille fois entendus dans leur petite enfance, qui accompagnaient les grands voyages en voiture l'été pour aller au bled. Il y avait ce profil de sphinx, solitaire, qui longtemps happa mon regard, la pommette saillante, l'oeil enjoué, campé sur des jambes athlétiques à dévorer, avec cette bouche et ce menton qui reprenaient en choeur tout ce qui se passait sur scène et un front si évidemment kabyle.

Il y avait cette fierté d'entendre ce patrimoine remis à neuf, restitué dans son époque, apte à être transmis encore, à connaître une nouvelle vie parce qu'il parle d'identité mieux que n'importe quel discours sur un malheureux hymne sifflé dans un stade.

J'étais en fin de convalescence, il était tard, mais ce fut une merveilleuse soirée

L'an dernier, les frères Amokrane parlaient de leur projet à l'Humanité. Et moi, je dédie ce billet à mes chers amis lecteurs de Toulouse, parce que je sais qu'ils voient aussi le merveilleux dans la dignité. Et parce que comme tous les projets des frères Amokrane, Origines contrôlées est né à Toulouse. La preuve en six minutes chrono :

24 octobre 2008

la vie, le vin et l'amour

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Chaque nuit, chaque jour emporte une part de ta vie.
Ne permets pas à ces nuits, à ces jours de te couvrir de poussière.
Tant de nuits, tant de jours subsisteront encore
dont tu seras absent. Passe ta vie gaiement.

Je repassais ce matin chez Chiron, et il m'entraîna retrouver l'univers d'Omar Khayyam :

Bien que ma personne soit belle, que le parfum qui s'en exhale soit agréable,
que le teint de ma figure rivalise avec celui de la tulipe,
que ma taille soit élancée comme celle d'un cyprès, il ne m'a pas été démontré,
cependant, pourquoi mon céleste peintre a daigné m'ébaucher sur cette terre.

Des Rubaïyât, Omar Khayyam, par ailleurs grand mathématicien et astronome, en écrivit quelques dizaines. Près de 180 parvinrent jusqu'à nous, plus ou moins bien traduites, où sourd un hédonisme parfois mystique - à moins que ce ne soit un mysticisme sensuel. Elles disent, dans la Perse du 11ème siècle, un islam médiéval où le vin, le jeu, le plaisir, la vie, la fête, l'amour et la chair ont valeur de modernité et se confondent à l'ivresse de Dieu.

J'ai bien longtemps cherché dans ce monde d'inconstance
qui nous sert un moment d'asile ; j'ai employé dans mes recherches
toutes les facultés dont je suis doué ; eh bien ! j'ai trouvé que la lune pâlit
devant l'éclat de ton visage, qu'à côté de ta taille le cyprès est difforme.

J'en ai choisi quatre ici, tu en aurais choisi quatre autres, car chacune nous parle différemment.

Je suis tel que m'a produit ta puissance. J'ai vécu cent ans,
comblé de ta bienveillance et de tes bienfaits.
Je voudrais cent ans encore commettre des péchés
et voir si la somme de mes fautes l'emporterait sur celle de ta miséricorde.

23 octobre 2008

entre deux eaux

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Entre deux eaux. Je ne sais plus bien pourquoi j'avais ainsi appelé mon blog, il y a presque un an de ça. J'ai écrit là une explication, qui vaut ce qu'elle vaut, parce qu'il faut bien donner des explications aux choses : il me semblait que dans l'idée du balancement, de la médaille et de son revers, de la face cachée de la lune, du ying et du yang... il y avait un petit quelque chose dans quoi je me reconnaissais, tout comme chacun pouvait se reconnaître. C'était aussi un prolongement à ce pseudo, Oh!91, que j'avais créé quelques mois plus tôt pour intervenir sur des blogs avant d'être happé par la tentation d'en tenir un moi-même, une construction sur la thématique de l'eau, parce qu'elle remplit mes journées (quand je ne suis pas en arrêt maladie)... Peut-être encore que je lui trouvais la sonorité d'un vaillant polar, où le flic, gentil et américain, réglait son compte au gangster à coup de revolver depuis une baignoire tout en buvant une coupe de champagne.

Bref. J'aimais ce nom.

Je pris une seule précaution : vérifier que ce nom n'était pas déjà occupé sur la plateforme hautetfort que j'avais choisie pour m'héberger. Il était libre.

Mais - inexpérience ? - je ne pris pas le soin de vérifier le tableau des marques déposées, ni même de regarder sur google à quoi ce nom pouvait bien renvoyer. Et pendant des mois, je ne m'en suis pas préoccupé.

Récemment, d'un air entendu, on m'a plusieurs fois glissé à l'oreille des "je sais bien pourquoi t'as appelé ton blog comme ça", ou des "petit coquin, va !", ou encore "et tu y es allé y'a pas longtemps ?"

Interloqué, il m'a donc fallu mener mon enquête (google, c'est bienpour les enquêtes) pour comprendre de quoi il s'agissait. Eh bien je te le donne en mille : Entre deux eaux est le nom d'un bar à Paris, situé non loin des rendez-vous mensuels de Paris-carnet, dans le 11ème arrondissement. Jusque-là, tout va bien.

Mais pas n'importe quel bar, puisqu'il s'agit d'un établissement gay - soit - qui plus est naturiste - je ne savais même pas qu'on pouvait boire tout nu - et qui semble virer très sexe à certains moments de la semaine (à ce qu'on peut deviner en lisant, pardon en mâtant, leur site...).

Je te jure, jamais au grand jamais je n'avais visité cet établissement auparavant, jamais même en avais-je supputé l'existence avant d'ouvrir ce blog.

Dois-je pousser plus loin mes investigations en me rendant sur les lieux ? Histoire de vérifier qu'on y parle politique et qu'on y trouve des chroniqueurs... gastronomiques ou culturels ? Bah ! Je suis assuré d'y trouver matière à un nouveau billet.

Et je leur devais bien ce petit coup de pub, non ?