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28 octobre 2008

la jouïssance de la beauté

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Oum Kalthoum aurait eu 100 ans cette année. Ou 110 ans, nul ne connaît exactement son année de naissance. Elle fut plus qu'une chanteuse, plus encore qu'une diva, bien plus qu'une icône. Elle fut un emblème. Et elle le reste.

Lors de ses obsèques, en 1975, on dénombra plus de cinq millions de personnes dans les rues du Caire, d'avantage encore que pour les obsèques nationales du grand dirigeant égyptien Abdel-Nasser, quelques mois plus tôt.

L'Institut du Monde arabe lui a consacré une exposition ces derniers mois. J'y étais ce week-end avec ma Bougre, toujours curieuse et un tantinet aventurière, et mon copain Yo, qui a déjà souvent goûté, par-ci par-là, aux saveurs musicales d'Orient et qui avait envie d'y revenir.

Précipite-toi, si tu es dans les parages, car l'exposition se termine ce dimanche, et c'est une belle occasion de découvrir en musique cette figure exceptionnelle de la chanson arabe, plus précisément du tarab, dont l'écrivain Naguib Mahfouz disait qu'il est "le paroxysme de l'émotion, de l'amour, dans la jouissance de la beauté". Et peut être de comprendre comment chaque phrase musicale, dans un soupir ininterrompu vibrant au quart de ton, peut-être au 8ème, chaque performance suspendue à un souffle, faisait se lever le public dans un fracas d'applaudissements.

Lorsqu'elle vint chanter à l'Olympia, en 1967, elle offrit au public parisien trois chansons. Pas une de plus. Chacune durait 65 minutes, et il y eut entre chaque un entracte d'une heure.

Si son engagement auprès des dirigeants arabes, au plus fort du conflit avec Israël, après la guerre des six jours en 1967 - et notamment une tournée au cours de laquelle elle fit don du montant de ses cachets au gouvernement égyptien pour participer à l'effort de reconstruction - lui valut une notoriété colossale dans tout le monde arabe, c'est surtout son art et son talent que l'on retient, au détour de cette étonnante exposition musicale.

Pour nous, tout s'est terminé autour d'un plat de pâtes bio, mais dans le quartier de Jussieu, tu as mille autre façons de prolonger ton plaisir. Au hammam de la Mosquée, à deux pas, par exemple. Pour les femmes ce sera le samedi. Pour les hommes, plutôt le dimanche. Qu'on se le dise !

Commentaires

Effectivement j'ai découvert en ta compagnie et avec Yo un sacré personnage, on n'ose vraiment croire à un tel mythe, ce qu'elle a offert au monde arabe semble unique et n'avoir aucun écho par ailleurs.
Les pâtes étaient géniales elles aussi :-)

Écrit par : bougrenette | 28 octobre 2008

Ô oh94!
Oum kalthoum, elle a bercé mon enfance. Pour moi, et pour ceux de ma génération, elle n'est pas morte. Comment une voix qui regagne le cœur et qui saute par-dessus les temps peut-elle mourir ? Elle chante est c'est comme une pénétrante agonie amoureuse. Elle chante et c'est tout le cœur qui redécouvre la danse des sentiments, des émotions oubliées. Nous aimons lorsqu'elle chante, nous vibrons, nous... tout d'un coup... nous nous découvrons un cœur...

Dans mon dernier voyage, et bien avant, les chauffeurs de taxi l'écoutaient. Souvent, ils l'écoutaient. Pas la nuit, non, le jour, en plein jour. Est-elle devenue la morphine de ce monde arabe? Certains le pensent. Certains l'ont pensé.

Moi, je ne le pense pas.

Lorsque nous écoutons Oum Kalthoum, on est un désir inavoué, inconcevable, inadaptable, imaginable, possible et mortel, possible et invivable, possible dans l'impossibilité d'un amour, nous sommes vides, riches, nous sommes...

Écrit par : Chiron | 28 octobre 2008

-> Bougrenette -> C'est quoi, notre prochaine expo ? Heu, notre prochaine bouffe ?...
-> Chiron -> Ce que tu en dis, cette image de la "pénétrante agonie amoureuse" illustre à merveille ce qu'elle parvient à représenter d'unique. Peut-être cette dimension décontenance nos perceptions d'occidentaux, mais elle en dit long sur la puissance évocatrice de la poésie et de la chanson arabe, sa capacité à fédérer, et l'extrême sensibilité de l'"âme arabe".

Écrit par : Oh!91 | 28 octobre 2008

le beau cul, tu sais celui du panneau ;-) fiso est sur le coup

Écrit par : Bougrenette | 28 octobre 2008

Merci pour cet extrait. Merde, j'aurais bien voulu la voir cette expo, mais ce week end, je peux pas... zut

Écrit par : Dalyna | 28 octobre 2008

-> Bougrenette -> Ca ne m'étonne pas d'elle... mais là, tu parles de notre prochaine expo ou de notre prochaine bouffe ?
-> Dalyna -> Moi aussi, avec mes foutus ennuis de santé, j'ai failli passer à côté. Te restent les cassettes, ou des CD, ou Deezer.com... J'aime bien cet extrait aussi, je le trouve assez représentatif.

Écrit par : Oh!91 | 28 octobre 2008

C'est bien qu'ils aient pensé à faire cette expo, une belle idée.

Écrit par : Fauvette | 28 octobre 2008

-> Fauvette -> Y es-tu allée, au moins ?...

Écrit par : Oh!91 | 29 octobre 2008

Les commentaires sont fermés.