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27 octobre 2008

un genou à terre

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Je reprends le travail ce matin. Au cours des quatre dernières semaines, entre huit jours d'arrêt pour une mauvaise angine, et quinze jours, dont une semaine d'hospitalisation pour cette saloperie d'infection au clostridium, je n'ai travaillé que quatre jours. Même des congés légaux, je n'en avais pas pris autant depuis des lustres.

Je reprends donc le travail, mais j'y vais à reculons et ce n'est rien de le dire. Ca fait bien longtemps que ça ne m'avait pas autant pesé. Et ce n'est pas parce que la maladie m'aurait laissé fatigué, c'est plutôt l'inverse : la bête a mis un genoux à terre parce qu'elle avait été atteinte.

Quand il y a de l'envie, du projet, une dynamique d'équipe, quand par dessus le marché on se sent reconnu par ses collègues, pas sa hiérarchie, par ses élus... Quand le projet est beau et que de toute part tu reçois des retours gratifiants, quand des énergies nouvelles se manifestent pour te rejoindre, quand tu es sur une lancée pareille, je crois qu'il n'y a pas un microbe qui résiste, pas un virus, ton corps esquive, trouve les parades, passe en force, ne laisse aucun répit, les infections s'éloignent la queue basse, presque en demandant pardon. En sept ans bientôt, je n'avais jamais été arrêté pour raison de santé.

Mais les microbes sont comme des lionnes dans la savane. Ils savent se replier mais restent en embuscade, ils attendent leur heure, avec une infinie patience.

La dynamique a cassé. A la faveur de la crise économique, et de l'étranglement budgétaire des collectivités, la logique administrative a repris le pouvoir sur la vraie vie, des fonctionnaires suffisants sur les usagers, les gestionnaires sur les politiques, et la flagornerie de circonstance a cédé la place aux bâtons dans les roues.

Deux ans de travail sur un projet d'équipement culturel jetés aux orties. Sans un merci. Des budgets dont on ne sait pas encore s'ils seront en baisse de 10 ou de 20 %, des partenaires toujours plus nombreux désireux de faire partie de la fête, mais à qui l'on ne sait même plus quoi dire, quoi d'étonnant à ce que virus et bactéries aient décidé de lancer leur assaut.

Cette fois, le corps n'y a pas résisté. Et il y a fallu la médecine pour reprendre le dessus.

La convalescence s'achève donc, et je retrouverai aujourd'hui mes compagnons d'infortune. Et quelques unes de mes bêtes noires.

J'ai ce qu'il faut de distance, et de philosophie, pour ne pas me laisser désintégrer. Mais plus l'énergie pour balayer la malédiction. L'heure a-t-elle sonné d'aller voir ailleurs ?

Commentaires

Je résume : tu t'es tapé une angine qui a dégénéré à cause de la politique de Nicolas Sarkozy ?

Écrit par : Nicolas J | 27 octobre 2008

Aller courage ! et tu oublis la désintégration, tu seras mignon ;-)

Écrit par : Bougrenette | 27 octobre 2008

-> Nicolas -> ... ou vu à l'envers : la sarkozysation de la vie, et des esprits, m'a filé la migraine, puis l'angine, et ça a dégénéré. Mais je confirme le lien de cause à effet ;
-> Bougrenette -> T'inquiète ! Je vais tenir.

Écrit par : Oh!91 | 27 octobre 2008

Bon courage... quand le coeur n'y est plus, une coupure dans le boulot, et la reprise est terrible... une rentrée des classes puissance dix ! :-)

Écrit par : balmeyer | 27 octobre 2008

-> balmeyer -> Mes rentrées scolaires furent juste joyeuses à côté...

Écrit par : Oh!91 | 27 octobre 2008

Eh ben je vois que je suis pas le seul qui ne supporte plus son taff (même si de mon côté les enjeux ne sont pas les mêmes) je peux que te conseiller de garder patience pcq la roue finit toujours pas tourner !!! Et je peux savoir ce que tu fais exactement ?

Écrit par : ... | 28 octobre 2008

-> ... -> Ben si je te raconte ce que je fais "exactement", ça sert plus à rien que j'essaie de rester anonyme, alors. Disons que je suis "cadre" (bouh ! quel vilain mot !) dans une collectivité territoriale de banlieue, où je m'occupe d'éveiller aux enjeux environnementaux à partir d'approches culturelles. C'est un peu vague, comme de l'eau, mais bon... C'est bien parce que le jeu en vaut la chandelle que je garde patience malgré tout. Merci.

Écrit par : Oh!91 | 28 octobre 2008

Et un petit bilan de compétences, ça te dit ? ;)
J'ai pensé à toi hier matin, très fort, et ce matin aussi.

Écrit par : Fiso | 28 octobre 2008

-> Fiso -> Un bilan de compétences ? Tu veux finir de me déprimer ?

Écrit par : Oh!91 | 28 octobre 2008

Les commentaires sont fermés.