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24 octobre 2008

la vie, le vin et l'amour

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Chaque nuit, chaque jour emporte une part de ta vie.
Ne permets pas à ces nuits, à ces jours de te couvrir de poussière.
Tant de nuits, tant de jours subsisteront encore
dont tu seras absent. Passe ta vie gaiement.

Je repassais ce matin chez Chiron, et il m'entraîna retrouver l'univers d'Omar Khayyam :

Bien que ma personne soit belle, que le parfum qui s'en exhale soit agréable,
que le teint de ma figure rivalise avec celui de la tulipe,
que ma taille soit élancée comme celle d'un cyprès, il ne m'a pas été démontré,
cependant, pourquoi mon céleste peintre a daigné m'ébaucher sur cette terre.

Des Rubaïyât, Omar Khayyam, par ailleurs grand mathématicien et astronome, en écrivit quelques dizaines. Près de 180 parvinrent jusqu'à nous, plus ou moins bien traduites, où sourd un hédonisme parfois mystique - à moins que ce ne soit un mysticisme sensuel. Elles disent, dans la Perse du 11ème siècle, un islam médiéval où le vin, le jeu, le plaisir, la vie, la fête, l'amour et la chair ont valeur de modernité et se confondent à l'ivresse de Dieu.

J'ai bien longtemps cherché dans ce monde d'inconstance
qui nous sert un moment d'asile ; j'ai employé dans mes recherches
toutes les facultés dont je suis doué ; eh bien ! j'ai trouvé que la lune pâlit
devant l'éclat de ton visage, qu'à côté de ta taille le cyprès est difforme.

J'en ai choisi quatre ici, tu en aurais choisi quatre autres, car chacune nous parle différemment.

Je suis tel que m'a produit ta puissance. J'ai vécu cent ans,
comblé de ta bienveillance et de tes bienfaits.
Je voudrais cent ans encore commettre des péchés
et voir si la somme de mes fautes l'emporterait sur celle de ta miséricorde.

Commentaires

Pour mon âme qui, parfois, ne vibre plus; pour ma vie qui, parfois, ne désire que se retirer; pour mes mots qui deviennent, parfois, inaccessibles; pour tout ce que je me fais pour ne plus vivre; je suis les mots d'Omar Khayyam.

Il me donne cette énergie-là, ce courage-là:

Vis dans l'allégresse;
toutes ses créatures que tu vois disparaîtront sous terre;
bois, bois du vin et ne t'abandonne jamais au chagrin de ce monde.
Ceux qui y viendront après toi n'en deviendront que trop tôt la proie.

Merci Oh.

Écrit par : Chiron | 24 octobre 2008

Les iraniens ont une nostalgie considérable de cette Perse, d'avant les multiples invasions, superbe foyer de poésie et de sciences ! Merci pour ces lignes.

Sans connaitre l'Iran, je transpose un peu à l'Andalousie, ses vestiges, ce qui fut un temps un carrefour des civilisations, fugitive utopie, un peu, à peine, mais une fois réalisée...

Écrit par : balmeyer | 24 octobre 2008

Salut Oh!
Alors tu dois aussi connaitre Abu Nawas, ce merveilleux poète arabe du 8ème siècle, amoureux de la vie, la tolérance, la vigne et les hommes.
Il y a un vin marocain délicieux qui porte son nom...
:p

Écrit par : bénédicte | 24 octobre 2008

-> Chiron -> C'est vrai qu'à parcourir ses lignes, il y a une énergie, un goût pour l'allégresse. Je conçois que ce soit un efficace anti-dépresseur. Tu es doux, Chiron ;
-> balmeyer -> Omar Khayyam est un beau symbole de cette période où l'Islam, s'étendant sur des terres non arabes, devint vecteur d'ouverture, de curiosité, de tolérance, où on traduisait, où on échangeait, et de fait... où l'on créait. C'est là que l'on remit à jour les penseurs grecs, et que cette pensée se mit à circuler dans tout le bassin méditerranéen. Les musulmans, des Abbasides aux Andalous, nous ont restitué la connaissance de notre propre Antiquité, de sa science et de sa sagesse.
Comme toi, je ne connais pas l'Iran, mais un peu l'Andalousie, que j'ai adorée. Peut être mieux qu'aucune terre, elle a incarné cet Islam œcuménique, si loin de ses déviances intégristes qui parfois déforment notre regard aujourd'hui.
L'avenir sera sans doute, je l'espère, au dépassement des religions, mais pour l'heure, c'est pas mal de ne pas oublier, et de porter toujours cette utopie dont tu parles...
-> bénédicte -> Abu Nuwâs... Évidemment, un autre symbole admirable. Interpellé un jour par un lecteur qui, je crois, n'est plus jamais revenu, j'avais promis de lui dédier un billet. Ce que je fis il y a six mois là : http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/05/26/j-ai-laisse-l-eau-claire.html
Je ne connais pas ce vin marocain, mais je suis très open sur ce plan là aussi...

Écrit par : Oh!91 | 24 octobre 2008

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