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17 octobre 2008

la toilette au lavabo : une autre façon de prendre son pied

 

friche-hopital-chaise-lavabo-nb.jpg

Je sors ce matin de l'hôpital. Il était temps... Quoi que.

En une semaine j'ai réussi à apprivoiser cette chambre, à me saisir de tout le nécessaire d'un mouvement de main vers la droite, d'une rotation de tablette vers la gauche. J'y ai des pâtisseries et autres gourmandises, la presse, une petite radio, des DVD à profusion, un téléphone portable, un accès internet finalement mieux qu'intermittent... J'y ai même depuis trois jours un stepper et des altères, pour me faire quelques exercices journaliers et ne pas finir victime d'une nosocomie pseudo sédentaire. Pour tout ça, merci maman (présente opportunément dans la région) et Bougrenette.

La chose la plus fun du séjour restera la toilette au lavabo du matin. Quel apprentissage ! L'enjeu, c'est de se laver du mieux possible, de se rincer le plus possible, en laissant tomber le moins d'eau possible sur le sol en lino, parce que ça met des heures à sécher et que la femme de ménage ne passe pas avant l'après-midi. Je précise que l'hôpital, évidemment, ne fournit pas de tapis de sol.

704001051.jpgJour après jour, je me suis donc construit une technique.

D'abord, je me mets totalement nu, ça rend tout plus simple. En gardant juste mes babouches aux pieds, parce que je n'ai jamais totalement confiance dans les sols des hôpitaux - ce en quoi j'ai sans doute tort... et je prépare à proximité de la porte des sous-vêtements propres.

Je commence par les cheveux, un passage sous le robinet, suffisamment surélevé comme fait exprès, la noisette de shampoing, une petite friction, et rinçage en abondance sous l'eau tiède. Je me les sèche et me les arrange aussitôt avant qu'ils ne forment des épis disgracieux.

Puis commence le travail au gant. C'est le plus délicat. Pas tant la phase de savonnage, mais celle du rinçage, tu as toujours l'impression que tu n'as pas tout nettoyé, habitué que tu es à utiliser une eau courante.

Moi je fais ça en trois étapes : d'abord, le torse et les aisselles. C'est assez simple, sauf qu'il faut faire travailler les deux mains, l'une après l'autre, et qu'au début, avec la perfusion, ce n'était pas très facile.

Puis, jambes légèrement écartées, ce que mes infirmières appellent la toilette intime - celle que je préfère.

Les gants jetables fournis par l'hôpital sont délicieusement ouatés. L'étoffe savonnée t'est une caresse, qui contourne ton sexe d'abord par la brutos5124_JustinMycles.jpggauche, puis par la droite, le soulève négligemment, masse soigneusement tes bourses, s'attarde sur l'entre-jambes, atteint lentement l'anus, l'explore superficiellement, déposant sur son passage une mousse onctueuse. Tes poils se collent diformes à ta peau blanchie. Ton sexe s'est légèrement gonflé. Alors de l'autre main tu en décalottes le gland, rétractant le prépuce le plus loin possible pour le nettoyer à son tour. Tu répètes les mouvements plus que de raison parce que ces caresses te sont agréables. Et puis, gant rincé, tu le passes, et le re-passes, le rinces, et le re-rinces, jusqu'à ce que ta peau ait retrouvé son timbre naturel. Tu bandes totalement. Ou tu ne bandes plus. Selon ce que France-info te dit du cac 40.

Puis, une jambe après l'autre, le pied dans le lavabo tu termines le travail à l'aide d'un peu d'eau courante. Te prendre le pied, le laver, le rincer et le sécher sans le mettre à terre : un vrai exercice d'équilibriste.

Enfin, il te faut constater l'étendue des dégâts, et selon l'abondance des flaques au sol, tu évalues le temps qu'il te reste avant d'y revenir pour le brossage de dents, et l'application de la petite crème réparatrice du visage (oui, parce qu'entre autre chose, les antibiotiques, ça fait desquamer, des fois...)

Commentaires

Je me souviens j'étais "en fin d'études" à 3 mois du certif;Notre instite avait programmé un examen blanc.
Tout le monde sur le pont à 8 heure du matin sauf...notre instite,questions,réjouissance, puis inquiétude.
Elle reparut à 14 heures, boitant ,soutenue par une canne anglaise.
Le matin à sa toilette elle avait comme beaucoup en ce temps là ,fait une toilette parcellaire en terminant par les pieds.
Le lavabo n'y résista pas,chute de l'objet,entrainant le pied qu'il contenait avec lui,transport de notre institutrice à l'hôpital.
Elle nous narra l'aventure en mettant l'accent sur la précarité du scellement de la faïence et de celle de l'asepsie aux urgences.
C'était ...mandieu,mandieu il y a 51 ans, hier quoi !

Écrit par : mume | 17 octobre 2008

Oui... Ben je repense à ton billet sur le service public...
Monique était suivie dans une clinique privée. Quelques mots de son long séjour il y a juste un an.
La salle de bain était spacieuse. Suffisante, pour évoluer avec le support de la transfusion.
Associée à la cuvette des WC, un flexible et une douchette qui permettait une toilette intime aussi bien qu'avec un bidet.
Dans un coin, une douche. Fixé au mur, un strapontin qui permettait de s'asseoir. A cet endroit, le sol simplement légèrement incurvé, avec une bonde au milieu, permettait un écoulement des eaux sans problème.
Même lorsqu'elle a été très faible, je n'avais aucune difficulté à lui donner sa douche quotidienne et à lui laver ses longs cheveux.
...
Parenthèse sans rapport avec la toilette, mais... Au pied du lit, d'un côté la table de nuit, de l'autre un petit réfrigérateur (genre caravane) qui permettait de garder de la boisson au frais. Il est vrai que nous sommes dans le sud, et qu'il fait parfois très chaud.
...
Sa première hospitalisation en urgence, en septembre, avait été faite à l'hôpital local. Je n'avais pu la faire transférer à la clinique qui manquait de places.
Une chambre immense, avec deux lits (un inoccupé, puisque, comme toi, elle était à l'isolement), et un minuscule cabinet de toilette particulièrement incommode. Il fallait choisir. Ou entrer soi, ou entrer la potence de la perfusion... La porte ne pouvait donc pas être fermée pour aller aux toilettes. Même lorsqu'il y avait un autre malade dans la chambre...
...
Jusqu'à la fin, Monique a été terrorisée (le mot n'est pas trop fort), à l'idée de risquer de retourner dans ce qu'elle appelait "ce trou à rats"... Je n'ai cessé de lui juger que je ne la laisserais jamais y retourner.
...
Mon questionnement est simple. Prise en charge à 100%, dans les deux institutions c'est la Sécu qui réglait la note intégralement. Alors : pourquoi ce qui est faisable dans une institution privée ne l'est pas dans le service public ?
(Et je ne parle pas là de la qualité des soins, et des relations avec l'ensemble du personnel soignant ! Même parallèle...)

Écrit par : Boby | 17 octobre 2008

-> mume -> y'avait longtemps. Bon, avec le temps, elle est hilarante, ton anecdote, bien que je me doute que sur le moment...
-> Boby -> cette histoire est beaucoup moins drôle évidemment, mais je te remercie de ce témoignage... moi, ce que je constate, c'est que entre les établissements publics eux-mêmes, les prestations ne sont pas équivalentes, le personnels n'est pas également attentionné, ne me demande pas pourquoi, sans doute une question de moyens. Ce qui est sûr, c'est que les hôpitaux devraient toujours avoir droit au meilleur. Moi j'ai l'impression d'avoir eu un traitement de roi.

Écrit par : Oh!91 | 17 octobre 2008

Ah là là, c'est toi sur la première photo (non, je ne demande pas pour la deuxième ;-)...)?? J'adore les tatouages.... (et oui, je pense que tu as raison pour les sols des hopitaux!)

Écrit par : Chantal | 17 octobre 2008

-> Chantal -> hélas non, c'est pas moi, et je n'ai aucun tatouage sur aucune partie de mon corps. Mais je partage ton attirance. Encore qu'il faut qu'il soit bien senti, apposé au bon endroit, et que la personne sache le porter fièrement...

Écrit par : Oh!91 | 17 octobre 2008

mdr, désolé, même si l'endroit et la raison du séjour certainement moins...
Mais le coup de la toilette intime (comme elles disent) et ce cac40 , trop drôle .

Écrit par : cultu | 17 octobre 2008

-> cultu -> merci de ton passage, et content de t'avoir mis de bonne humeur.

Écrit par : Oh!91 | 18 octobre 2008

Oui, c'est vrai, j'ai un ami qui a un superbe tatouage sur le sternum, ça pourrait être étrange pour d'autres, chez lui c'est extrèmement excitant....

Écrit par : Chantal | 20 octobre 2008

-> Chantal -> Sur le sternum ? Hummm ! J'aime ces tatouages à moitié dissimulés...

Écrit par : Oh!91 | 20 octobre 2008

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