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09 octobre 2008

Les terrasses de la Médina

Mohamed-etude-2.jpg

C'était l'été 1991. Slimene avait été un copain de fac à Marseille. Marwane, son frère, avait ensuite été mon camarade de fac à Jussieu. Deux frères, deux matheux, dont je fis la connaissance à 800 km d'intervalle, dans deux séquences rapprochées de ma vie estudiantine, ils étaient l'un et l'autre de jolis coeurs...

L'été 91, ils nous invitèrent à séjourner une quinzaine de jours dans leur maison familiale, au coeur de la médina de Tunis.
La maison était de guingois en apparence, tout près d'une porte dont le nom m'échappe. Une fois franchie la porte d'entrée, on arpentait un escalier étroit qui conduisait à un vaste patio intérieur, avec une fontaine au centre et au plafond un vaste puits de lumière. Autour étaient disposés la cuisine, livrée à Fatmé, la bonne qui préparait pour la maisonnée des shorba fabuleuses, une belle salle de bain, et deux chambres. Les mûrs étaient couverts d'une faïence chaleureuse, dans les tons verts et bleus aux motifs en rosaces. L'escalier menait ensuite à une mezzanine toute en longueur où s'alignaient deux chambres supplémentaires, et au dessus encore, on accédait aux toits : les terrasses de la Médina.

C'est cette année-là, dans cette lumière-là du soleil couchant, dans ce son-là d'un muezzin étourdissant, que je fis les plus belles photos d'Armelle et elle les plus belles de moi. C'est elle qui les conservera ensuite. J'étais beau de mon hâle et de mes vingt-six ans, mais le plaisir des garçons m'était encore inaccessible. Tout au plus eus-je un émoi visuel au hammam, que je réprimai vite.

Nos pas nous emmenaient du souk aux plages de la goulette, de Bizerte à sidi bou-saïd, en passant par les mosaïques de Carthage. Les bleus moez-bleu-1.jpgdes volets et le blanc des façades nous enchantaient. J'aimais me perdre dans le port de pêche et retrouver au milieu des filets emmêlés des pêcheurs endormis.

Le blog de Chiron m'a conduit récemment vers celui de Michel Giliberti. Ses mots, ses peintures, ses photos (à lui ici empruntées), ont réveillé en moi certaines de ces sensations vieilles de plus de quinze ans. Je n'avais laissé là-bas ni amour ni amoureux, ni chagrin ni rencontre, mais des couleurs et une lumière uniques, des regards troublants aussi dont le sens m'échappait encore. Merci à vous, Michel, de leur redonner vie.

Commentaires

J'ai moi aussi de très beaux souvenirs d'un séjour de deux semaines à Sidi Bou- Saïd

la plage de la goulette, les sandwichs tunisiens épicés et dégoulinant d'huile d'olive
sandwich frit aussi, dont j'ai oublié le nom.

nous étions dans une maison de village prêtée par un ami...superbe

les moucharabiés bleues sur les murs blancs, la douceur de vivre
le parfum des petits bouquets de jasmin que les hommes se mettent sur l'oreille

en inde (surtout au sud) ce sont les femmes qui parent leurs cheveux de ces fleurs délicates

voyages voyages...

Écrit par : céleste | 10 octobre 2008

Ca fait un bail ke tu te réprimes plus dans les hammams...

T'interprètes comment maintenant le sens de "ses regards troublants" ?

@ Céleste : tes sandwichs frits au thon ou à la salade méchouia, ça s'appelle des fricassés. bisou.

Écrit par : wajdi | 10 octobre 2008

Rien ne pouvait me faire plus plaisir...
@ bientôt,

Michel

Écrit par : giliberti | 11 octobre 2008

Très belle évocation !!

Écrit par : Ninon | 11 octobre 2008

->céleste -> Mais où donc n'es-tu pas allée ? En tout cas, je partage : il y a une douceur toute particulière, propre à la Tunisie, j'ai hâte d'y retourner ;
-> wajdi -> Réprimer dans les hammams, c'était pas très bon pour la santé de toute façon. Quant aux regards, je ne sais pas les interpréter, mais je saurais aujourd'hui les affrnonter sans me laisser troubler ;
-> michel -> le plaisir est partagé, donc. Merci à vous encore ;
-> Ninon -> Merci. Connais-tu la Tunisie ?

Écrit par : Oh!91 | 11 octobre 2008

L'évocation de ces lieux prend un sens particulier pour moi comme tu peux t'en douter. Merci de m'y avoir fait replonger l'espace d'un instant... Bizz

Écrit par : Yohan | 12 octobre 2008

De passage pour t'envoyer mes pensées les plus chaleureuses !! Je suis passée chez Bougrenette et sur son express , il y avait une photo qui m'a fait comprendre que... De tout coeur avec toi même si mes visites ont été plus rares et moins marquées sur ton blog . Bisous bien amicaux !!!!

Écrit par : manue | 12 octobre 2008

-> Yohan -> Content que tu sois passé par là, je me doutais que cette évocation te parlerait. En as-tu profité pour visiter le blog de Michel Giliberti ?
-> manue -> Merci manue pour ces mots de réconfort... ça va aller, va. Les amis, ils n'ont pas besoin de toujours être là, il suffit qu'ils soient là quand on a besoin d'eux. Bises.

Écrit par : Oh!91 | 12 octobre 2008

Les commentaires sont fermés.