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25 septembre 2008

je n'ai pas d'église

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Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes. Moi si. Des communistes qui revenaient de loin, d'une éducation religieuse ultra-orthodoxe d'où ma mère aura gardé toute sa vie l'insupportable besoin de culpabiliser de tout. Elle m'a transmis et cette culpabilité permanente, et le rejet des églises.

Elle est sortie de sa chapelle dans la proximité solidaire des ouvrières de la banlieue parisienne, quand papa faisait le même chemin au contact de ses co-détenus de Fresnes, des hommes qui avaient partagé avec lui l'engagement anticolonialiste durant la guerre d'Algérie. Parfois pour d'autres raisons. Lui m'a transmis un regard rationnel - donc dialectique - sur le monde, le sens des valeurs, et le même rejet des citadelles religieuses.

Il y avait dans ce communisme humaniste, pétri de "tu aimeras ton prochain", le rejet de la guerre, du fascisme, et plus que tout, du racisme. Il y avait aussi de la solidarité au quotidien.

Cet héritage ne m'a pas prémuni de tout, et j'ai souvent, longtemps, porté les idées de mes parents comme une Evangile. Je l'assume sans regret, pour la part de générosité qu'elles renfermaient. Et parce qu'on ne peut pas dire que l'on crève de trop d'utopie dans ce monde. Je regrette d'avoir parfois perdu de vue l'essentiel - le sens et les valeurs - au profit de l'appareil, mais sûrement pas de m'être construit dans l'engagement et le combat.

Gardant de la dernière élection présidentielle le goût amer de la division, et un rejet construit, instruit, des logiques d'appareil, je prends du champ. La gauche est dans le brouillard. Une vraie purée de pois. Je prends le temps de voir où et comment un sentier finira par s'éclaircir à gauche. Le moment venu, une fois suffisemment élagé, je m'y engagerai sûrement, je n'ai pas l'âme d'un déserteur. Mais je n'ai pas non plus, je n'ai plus celle d'un défricheur (quoi qu'il en faille).

Les logiques de clan sont sournoises, pernicieuses, elles ne sont pas l'apanage de la politique. On a vite fait de se construire sa cabane, à quelques uns, et de se croire le centre de l'univers. Il suffit de se la raconter et d'utiliser des loupes déformantes. Je suis fatigué de ces rencontres baroques, où ça jargonne, où l'on se croit le monde alors qu'on lui est hermétique. Où l'on dessine des frontières, où l'on désigne des cibles, où l'on érige des mûrs, parfois sans même s'en rendre compte.

Le problème des cercles, c'est qu'ils peuvent tourner longtemps. Sur eux mêmes, mais longtemps. J'ai quitté les églises, leur piège, je regarde les clergés de loin. Je n'irai pas m'enfermer ailleurs : je ne suis pas corporate.

Commentaires

Hé bé, que c'est bien dit tout ça ! :)

Écrit par : Olivier Autissier | 25 septembre 2008

Ce n'est pas l'église qui fait l'homme mais l'homme qui fait l'église...
En tout cas, il y a interaction entre les 2 de façon serrée..

Écrit par : Chrisitie | 25 septembre 2008

Moi aussi, je suis "fils de"...
A une époque où la solidarité entre "camarades" n'était pas une vain mot. Pas une chapelle, oh, non. Une famille, plutôt.
Irrémédiablement, semblait-il, écartée du pouvoir, et donc qui ne pouvait que se serrer les coudes.
Pour le reste, me voici encore conforté dans ma conviction de ne pas parler de politique sur mon blog. D'autres le font tellement mieux !

Écrit par : Boby | 25 septembre 2008

-> Olivier Autissier -> C'est gentil ;
-> Christie -> C'est sans doute vrai. mais on peut aussi se passer d'église, non ?
-> Boby -> L'idée de famille est assez vraie, à cause de cette solidarité au sein du groupe. Mais la recherche d'ouverture, de rapprochement, de connexion sur le monde réel, sur le mouvement réel, dès que tu la perds, cette humilité là, tu redeviens une tribu. Et t'encules l'avenir.

Écrit par : Oh!91 | 25 septembre 2008

Ouf ca va mieux : Je ne comprenais pas vraiment les derniers mots de ton message ("... pas corporate").
Tout s'eclaire avec la fin de ta réponse à Boby. C'est ce que j'appelle avoir le sens du concret. Ce sont quelques mots qui donnent l'envie de ... s'engager

Écrit par : Gat | 25 septembre 2008

Merci pour ce billet, mais j'ai quand même envie d'écrire que si on ne fait rien, rien ne se fait, et suffit pas de le dire ou de déplorer ou de s'excuser... Faut AGIR

Adhérer à des associations, des partis, signer, manifester, rencontrer, appeler, écrire des lettres, et même militer activement si on le sent bien.
Mais ne pas rester seul devant son écran à se dire "les pauvres" ou "c'est pas juste", ou "à bas machin"...

Arrêter de se plaindre, mais faire. Il n'y a que ça qui marche, et il n'y a que ça qui fait vivre, pas simplement travailler-consommer, mais vivre pour de bon, avec les autres, avec le monde.
Et puis faire fonctionner son cerveau, ça ne fait aucun mal.

Écrit par : Bruno, de erwanébruno | 25 septembre 2008

CLAP, CLAP !

Écrit par : Fiso | 25 septembre 2008

-> Gat -> On se connaît pas, mais... t'es un petit coquin, non ?
-> Bruno, de erwanébruno -> (j'aime trop ton pseudo) C'est pas moi qui vais te donner tort. "Arrêter de se plaindre, mais faire. Il n'y a que ça qui marche, et il n'y a que ça qui fait vivre", et j'ajouterais "y'a que ça qui peut laisser au monde une chance de survivre". Mais avoue qu'en ce moment, le cadre où se battre, il est un peu flou. Rassure-toi, je ne rejette pas les organisations, associatives, syndicales ou politiques, elles incarnent ce "agir ensemble" indispensable. Ce que je déplore, c'est le repli, ce que j'ai appelé là "les logiques d'appareil", qui empêchent le "tous ensemble" de trouver à s'exprimer, notamment au plan politique, au moment où il le faudrait. Moi par exemple, je me fait des manifs quand le thème me parait en valoir la peine, et quand je sens qu'elle est portée par une dynamique qui la rend utile. Je paye aussi tous les mois "mes timbres". Mais participer à des réunions pour écouter des gens se croire intelligents, jouer parfois leur propre image en se payant de mots, préférer des replis identitaires, au nom d'une certaine pureté, plutôt que le rassemblement et la recherche de constructions majoritaires, là, je m'enfuie ! "Vivre pour de bon, avec les autres, avec le monde". J'aime ta conclusion ;
-> Fiso -> Bis.

Écrit par : Oh!91 | 25 septembre 2008

pas d'église non plus et la méfiance des cercles...

par contre j'aime énormément la liberté d'expression et les rencontres que permettent les blogs.

on peut manifester dans la rue dans l'espoir de faire bouger les choses
on peut aussi écrire pour les dénoncer, pour témoigner, pour rencontrer

Écrit par : céleste | 30 septembre 2008

-> Céleste -> Engagé, et ouvert. Et connecté. C'est un peu le sens de ce que je voulais dire.

Écrit par : Oh!91 | 30 septembre 2008

Les commentaires sont fermés.