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16 septembre 2008

Laurent, l'épilogue (in)attendu

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Dédicace spéciale et multiple, accompagnée d'une reconnaissance que vous n'en avez même pas idée, à Azulamine, Olivier Autissier, Lancelot, JG, Manu Causse-Plisson et M.

Où je reviens vers Laurent. Plutôt : où Laurent revient à moi.

Laurent, tu t'en souviens ?

Une rencontre en 1986, dans un train, au fin-fond de la Sibérie. Un amour secret, enfoui au fond de moi, puis un perdu-de-vue comme la vie en fabrique parfois, mais des retrouvailles et des tentatives maladroites, dissimulées, de lui dire ma flamme dix ans plus tard, sans que je sache dire si c'était par amour sincère ou parce que me projetant en lui je croyais acquerrir le pouvoir de sortir d'un placard de plus en plus inconfortable...

Au bout de ce processus, des lettres, une lettre, surtout, entre ressentiment et provocation. Puis, derrière, l'attente, un silence, un long silence, qui me disait que je devais affronter seul la chose, en sortir seul, m'en sortir seul.

Te racontant cette histoire, et laissant à ces épisodes un goût d'inachevé, je t'ouvrais la porte et tu entrais. Pendant plusieurs semaines cet hiver, tu es venu imaginer la réponse que j'avais du attendre. Ou celle qu'il aurait pu me faire. Et je me mis, aussi, à écrire à sa place. Ce faisant, je crois que nul, ici, ne s'est autorisé à juger. Ni l'homme, ni son choix, ni son attitude, ni son embarras. Moi, j'ai grandi, j'ai compris cette période mieux que je ne l'avais jamais comprise, je me suis en partie découvert à travers ton regard (tu vois, M., c'est à ça aussi que servent les miroirs).

Un matin de la semaine dernière, je trouvais tôt au réveil un courriel dans ma boîte hotmail. En objet, cette inscription "après tout, parce que tu le mérites". Et puis dans le corps du message, une lettre. Sa lettre. Sa réponse. Douze ans après. Il avait trouvé mon blog dans la nuit, et avait lu. Tout.

Je ne dirai rien du contenu de sa lettre, par respect pour lui et par pudeur, car quelquefois il en faut.

Il y a je crois des amours profondes, intenses, trop évidentes pour être vécues autrement que sur le mode de l'amitié et du respect. C'est peut être la condition pour qu'elles durent la vie entière, et c'est très bien ainsi.

Ce matin, je pense à lui, et à son horizon qui vient de se trouver, quelque part à Montréal, un point d'accroche dont le sourire porte un peu de cette Sibérie où nous nous sommes connus.

Quant à la photo de Jake Gyllenhaal, en clin d'oeil à Brokeback Mountain, c'est aussi parce que j'ai comme l'impression de devoir contrebalancer un effet Dany Boon inopportun. Il me comprendra.

Commentaires

Quel bel épilogue!!!
Mais ce n'est peut être pas un épilogue, ce n'est sûrement que le début.

Le début d'un nouvel O. qui a:
- retrouvé un ami
- vécu l'abandon
- s'est reconstruit
- et qui a crée autour de lui une chaîne d'amitié virtuelle ou réelle, dont je suis heureux de faire partie.

Écrit par : JG | 16 septembre 2008

Qui confirme l'aspect "grand et beau" de cette histoire.

Écrit par : Olivier Autissier | 16 septembre 2008

Et moi, j'apprécie tout particulièrement ton "Je ne dirai rien du contenu de sa lettre, par respect pour lui et par pudeur, car quelques fois il en faut" ...
Ca t'étonne pas, hein ?
N'empêche, j'ai vachement été émue quand tu m'as raconté ça, c'est mieux qu'un épisode de "La petite maison dans la prairie"
(et la bise à Laurent que je connais un peu, maintenant;))

Écrit par : Fiso | 16 septembre 2008

-> JG -> Moi aussi, je suis content que tu en fasses partie, de cette grande chaîne d'amitié. Tu auras été là et dans l'abandon et dans la reconstruction. A bientôt ;
-> Olivier Autissier -> A propos d'amitié, nous, on se revoit quand ?
-> Fiso -> A chacun son style, n'est pas forcément impudique ce qu'on croit... Je suis sûr qu'il la prend, ta bise. J'l'embrasse aussi en passant, tiens !

Écrit par : Oh!91 | 16 septembre 2008

Bonjour,

Que ce billet me touche. Sensible aux coïncidences, aux synchronismes...
Cet été beaucoup des blogs que je lis parlais de séparation, d'éloignement ou de rupture. Ma vie aussi.
Puis ils changent peu à peu de ton et évoquent d'autres retrouvailles, de l'amitié, de l'amour. La reconstruction, la solidité, le respect d'hier et celui d'aujourd'hui. Ma vie aussi.

Merci de ce miroir fort et tendre.

Et cette phrase si belle : "Il y a je crois des amours profondes, intenses, trop évidentes pour être vécues autrement que sur le mode de l'amitié et du respect." Je la prends et ne cesse plus de la lire.

Encore merci.

Écrit par : Jean | 16 septembre 2008

-> Jean -> Ça me fait plaisir de t'avoir touché. Il y a parfois des résonances étranges, et c'est vrai que les blogs, en étalant les histoires ou ce qu'on veut bien en dire favorisent cet effet miroir. On peut ainsi s'y reconnaitre. J'ai moi aussi trouvé d'autres chagrins d'amour au cœur de mon chagrin, et d'autres renaissances au moment de me reconstruire. A bientôt.

Écrit par : Oh!91 | 16 septembre 2008

J'ai trouvé cela troublant, émouvant, singulier, et l'idée qu'après tout ce temps on puisse poser une épilogue (épilogue ?) sur un épisode, je vois ça comme un signe d'espoir, comme quoi tout est possible, rien n'est jamais fini, ni définitivement écrit. Je t'embrasse

Écrit par : Bougrenette | 17 septembre 2008

-> Bougrenette -> Troublant ? Sans doute. Je l'avais espéré, ce "débarquement" sur mon blog, je crois que sans forcément m'en rendre compte, je l'avais recherché et si je me sers du blog pour essayer de comprendre des choses, je m'en sers aussi pour bousculer des choses. Et des fois ça marche. Je crois qu'il en avait envie aussi. Je t'embrasse...

Écrit par : Oh!91 | 17 septembre 2008

"Je ne dirai rien du contenu de sa lettre, par respect pour lui et par pudeur, car quelquefois il en faut"

Ah ben zut. Pour une fois que j'aurais aimé que tu manques de pudeur. Décidément mon instrument est impossible à accorder.
(Même si, sur ce coup-là, tu as raison, bien sûr).

Écrit par : Lancelot | 17 septembre 2008

-> Lancelot -> Pour une fois, vous n'êtes pas raccord, Fiso et toi. lol
[autrement, ok, je corrige mon quelques-fois... il m'avait échappé. Bises]

Écrit par : Oh!91 | 17 septembre 2008

Qui a dit que Fiso et moi étions toujours "raccord" ? Faut pas croire.... il nous arrive de ne pas l'être, QUELQUEFOIS.

Écrit par : Lancelot | 18 septembre 2008

-> Lancelot -> OK, c'est corrigé, j'ai dit !...

Écrit par : Oh!91 | 18 septembre 2008

Je (re) lis cette note et le trouble est toujours présent.
Le désir (si fugace parfois...) est toujours là après des années. Peut être parce qu'il ne fut pas atteint.
Laurent, tu as de la chance!

Comme écrivait Nerval à Théophile Gautier:"je regrette de l'avoir chassé de mon imagination pour le loger tristement dans mes souvenirs"

Allez, ca passera!

Écrit par : AG | 09 septembre 2009

-> AG -> Un ange repasse sur cette note, et distille une délicate sensibilité. Et de précieuses références. La frontière est ténue entre imagination et souvenirs.

Écrit par : Oh!91 | 10 septembre 2009

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