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02 septembre 2008

un quatuor

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Il n'a pas besoin de moi pour être lu. Blogueur efficace, connu, reconnu, influent, j'ajoute charmant et sympathique (c'est une petite touche personnelle, parce que je ne peux pas m'en empêcher), il vient de pondre son quatuor : une série de quatre billets sur les cordes, ces instruments à timbre qui font vibrer les poitrines de l'intérieur.

Dans ce style décalé qu'on lui connaît et qu'on aime, il aborde avec pathétique le triste sort de l'alto, complaisance et envie celui de la contrebasse, il fait du violoncelle une épopée, ce qui, crois-moi, n'est pas loin de la vérité, quant au violon, le héros impérialiste de la bande, il nous le livre version Buster Keaton. C'est caustique et authentique, alors je ne résiste pas au plaisir de m'y arrêter et de t'y renvoyer.

Ca me rappelle en décembre dernier quand, au théâtre Renard, avec ma copine Fiso, nous étions allés voir la Contrebasse, monologue de Patrick Süskind dit par Fred Tournaire : sur une des répliques les plus poignantes (reproduite ci-dessous), lapsus navrant, le comédien substitua son solo par un sodo avant de se reprendre. Fiso partit en vrille pendant plus de dix minutes, et je ne sais pas comment il put finir son texte avec cet incompressible fou rire à moins de trois mètres de son nez...

Y'a pas à dire, pour être comédien, il y faut du métier.

Moi, je garde néanmoins et pour longtemps l'essentiel de mon affection au violoncelle. Tu sais pourquoi.

_________________________

"Je connais un type qui a eu une liaison avec une chanteuse pendant un an et demi, mais c’était un violoncelliste. Il faut dire qu’un violoncelle, c’est moins encombrant qu’une basse. Cela ne prend pas autant de place, entre deux êtres qui s’aiment. Ou qui voudraient s’aimer. Et puis il y autant de pages qu’on veut pour violoncelle solo (côté prestige, maintenant) : le concerto pour piano de Tchaïkovski, la quatrième symphonie de Schumann, Don Carlos, et caetera. Et pourtant, je peux vous dire que ce type s’est fait complètement bouffer par sa chanteuse. Il a fallu qu’il apprenne le piano, pour l’accompagner. C’est elle qui l’a exigé, ni plus, ni moins ; et lui, uniquement parce qu’il l’aimait… en tout cas, ça n’a pas traîné, il s’est retrouvé répétiteur attitré de la femme qu’il aimait. Un répétiteur lamentable, du reste. Quand ils travaillaient ensemble, elle l’écrasait complètement. Elle l’humiliait littéralement ; c’est ça, la face cachée de la lune de miel. Avec ça, côté violoncelle, c’était un bien meilleur virtuose qu’elle, avec sa voix de mezzo ; bien meilleur, aucune comparaison. Mais il fallait absolument qu’il l’accompagne, c’est lui qui voulait absolument jouer avec elle. Et, pour violoncelle et soprano, il y a peu de choses. Très peu. Presque aussi peu que pour soprano et contrebasse."

La Contrebasse - Patrick Süskind

Commentaires

Un petit mot qui n'a rien à voir avec le post mais simplement pour te remercier du message que tu as laissé au pays imaginaire... Et pour te dire bienvenue...
Je réponds en général a chacun mais là j'ai remercié tout le monde en même temps!
Et pour répondre à ta question : oui on peut survivre mais il est parfois bien difficile de trouver du temps à consacrer à ses passions...

Écrit par : Fée Clochette | 02 septembre 2008

J'avais lu "l'alto" j'ai beaucoup aimé, du Balmeyer pur jus, enfin de ce que j'en ai déjà vu, je ne connais pas bien. L'idée est vraiment originale et vraiment bien exploitée, beaucoup de talent, c'est évident.
Un monologue, contrebasse par Patrick ca ne m'inspire pas plus que ça, à moins d'avoir une Fiso pas loin :-) visiblement ça lui donne une autre couleur.

Écrit par : Bougrenette | 02 septembre 2008

Ouah, j'en connais un qui va être ému !

Il le mérite :))

Écrit par : Zoridae | 02 septembre 2008

Rhhoo ! Billet complètement exagéré ! :-)

"influent", mazette, c'est bon, la prochaine fois, je t'offre à boire !

Écoute, ce billet s'est télescopé avec un événement rigolo aujourd'hui, je te le raconte, et te "réponds" dès que possible... ;-)

Écrit par : balmeyer | 02 septembre 2008

-> fée clochette -> On peut donc survivre "à cette apnée d'écriture", pour reprendre les mots que j'utilisais, si j'ai bonne mémoire, pour les deux ans de ton blog. Si je t'en crois, le mieux est donc de la combiner à nos passions. Ben je vais m'y essayer...
-> Bougrenette -> Fiso à côté, c'est l'assurance d'un peu de piquant en plus, mais le monologue original de la contrebasse, à lui tout seul, vaut vraiment la peine ;
-> Zoridae -> ça, pour le mériter !
-> balmeyer -> J'ai hâte : et du coup à boire, et que tu me racontes... (il s'agit d'un truc fastidieux à nettoyer ?)

Écrit par : olivier | 02 septembre 2008

Si juste, et l'illustration musicale est à la hauteur.

Écrit par : la Mère Castor | 03 septembre 2008

-> la Mère Castor -> Dis donc, merci de passer par là. Dois-je comprendre que l'illustration photographique n'est pas à la hauteur ?

Écrit par : olivier | 03 septembre 2008

Mais non olivier !

D'ailleurs, je ne sais pas où tu les trouves. J'imagine, le billet sur la paléontologie ==> Le jeune éphèbe qui brandit un tibia de mammouth !! :-))

Écrit par : balmeyer | 03 septembre 2008

-> balmeyer -> je l'ai déjà en réserve, celle-là, me manque plus que le sujet...

Écrit par : olivier | 03 septembre 2008

Oh la la , ce fou-rire !
Et qui redoublait et s'amplifiait sous tes yeux mi-amusés, mi-courroucés ... c'était une de nos premières sorties, mais déjà tant de complicité !
(hé, ça va faire un an qu'on s'aime, chéri, tu te rends compte?)

Écrit par : Fiso | 03 septembre 2008

-> Fiso -> Tu te rappelles aussi nos retrouvailles dans ce petit théâtre, sous une pluie battante ? eh! oui, un an déjà... quant aux bons moments ensemble, on ne les compte plus.

Écrit par : olivier | 04 septembre 2008

Les commentaires sont fermés.