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27 août 2008

le grand détour

 

SidiLarbiCherkaoui-foi7_full.jpg

Tu m'as souvent dit, au cours de ces deux mois où ce terrible chagrin d'amour m'a taraudé : "tu vas voir, tu réussiras à en faire quelque chose".

C'est encore tôt pour le dire, car cette phrase m'a laissé trop longtemps incrédule. Pour commencer, il me faut essayer de comprendre comment ce noeud obsessionnel dans lequel je m'étais enfermé s'est soudain relâché, à un moment où je ne pouvais m'y attendre. J'y reviendrai sans doute, le temps d'élucider ce qui s'est passé, et comment ça s'est joué.

En attendant, je me suis surpris l'autre jour, au cours d'une veillée où avec des amis nous chantions de vieilles chansons françaises, à fredonner le petit Bonheur de Félix Leclerc, un des rares textes que je sache chanter encore d'un bout à l'autre. Et ce faisant, me sautais à la figure son étrange résonnance avec mon histoire. En suis-je, moi aussi, au temps du grand détour ?


C'est un petit bonheur que j'avais ramassé
Il était tout en pleurs sur le bord d'un fossé
Quand il m'a vu passer il s'est mis à crier
"Monsieur, ramassez-moi, chez vous emmenez-moi
Mes frères m'ont oublié, je suis tombé, je suis malade
Si vous ne me cueillez point, je vais mourir, quelle ballade
Je me ferai petit, tendre et soumis, je vous le jure
Monsieur, je vous en prie, délivrez-moi de ma torture"

J'ai pris le petit bonheur, l'ai mis sous mes haillons
J'ai dit: "Faut pas qu'il meurt, viens-t'en dans ma maison"
Alors le petit bonheur a fait sa guérison
Sur le bord de mon coeur, y'avait une chanson
Mes jours, mes nuits, mes peines, mes deuils, mon mal, tout fut oublié
Ma vie de désoeuvré, j'avais le dégoût de la recommencer
Quand il pleuvait dehors ou que mes amis me faisaient des peines
Je prenais mon petit bonheur et je lui disais: "C'est toi ma reine"

Mon bonheur a fleuri, il a fait des bourgeons
C'était le paradis, ça se voyait sur mon front
Or un matin joli que je sifflais ce refrain
Mon bonheur est parti sans me donner la main
J'eus beau le supplier, le cajoler, lui faire des scènes
Lui montrer le grand trou qu'il me faisait au fond du coeur
Il s'en allait toujours la tête haute, sans joie, sans haine
Comme s'il ne pouvait plus voir le soleil dans ma demeure

J'ai bien penser de mourir de chagrin et d'ennui
J'avais cessé de rire, c'était toujours la nuit
Il me restait l'oubli, il me restait le mépris
Enfin que je me suis dit, il me reste la vie
J'ai repris mon bâton, mes deuils, mes peines et mes guenilles
Et je bats la semelle dans des pays de malheureux
Aujourd'hui quand je vois une fontaine ou une fille
Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux
Je fais un grand détour ou bien je me ferme les yeux

La chanson du petit Pierre est ici en bonus, parce qu'elle est belle, et qu'il y est question de rivières...

Commentaires

Ah le petit bonheur ... quel bah bonheur !
et de te lire ainsi, aussi
ici où ?
bisous ;-)

Écrit par : Bougrenette | 27 août 2008

Je ris, je ris, je n'arrête pas de rire ...

Écrit par : Fiso | 28 août 2008

Ce que j'aime dans l'amour c'est qu'il est assexué tout comme le chagrin.
Tu parles de toi dans tes textes et je lis du moi à travers tes mots.
Tu me donnes la force dont j'ai besoin pour rester la tête hors de l'eau...
Je suis heureuse de te découvrir peu à peu et enchantée que tu sois négatif.... un être pur comme toi ne mérite que du bien!
Tu parles espagnol?

Écrit par : frida | 28 août 2008

-> Bougrenette -> ici de retour, menfin ?
-> Fiso -> si y'en a qui doutaient encore qu'on était de grands esprits...
-> frida -> Ca me fait un de ces putain de plaisir, que tu trouves dans mes texte de la force pour ton propre combat !.. J'espère que des ressources, tu en trouveras. Chez moi, ailleurs. Et puis en toi, aussi. Je vois que tu en as plein. Elles sont bridées aujourd'hui, ou plutôt, comme moi, elles s'étaient fait des noeuds, mais elles sont là, tout près, tout près... tan cerca....
Yo, no lo hablo bien, el castillano, pero lo hablo un poquitto : he viajado en la america latina y la he querido mucho...

Écrit par : olivier | 28 août 2008

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