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01 août 2008

nos jolis mots usés

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"Je l'aime. On ne peut pas dire cela d'une façon plus courte, ni plus longue, du reste. Nous n'avons à notre disposition que nos mots usés. Ils se mettent parfois en travers du chemin, d'autres fois, ils ne suffisent pas, mais sans eux, il n'y aurait pas d'histoire, rien que le mutisme têtu des choses et des instants qui s'enfuient en passant fugacement. Sans les mots, nous ne sommes personne. J'en connais la tentation, mais je connais aussi l'impression de chercher désespérément son souffle, lorsque l'on est sur le point de disparaître ou de resurgir.

Je ne sais ni comment l'amour survient, ni comment il s'éteint, et j'ai cessé de me le demander. Mais je ne crois pas que l'amour se trompe ou doute de son apparence. On n'aime jamais en vain, mais l'on aime parfois aveuglément, voire même malgré ce que l'on voit. Je sais qu'il y a des amours heureuses et malheureuses, cependant, je n'en sais guère plus. Quelquefois, on aime l'amour jusqu'à le briser, d'autres fois il dévore tout le reste. De temps en temps, il meurt, mais il est aussi capable de survenir aux moments les plus inattendus. Et ça, je l'avais oublié."

Une nouvelle citation de l'un de mes livres de vacance, Bruits du coeur, du Danois Jens Christian Grøndahl. C'est presque à la fin, un extrait qui annonce un dénoument heureux.

J'y suis sensible parce que je crois aussi que les mots sont importants pour dire l'amour. Peut-être ai-je trop longtemps vécu dans le secret d'une sexualité non assumée, peut-être mes premières amours ravageuses ne pouvaient-elles ainsi qu'être tues, mais j'ai aujourd'hui besoin de mots, fussent-ils usés pour dire l'amour, et crois aussi que sans eux il n'y a pas d'histoire.

Comme j'en ai besoin pour affronter une rupture. Et ces mots-là, je les ai enfin eus.

Commentaires

"On n'aime jamais en vain" j'aime à ne retenir que ces quelques mots et se laisser surprendre, tout le temps :-) les mots ne s'usent jamais surtout ceux là.

Écrit par : Bougrenette | 01 août 2008

-> Bougrenette -> J'ai beaucoup hésité sur le titre à donner à ce billet. Je l'ai déjà changé, d'ailleurs, en cours de route. Et j'ai failli plusieurs fois garder cette phrase-là aussi. Et puis je me suis dit que j'en étais pas encore là, pas encore à me dire que ça n'avait pas été vain. Bises.

Écrit par : Olivier | 01 août 2008

Il ne m'est décidement pas indifférent que tu cites à nouveau ce livre. L'extrait que tu reprends m'avait beacoup plu à la première lecture et il est étrangement proche de ton étaat actuel. Non on n'aime jamais en vain et je le ressens encore ce soir.

Écrit par : JG | 18 août 2008

-> JG -> J'entends beaucoup ça : ce n'est pas vain, tu en feras quelque chose de beau, quand on est au fond du trou on ne peut que remonter... J'ose le croire. En fait, je ne suis pas toujours tout au fond. Ce dialogue me maintien souvent en surface. Ou à tout le moins entre deux eaux... Je crois que toi, ce que tu donnes n'est jamais vain. Mille merci.

Écrit par : olivier | 19 août 2008

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