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29 juillet 2008

le temps s'était arrêté

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Je vais encore agacer du monde, mais je m'en fous, j'essaie de me faire un peu de bien, un tout petit peu, juste pour survivre. Et je suis si infiniment reconnaissant aux âmes courageuses, ou charitables, qui se laissent ainsi sans rancoeur empoisonner l'été.

Je sortais de la piscine ce matin où j'étais aller abattre des longueurs : une petite séance de reprise pour m'épuiser et m'oublier. Et d'un coup, une idée. Une idée imprévue m'a surgi à la figure : aujourd'hui, ça faisait un mois. Un mois déjà qu'à mon retour de Saragosse, il me disait que nous ne pouvions plus être amant. Un mois que, abasourdi, je m'efforçais de croire cela possible mais réclamais du temps pour mon deuil. Un mois que pour la dernière fois, au moment de nous dire au-revoir, dans un long enlacement, sexes tendus, il me laissait le sucer, pantalon aux pieds, ou plutôt m'invitait à m'y laisser aller d'une douce pression de ses mains sur mes épaules, un mois que je jouissais ainsi une dernière fois de son corps, avec déjà un gout de désespoir au fond du gosier, sans que lui, déjà, ne s'autorise à aller jusque-là.

Un mois. J'ai réalisé que pour moi le temps n'avait plus eu de sens ces dernières semaines, qu'il s'était arrêté ce jour-là. Comme si tout devait rester pareil, forcément pareil, comme si d'un mauvais cauchemard l'on ne pouvait sortir qu'indemne. Il y a le dedans du cauchemard, il y a le dehors, mais c'est juste une question de position par rapport à la ligne de démarcation. Au fond, sur une carte du temps, on est au même endroit. Un mois à rester avec cette même idée que si l'on se parle, on va forcément se comprendre. On va forcément trouver et traiter le malentendu, on va forcément se réconcilier avec toutes les sensations de l'amour, si fort et si unique qui existait entre nous.

Pour moi, la vie avait cessé dans mon corps, plus rien ne battait, plus rien ne palpitait, c'est ainsi que le temps s'arrête, non ?

Un mois... Cette autre idée est alors venue : un mois, quand on est libre, quand on a oublié, quand on s'est protégé, quand une dynamique heureuse s'est mise en place, ça doit aussi pouvoir être un début d'éternité. Ne l'ai-je pas moi-même éprouvé, en d'autres temps ? Et s'il était déjà en route sur cette nouvelle éternité ?

L'idée d'un fossé si vite creusé entre nous, et si profondément, m'a alors comme asphyxié. Je n'avais plus eu de larmes depuis presque sept jours, elles m'avaient légèrement affleuré à mon retour de Bangkok dans la nuit de dimanche, mais n'étaient pas sorties de mes orbites. Et là, d'un coup, une avalanche m'a à nouveau submergé, différente des précédentes, me prenant doucement au volant de ma voiture sur les boulevards extérieurs, et gagnant en intensité à mesure que j'avançais. Quai d'Ivry, j'avais le visage grimaçant et hideux, les larmes coulaient et coulaient sur mes joues et mon visage se crispait encore en se représentant ce que c'était, un mois, sur un calendrier.

J'avais cru le temps arrêté, à m'attendre pour ainsi dire. Et j'ai réalisé que le temps, forcément, ne pouvait pas m'avoir attendu. J'ai réalisé que j'avais sans doute perdu. Et que je n'avais toujours rien en main pour préparer mon deuil...

Commentaires

A mon avis, si tu agaces quelqu'un, ça ne peut-être que toi. Et je peux comprendre en même temps que ça te fasse du bien.

Écrit par : Olivier Autissier | 29 juillet 2008

cet abandon a manqué d'explications, de paroles, de pistes meme fausses, ou les arrieres pensées plus ou moins bien exprimées tellement elles peuvent blesser sont apercues.
Pour ça(le peu d'explication,le silence) tu peux(et tu dois) lui en vouloir.Meme si c'est culturel.
Si il y a separation definitive,le deuil d'une relation affective s'effectue avec une phase d'accusation,de reproches, vis à vis de l'autre ,à un certain moment.Tu dois accepter ces petites "bassesses".Il ne faut pas éluder cette phase, elle me semble salutaire.meme si avec le temps et le recul, tes sentiments evolueront.
Mais peut etre n'en es tu pas encore là.

Écrit par : chris | 29 juillet 2008

"Et que je n'avais toujours rien en main". J'ai une idée.

Écrit par : Nicolas J | 30 juillet 2008

-> Olivier Autissier -> Je me suis pas agacé à écrire, je me suis agacé en ruminant et en rongeant mon frein, écrire n'était que la soupape... Mais si je ne t'insupporte pas encore, alors ça va, c'est gentil de le dire ;
-> chris -> J'ai enfin reçu des mots, nous nous sommes vus, j'ai du forcer les choses, mais c'était bien. Il m'a donné de quoi tourner la page. Je l'aime à mourir et j'ai en moi la déception de mes rêves avortés, mais je sais que notre histoire a eu du sens. Je saurais passer à autre chose. Et merci à toi, pour tes propos, ta régularité, et tout ça qui aura été du réconfort, même si je t'ai un temps mis mal à l'aise ;
-> Nicolas J -> N'en parle même pas, j'ai pas une seconde la tête à ça. Et je crois pas que c'est parce que la lune est vide.

Écrit par : Olivier | 31 juillet 2008

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