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03 août 2008

le bonheur d'être jeune

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03 Do To Tam.wma

J'ai donc une nièce, A., qui a eu 18 ans en mai dernier. Son séjour avec nous en Thailande était son cadeau d'anniversaire.

Le jour ou A. est née, Saiichi fêtait son 26ème anniversaire quelque part au Japon, enfin je suppose, et je participais à Paris à la grande manifestation de printemps des jeunes communistes.

C'était une tradition dans notre mouvement. Chaque année, au printemps, il y avait un rassemblement qui permettait d'inscrire la plupart des activités que nous organisions pendant l'année dans une finalité, avec un temps de convergence, de visibilité, de prise de confiance.

Quatre ans plus tard, je me souviens, notre initiative annuelle avait été baptisée "le festival pour le bonheur d'être jeune". Joli nom, non ? Quand l'organisation de cette manifestation avait été lancée, on l'avait d'abord appelée la festival de la jeunesse contre Maastricht, du nom du traité européen qui introduisait déjà les standards de l'économie libérale dans la construction européenne, avec en particulier les fameux "critères de convergences". Mais anti-Maastricht, ça faisait pas beaucoup de place au rêve, ni à l'avenir : un objet de résistance, c'est un horizon un peu limité, alors que - sans jeunisme excessif -, l'aspiration à une vie épanouie, la reconnaissance de son rôle et de sa créativité, c'est quand même ça qui compte quand on est jeune. Enfin, moi je dis ça...

Est-on déjà, à 18 ans, dans le bonheur d'être jeune ? J'en doute en fait. Avec le recul, je ne crois pas que les 20 ans soient l'âge du bonheur. C'est plutôt celui des doutes, du positionnement incertain par rapport aux autres, de l'affirmation péremptoire mais précaire, on est encore chargé des replis de l'enfance, et on commence à s'ouvrir aux autres, sans grande vision de la place qu'on occupe dans le monde.

Si je fais de mon cas une généralité, je dirais que 20 ans, c'est l'âge où l'on recherche, tâtonnant, les accès pour sortir de soi, d'un soi difforme et étriqué. 30 ans, c'est l'âge de la libération, l'âge où le corps exulte, expérimente, où il ne voit pas de limite, dans un bouillonnement générateur de stress. 40 ans, si j'avais eu à écrire ça il y a plus d'un mois, j'aurais dit que c'est enfin l'âge de la sérénité, de la paix, de l'assurance, quand l'expérience devient une matière exploitable. Enfin, évidemment, je découvre aujourd'hui que ça ne prémunit pas forcément des déchirures. Quant au bonheur d'être jeune, ça je ne peux pas encore le dire, mais c'est peut-être bien à 50, ou même à 60 ans, qu'on finit peut-être par le rencontrer.

Pour en revenir à A., son séjour en Thailande a été cette belle et grande expérience de jeunesse que nous voulions lui offrir : la confrontation avec des gens simples, des rapports humains doux, un premier contact avec des normes de vie, des notions d'hygiène, une valeur des choses profondément différentes des nôtres, en apparence moins d'individualisme et plus de solidarité. Pour la première fois, elle avait en main une autre échelle pour jauger notre société.

Elle a joué le jeu, elle était ouverte à ça, elle s'est imprégnée, avec parfois la naïveté de l'enfance, avec une facilité d'émerveillement excessive, mais elle a acquis de nouveaux repères et se construit ainsi sa grille de lecture de la vie.

A part ça, elle nous a confié au cours du voyage, elle qui va commencer cette année à Toulouse des études de musicologie, que Bartok était son compositeur préféré. J'avais voulu y voir un signe. Mais c'est une autre histoire.

00:05 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : saiichi, thailande, jeunesse

Commentaires

(moi aussi j'ai parfois tendance à voir des signes partout, bizarre, non ? ;-))

Evidemment, je ne peux pas faire le bilan des décennies, mais je peux plaider ma cause : je déteste que l'on me parle de ma jeunesse. Déjà, parce que vieillir et le temps qui passe m'angoissent terriblement. Ensuite, parce que je ne me sens pas jeune, mais alors pas du tout, je me sens même très vieille, et ça n'a rien à voir avec une soit disant maturité ou je ne sais quoi. Le sentiment de jeunesse est très subjectif, finalement, on peut se sentir jeune à 50 ans, j'en suis sûre, et moi, je ne crois pas l'avoir connu, ce sentiment là, du moins je ne m'en souviens pas. (une vieille âme, il disait ?)
Bref. C'était le monologue de la jeune vieille. Ou de la vieille jeune. Enfin, un monologue à la con, quoi. Désolée.
Je t'embrasse, Olivier
(je le préfère à Oh, personnellement)
(hey ! tu sais que si j'avais été un garçon, mes parents m'auraient appelée Olivier...coincidence ? ;-))

Écrit par : M. | 03 août 2008

20 ans... je me souviens de cet anniversaire où, écrivant ce jour là sur mon journal, "Mais qui a bien pu écrire une telle connerie que 20 ans est le bel âge ?" mon seul désir était que cela se finisse. 31 ans ont passé... je n'ai pas d'âge, mais je ne suis pas pour cela vieille. On peut se sentir très vieux parfois, et extraordinairement jeune d'autres jours. Rien à voir avec le physique, bien plus avec le bonheur de vivre de l'instant.

Ce voyage en Thaïlande est sans nul doute un souvenir qui restera impérissable. Je lui souhaite maintenant de pouvoir profiter du programme Erasmus dans quelques temps... pourquoi pas en Hongrie ?

Écrit par : Valérie de Haute Savoie | 03 août 2008

La jeunesse n'a pas d'âge, c'est un état d'esprit.
Aujourd'hui, je me sens très nostalgique mais pour une raison bien précise.
Mais généralement je me sens en prise avec le monde et cela me donne une énergie particulière.

Écrit par : Christie | 03 août 2008

-> M. -> Eternellement mûre, éternellement jeune, non ? Dis donc, t'en as encore beaucoup, des signes de gémélités à me faire découvrir ?
-> Valérie de Haute-Savoie -> D'accord avec toi : le sentiment de la vieillesse ou de la jeunesse a à voir avec l'instant. Les oscillations de l'un à l'autre peuvent même parfois être frénétiques. Je suis là dans le Lot avec des amis comme dans un bain de jouvance, alors qu'il y a à peine quinze jours auprès de mes nièces mais dans le chagrin, je me voyais au seuil de la fin...
-> Christie -> Nostalgique, sans doute et ça se comprend, mais tu as l'âme jeune, c'est évident.

Écrit par : Olivier | 08 août 2008

Les commentaires sont fermés.