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15 juillet 2008
mon vrai jour

Toi et moi. Ce blog s'est fait de mes histoires. C'est un blog.
Il y eut déjà dans ces histoires quelques chagrins, quelques douleurs, de beaux moments d'exaltation aussi. Mes histoires d'amour, je ne te les ai pas encore toutes racontées, j'ai du temps devant moi et j'ai prévu de faire vivre ce blog encore longtemps. Mais je t'en ai déjà beaucoup dites. Certaines furent passionnées, les premières impossibles et secrètes. Beaucoup m'ont construites.
Je t'en ai parlé au passé, forcément. Un passé de plusieurs années, ou au moins de plusieurs mois. Ces histoires étaient des objets froids, prêts a être étudiés comme en laboratoire. Les disséquant, j'accomplissais ce retour sur moi qui, avec ton regard, m'a fait gagner en assurance. En beauté, j'ose le dire. Toi, avec plus ou moins de distance, tu pouvais t'y reconnaître, ou pas, au moins me comprendre et percevoir quelque chose de ma personnalité. Nous avons ainsi fait connaissance. Et lui m'a ainsi aimé.
Tu m'as vu fort, chargé d'engagements, de convictions, une vie enviable, sans doute. Cette assurance, je l'ai gagnée aussi en livrant mes penchants les plus intimes, qui sont l'autre coeur de ce blog. Et tandis que mes histoires se disaient au passé, mon sexe, lui, je l'ai toujours écrit au présent.
Mais j'ai été surpris par l'orage - et je t'y ai embarqué car pour la première fois, j'ai ce moyen de ne pas être seul face à moi même quand la tourmente gronde. Tu te trouves malgré toi au coeur d'une histoire vivante. A cause de ce besoin vital de balancer mon désarroi à la gueule du monde, pour ne pas devenir fou, pour m'obliger à un semblant de lucidité grâce à l'écriture.
La gueule du monde, c'est toi. J'imagine assez ton malaise. L'histoire d'aujourd'hui s'est tramée sous tes yeux. Tu y as vu de l'amour avant que je n'en vîmes moi-même. Et dans ce cyclone, au coeur de ce tsunami qui ne me construit plus mais qui me désagrège, qui me ramène a un état de sable, tu es impuissant a m'aider. Tu me vois dans cette terrible dérive hystérique, hors de contrôle. Tu me vois sous ce nouveau jour, tu découvres ce monstre qui sommeille en moi, que je connais bien, moi, mais que je croyais avoir dompté. Je ne te demande pas d'être complaisant.
Peut-être ce visage-la va-t-il l'effrayer aussi. Pour l'heure, concours de circonstances ou volonté délibérée, il se protège de mes foudres : il a disparu de mes mouchards blog-it, il ne réponds plus à mes mails, son appartement est en chantier, son ordinateur hors service et il squatte comme il peut, je n'ai plus de téléphone portable... Ça me permet de croire au concours de circonstances.
Tu me dis que le temps m'aidera. A quoi ? A oublier, à tourner la page, à gagner ? Moi j'ai en tête l'existence d'un rival, qui me rend mauvais et qui fait du temps un ennemi. J'ai appris - comme quoi il m'a finalement servi de vivre - qu'un mortier, même de mauvaise qualité, pouvait parfois prendre vite.
Je pourrais attendre que la plaie se referme, j'ai tant de fois attendu par obligation. Mais je n'y peux rien, un vent, un vent furieux revient sans cesse depuis ces jours souffler sur les braises encore palpitantes. J'ai le coeur ardent.
Loin de tout, dans une course vaine et effrénée contre la montre, j'ai décidé de me battre pour le reconquérir. Et tu en es témoin : je suis mort de trouille car j'ai peu d'armes là ou je suis.
02:17 Publié dans Saiichi, le miroir magnifique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : saiichi


