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12 juillet 2008

le jour où j'ai embrassé Zizou

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Ce qui est bien, en France, c'est qu'on aime tellement les célébrations, qu'on célèbre les célébrations. Ainsi, il y a tout juste dix ans, avec la victoire au Mondial, on célébrait la France black-blanc-beur. L'émotion est intacte, paraît-il. Par contre, peu de choses ont avancé depuis dans la lutte contre les discriminations : on en a beaucoup parlé, ça oui, mais au fond quoi de neuf ? La ghettoisation des cités aidant, on continue à accéder plus mal à un logement, à un emploi, à rentrer plus difficilement en boîte quand on est noir ou rebeu.

N'empêche, elle nous a bien fait rêver, cette équipe. Et on a cru qu'on allait s'en sortir. Moi je crois qu'on aurait pu. Avec les trente-cinq heures et les emplois jeunes, Jospin et son gouvernement avaient commencé un beau parcours. Pour la première fois, on pouvait être jeune et voir l'avenir autrement qu'à travers la précarité. Pourquoi, comment il en est venu à ses simagrées, à ses renoncements ? Comment il a réussi à flinguer sa propre politique, à la rendre impopulaire, jusqu'à livrer le pouvoir à Chirac, puis à Sarko, ça reste une énigme. Et du gâchis.

Dans cette "belle époque" des années Jospin, le hasard m'a fait rencontrer trois fois Zinédine Zidane. Trois fois. Bon, la première, elle ne compte pas vraiment, c'est quasi du virtuel, juste un copain qui m'a ramené un jour un autographe de Zizou "à O." Il avait pu visiter Clairefontaine à l'occasion d'un reportage, à l'avant-veille du France-Croatie, et il avait pensé à moi. Sympa le copain, non ?

La deuxième fois ne compte pas vraiment non plus. Quoique. On s'est retrouvé dans le même vol, entre Paris et Genève. Lui, au dernier rang de la classe affaire, siège couloir, aile gauche. Moi, au premier rang de la classe économique, siège couloir, aile droite. Un rideau nous séparait. Autant dire que j'aurais pu le toucher rien qu'à tendre le bras dans les phases d'atterrissage et de decollage.

De tout le temps où le rideau de séparation fut ouvert, je n'ai pas pu décoller mon regard de son profile arrière. Aussi beau que nature. Tout le monde se montra respectueux, jusqu'à la fin, où un monsieur de la classe affaire, n'y pouvant plus a fini par aller l'aborder.

La troisième fois est carrément plus sérieuse : C'était à la veille du match France-Algérie - de triste mémoire (pas tellement l'événement mais ce qu'on en fit). Le 5 octobre 2001. Pour l'occasion, le ministre algérien des sports avait fait le déplacement, et les circonstances ont voulu que je l'accompagne pour une visite du centre de Clairefontaine.

Discrètement, le ministre avait fait savoir qu'il ne verrait pas d'un mauvais oeil de pouvoir saluer le champion. Et de fait, peu de temps avant la fin de la visite des installations, Zizou est sorti du vestiaire pour venir à la rencontre de la délégation.

Et ma chance, c'est que comme cela se fait "au pays", il s'est mis à embrasser ses compatriotes, moi dans le lot - qui faisais parfaitement illusion. j'ai cru un temps vaciller, manquer à mes obligations professionnelles, perdre le sud et le nord... Heureusement, nos hôtes en étaient tout chamboulés aussi, et le temps de quelques photos, j'avais repris du poil de la bête (qu'elle a vraiment joli, d'ailleurs, le poil, la bête...).

Commentaires

Je découvre cette histoire avec Zizou... enfin, ces histoires et ces rdv :) On sent bien ton émotion, j'ai eu l'impression de vivre ces moments avec toi !

Écrit par : Dalyna | 10 septembre 2009

-> Dalyna -> Je suis content que tu te sois attardé sur ce billet... Je redécouvre que personne ne l'avait commenté en son temps, dis-donc ! Ben oui, c'est pas des rencontres déterminantes, mais marquantes, c'est sûr. Le souvenir s'imprime... et ça fera des histoires pour mes petits neveux.

Écrit par : Oh!91 | 11 septembre 2009

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