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08 juin 2008

laisser passer les années

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Il est comme ça, mon mec. Et c'est sans doute pour ça que malgré tout, malgré le poids, je poursuis ma route avec lui. Une fraîcheur et une spontanéité qui le font vivre à fleur de peau. Tout affleure, la révolte affleure, le dépit aussi. Et le besoin de les partager pour ne pas les laisser se gangrener. C'est ce qui le sauve.

Comme tu le sais, notre vie commune ne nous interdit pas des aventures ni des liaisons, elle les suppose même. Nous sommes dans l'extraconjugalité, elle est inscrite dans notre union. Sauf qu'en général, nous n'en parlons pas, c'est un principe, celui du jardin secret. De l'intimité cachée. Moi, j'y tiens. Non qu'il ne serait pas ouvert à entendre mes histoires, mais parce que je n'ai pas envie de l'y faire entrer. Mon jardin a besoin de rester inavoué, j'y perdrais cette part de liberté qui m'est devenue vitale. Lui a au contraire l'envie de m'entraîner dans son antre, de partager tout ce qu'il vit. Me le dire s'il est heureux d'une rencontre, qu'elle soit simple amitié ou plus engageante, me dire son désarroi quand il affronte une déception.

Il ne lit pas mon blog, c'est notre pacte. Et il s'y tient, mais il a toujours envie d'une réaction de ma part sur le sien.

Donc il a fait une rencontre lundi, une belle rencontre, tandis que j'étais à Toulouse. Qui s'est prolongée le mardi de longs messages et appels téléphoniques. Il y a vu plein de promesses. Il a cru cette relation déjà riche d'avenir, déjà solide, il y a vu pour lui la sortie de la quête frénétique de sexe et le retour à une certaine quiétude. A tel point qu'il a cru pouvoir, devoir, parler de sa maladie. Et puis avec la fin de la semaine, il a attendu de nouveaux contacts, de nouveaux échanges, il les a attendus en silence, puis en serrant des dents, il les as attendus les jours, les nuits, en pleurant. Je le voyait absent, le regard perdu, alors il m'a parlé.

Et le lendemain, ce poème dont il n'a pas su que faire, il me l'a envoyé. Il peine avec cette foutue langue française, mais quand il a une boule de douleur au fond du gosier à exorciser, il sait aussi la sublimer...

_________________________

Laisser passer les années

Tu viens comme une tempête,
Sûreté d’une vedette,
Avec les yeux brillants.

« Je n’ai que le voeux
De te faire heureux
Sur cette Terre. »

Je crois la minute
Comme une pilule
Contre la Vie.

Mais le parfait existe
Sur une autre piste,
Ailleurs.

Tu vois seulement
Le poison de mon corps
Encore.

Il est comme une prune
Séchée, tapée,
Mon âme usée.

Tu pars comme une soufflette,
Qui rien ne regrette,
Bulle de savon.

Il n’y a pas de reste,
Juste une prière
Amère.

Chaque chose me choque,
Je cherche donc le jour
Où je lâche les tâches.

Où est la possibilité de
Laisser passer les années
Derrière moi ?

Commentaires

OUFFFF.... On en prend plein la tête.....
Ohlà, j'avais pas besoin de ça en ce moment, moi...

Mais c'est beau. Très beau même.

Lui prendre la main. Juste un instant.

Écrit par : lancelot | 08 juin 2008

Et chaque jour nous rapproche un peu plus de nos buts ...
Comme chaque jour nous rapproche un peu plus de notre propre fin ... Et chaque lendemain est une nouvelle étape d'espérance et de sursis [...]

Écrit par : Céphée | 08 juin 2008

..........
(parce qu'après ça, je ne sais pas quoi dire d'autre)

Écrit par : anydris | 08 juin 2008

Oui il sait sublimer tu as raison. Emue.

Écrit par : Fauvette | 09 juin 2008

-> lancelot -> Je crois qu'il dirait pas non, d'ailleurs, si tu la lui prenais, la main. Excuse-moi de t'avoir chamboulé ;
-> Céphée -> Ah! ces vers... en plus, il leur est arrivé quelque chose, tu vas voir, demain ;
-> Anydris -> juste merci, donc ;
-> Fauvette -> des fois, dans la douleur, c'est là qu'on se dépasse.

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 09 juin 2008

Là, il n'est plus question de langue, je crois qu'avec le coeur, la tristesse est comprise que les mots soient tordues, blessés, mélangés, ou pas d'ailleurs, je crois même qu'il y a des silences qui parlent pour ceux qui savent. comme quoi.
Mais d'autres restent aveugles et pour certains suffit juste de jeter son regard, son coeur au loin et c'est vite passé, on passe à autre chose, la roue tourne et la queue du raton laveur sur le manège ... bref
je me colle un hors sujet, parce que je le veux bien.

Écrit par : Bougrenette | 09 juin 2008

-> Bougrenette -> Tu m'expliqueras, à l'occasion, ta théorie sur la queue du raton laveur. Tu sais, moi, je suis toujours curieux des histoires de queues...

Écrit par : Oh!91 | 10 juin 2008

Ca roule mon ange, je t'expliquerais la queue de la bête à poils ;-)

Écrit par : Bougrenette | 10 juin 2008

Les commentaires sont fermés.