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04 juin 2008

le petit Alexis

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Une petite boule de parole. Toute blonde. Il voyageait seul lundi soir entre Paris et Toulouse. L'hôtesse était venue me dire :"Monsieur, s'il vous plait, puisque cet enfant est à côté de vous, soyez gentil de vérifier qu'il a la ceinture bien attachée. Et merci de lui appliquer son masque à oxygège si nécessaire". J'avais acquiescé, et il m'avait adopté.

Six ans et demi, un petit écureuil en peluche comme compagnon de voyage, quelques chewing gums pour l'atterrissage, une barre Lion pour le quatre heures. Il n'a pas suppporté que je lise le journal ("moi ma maman elle lit jamais le journal"), encore moins que j'essaye de dormir ("il faut te réveiller, il faut attendre d'avoir mangé pour dormir")... Une teigne que j'aurais étranglé dès la première minute. Mais à côté de ça, toute la naïveté de l'enfance, un tutoiement désarmant, des comparaisons flatteuses avec son père, des histoires à raconter dans tous les sens, une façon d'offrir sans calcul ses gateaux en partage...

J'avais lu avant de décoller cette histoire du petit Thomas, et bien qu'elle n'aie rien à voir, j'y pensais fort en compagnie du petit Alexis. Parce que l'enfance. Parce que l'enfance.

Autrement, chez Manu et Emma de Toulouse, leurs zig et leurs zags n'y étaient justement pas hier soir. J'étais content de partager un bout de leur intimité, au détour de ce déplacement professionnel, de goûter à leurs talents culinaires. Je me suis beaucoup excusé de ma visite impromptue, de mon arrivée les mains vides, de mon coucher précipité pour cause de lever matinal... (Putain, maman, pourquoi tu m'as inculqué cette saloperie ?!?...) Ca a beaucoup énervé Manu, qui lui même a beaucoup été désolé, de je ne sais plus trop quoi, d'ailleurs.

Tous les deux parlent entre eux sur l'amour comme ils y écrivent : en cherchant. J'ai pourtant pas l'impression qu'ils soient très loin du bonheur. Mais chercher, ça doit être une façon d'avancer. (Merci à tous les deux, en tout cas - j'ai passé une super soirée)

Commentaires

Ca me rappelle une fois où, en rentrant de Brest (je faisais l'aller retour pour le boulot toutes les semaines), je m'étais retrouvé à côté d'une peste d'une douzaine d'année qui voyageait tout seul et que l'hotesse m'avait plus ou moins demandé de "chaperonner".

Quand on prend l'avion après une journée de boulot, on n'a pas que ça faire de s'occuper des mômes des autres : j'étais de très mauvaise humeur. Finalement, on a passé le voyage à papoter et j'étais presque déçu de la quitter !

Écrit par : Nicolas J | 04 juin 2008

-> Nicolas J -> Grand tendre, va !

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 04 juin 2008

"Parce que l'enfance. Parce que l'enfance"

On a tous vécu cela un jour ou l'autre, je pense.

Gare à ne pas trop se laisser attendrir, tout de même. Ce qui, sur un intervalle de temps relativement court, lors d'une parenthèse de vie charmante, peut ressembler à la rencontre du Petit Prince, aurait fort bien pu s'avérer être la confrontation avec Alien, le 8° Passager, en d'autres temps, en d'autres lieux, sur une plus longue durée...

Pourquoi l'enfance, pourquoi l'enfance....

Écrit par : lancelot | 04 juin 2008

Lancelot, (il faudrait approfondir cette théorie, mais j'ai l'instinct que c'est vrai) il ne faut pas plus d'un quart d'heure pour savoir si l'enfant que tu as avec toi est à étrangler ou non ! :-)

Tu t'en rends vite compte si c'est une tête à claques ou non, sachant que les enfants des autres sont la plupart du temps des têtes à claques.

Écrit par : balmeyer | 04 juin 2008

...tiens je reviens de chez Fauvette, terrible son billet ! Bouleversant. Merci pour ce lien, Oh.

Écrit par : balmeyer | 04 juin 2008

Balmeyer,

Kéké, c'est en enfant à Chapeau Claque ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chapeau_claque

Écrit par : Nicolas J | 04 juin 2008

Nicolas J : excellent !

Non, c'est la perfection faite enfant, mais c'est des trucs qu'on ne dit pas.

Écrit par : balmeyer | 04 juin 2008

Il a eu la chance de voyager avec toi, doux et patient. Il était peut-être un peu stressé non ?
Merci pour le lien.

Écrit par : Fauvette | 04 juin 2008

@ Balmeyer : Je ne suis pas absolument convaincu par ta théorie... ça peut marcher avec des gamins vraiment monstrueux, qui sont vite identifiables, évidemment. Mais un enfant peut être très malin et savoir très bien cacher son jeu, en fonction de l'interlocuteur et des circonstances...

(Bon, ceci dit, il existe AUSSI des gamins naturellement gentils et adorables, bien sûr... Je voudrais pas avoir l'air de jouer les Pères Fouettards prêts à administrer une volée de bois vert.... où ai-je déjà entendu cette expression, au fait....?)

Écrit par : lancelot | 04 juin 2008

On parle de moi ? Ah non, il a 6 ans et demi celui-là. Quel joli prénom quand même non ? ;)

Écrit par : xelias | 05 juin 2008

Monstrueux ou pas, les gosses, est-ce vraiment le problème ? Qu'est-ce que fait dans leur comportement que nous nous mettons, nous les adultes raisonnables, à les plaindre, à les aimer ou à les détester plutôt qu'à les voir comme ils sont - des débuts, des ébauches, et pourtant des êtres complets ?
J'accompagne petit F à la piscine (il est dans la classe de mon fils). A sept ans, il parle difficilement, semble incapable de s'habiller seul. Aux mots qu'on lui adresse - dépêche-toi, enfile ton pantalon - il répond à côté, parfois même de façon agressive.
Et nous voudrions avoir le temps de l'aider (quitte à se faire accuser de pédophilie ?), nous voudrions qu'il nous comprenne ; mais 15 autres nains en chaussettes mouillées s'agitent sur les bancs du vestiaire, et, à chaque fois, c'est F. qui finit en dernier - ou qui ne finit pas, d'ailleurs, comme quand nous l'avons sorti dans le couloir avec le pantalon aux genoux et les chaussures en bandoulière, parce que oui, cette fois, nous n'en pouvions plus.
F. reste debout, son slip qu'il ne sait pas mettre s'enroule comme un élastique ; comme il pleuvait tout à l'heure, et bien qu'on lui ai dit de faire attention, il a jeté sa veste dans une flaque. Il est trempé.
F. reste debout - non, il ne met pas ses chaussettes ni son T-shirt (systématiquement à l'envers) ; il préfère aller bousculer A., pousser J., dire des choses à voix basses à C.
L'autre parent et moi devenons fous, à force. Et F. n'est qu'un môme - mais un môme si loin, si fermé, si dur, si mal à l'aise, que nous ne pouvons même plus nous laisser attendrir.
F. est mauvais élève, F. redoublera cette année - même si sa maman est contre, elle qui refuse de parler à l'institutrice, elle qui la traite souvent de conne, de méchante.
F. à sept ans est déjà en échec scolaire, social, relationnel. Il ne prendra pas l'avion, évidemment ; mais s'il le prenait, et se trouve assis à côté d'un gentil monsieur (qui s'excuse tout le temps, mais nous sommes nombreux à le faire, mille pardons), il ne lui faudrait que quelques minutes pour se faire détester.
F. a de grands yeux noirs ; quand il te regarde, tu aimerais l'aimer. Tu aimerais dire que c'est la faute à - à son caractère, à son comportement, à une éducation insuffisante ; à la société, pourquoi pas, qu'elle est pourrie à la base. Et tu sais que, même si c'est vrai, cela ne change pas grand-chose.
Ce jour-là tu te dis que tu en as marre d'accompagner les enfants des autres à l'école, ou d'être prof, ou que la simple empathie soit si difficile.

...

Écrit par : manu | 05 juin 2008

Héhé, oh, ce qui conforte ma théorie : un voyage en train, c'est long ! :) 2h, c'est plus qu'il n'en faut pour qu'un gamin craque l'armure. J'ai envoyé ce dossier à des scientifiques américains, j'en aurai bientôt la preuve !

Sinon, pareil, je ne suis pas un père fouettard, mais les enfants des autres, c'est super facile à detester ! :-)

Écrit par : balmeyer | 05 juin 2008

Un enfant n'est que le reflet de ce que nous lui donnons, nous adulte (tous ceux qui l'entourent quotidiennement). Nous sommes collectivement responsables de ce qu'ils deviennent. Si un sourire peut donner de l'espoir, pourquoi pas ?
comme animatrice, il m'est arrivé de croiser la route d'enfant mal-aimés et passer 1h ou 2 ou 3 ou bine un mercredi entier, quelle galère parfois. Mais quand l'enfant réussi quelque chose, ne serait-ce qu'à nous parler...
je me souviens d'un gamin que j'avais raccompagné jusqu'à sa porte un soir d'automne glacial. Il tombait une pluie drue et gelée.
J'ai vu ce môme (il faisait partie des plus turbulents...) que j'avais en classe de perfectionnement (j'étais animatrice de bibliothèque à cette époque) attendre quelqu'un, l'air déçu. il pleuvait trop et personne de chez lui ne s'était déplacé. Voyant qu'il n'était vêtu que d'un blouson d'été léger, je lui ait proposé de le raccompagner jusqu'à sa porte.
Il accepté après une hésitation. La honte de son lieu de vie:
la citée hlm du quartier.
Nous avons échangé peu de mots. Il ne savait pas, n'osait pas s'exprimer.. Par peur de mal "dire" sans doute.
en arrivant devant l'entrée de sa citée, sa mère, nous ayant aperçu sans doute est descendue à notre rencontre, génée.
Mais le gamin en me quittant m'a remerciée.
en animation , ensuite, il s'était montré un tout petit plus attentif!
Parfois, les liens que nous créons peuvent marquer pour longtemps et donner envie de croire qu'un jour.. Même si ce jour est pour dans longtemps..Ce que Cyrulinck appel la résilience..
L'éducation c'est aujourd'hui pour dans 20 ans..Même si on voudrait donner plus..

Écrit par : christie | 05 juin 2008

-> lancelot -> Wouaf ! quelle vision de l'enfance ! Un môme, ça peut me prendre la tête, si il me chope au dépourvu, si j'ai d'autres projets pour moi même que de m'occuper de lui, ça peut même me gaver grave ! Mais jamais je le verrais coupable d'être ce qu'il est. Toi non plus, je suppose. Ca me fait penser aux thèses d'un Sarko en campagne, qui préconisait un "dépistage précoce" de la délinquance... Elle est là, la monstruosité. Je préfère réserver les volées de bois vert à ce genre de choses ;
-> balmeyer -> les enfants des autres sont TOUJOURS des têtes à claques... sauf quand on n'en a pas à soi. Même quand ils ne sont pas moins faciles à détester;
-> Nicolas J -> kéké, chapeau à claques ?
-> Fauvette -> de rien... Il avait pas l'air stressé, ou alors reproduisant dans ce huis clos des gestes de son quotidien, c'était sa façon à lui d'évacuer le stress en ;
-> xelias -> Vraiment joli prénom, en effet : je suis content d'apprendre que c'est le tien, c'est sympas de livrer ça ici ;
-> manu -> Il est beau, ton récit ! Créer du rejet autour de soi, c'est peut-être une façon de montrer qu'on existe, de se le prouver à soi même pour commencer, quand les autres façons ont l'air hors de portée. On doit pouvoir se construire comme ça aussi, tout en se retrouvant le soir à pleurer avec soi même de s'être fait haïr, de toujours se faire haïr, alors que sans savoir comment c'est bien se faire aimer que l'on recherche...
-> christie -> et voilà que tu nous dis des choses de l'imperceptibe, de ce que tu vas donner, dans l'indifférence apparente, voire dans la honte, alors que tu vas générer des choses fortes, mémorables, profondes... C'est pour ça qu'il faut sans doute toujours, toujours faire attention aux enfants. Ils ont, j'ai l'impression, cette faculté unique à tout enregistrer.

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 06 juin 2008

Hé bien, que de commentaires ici, sur ce - joli - billet !
J'ai beaucoup aimé celui de Manu, à la fois touchant et décourageant. Et j'ai été heureuse d'apprendre enfin d'où venait le pseudo du président du Festival de l'Intimité (j'ai bon, ce coup-ci, WajDi?) !

Écrit par : Fiso | 06 juin 2008

En même temps, il ne faut pas forcément être un oracle pour deviner que Xelias se prénomme Alexis...

Écrit par : xelias | 06 juin 2008

oh!91,

Je faisais allusion à ça : http://balmeyer.blogspot.com/2008/04/junior.html

Écrit par : Nicolas J | 06 juin 2008

-> Fiso -> ...festival de l'intimité "cachée"... Ah! là, là ! tu vas encore te faire engueuler. Moi aussi j'ai adoré le commentaire de Manu. Je me demande si je vais pas en faire un post, d'ailleurs (sauf que tout le monde l'a déjà lu, non ?) ;
-> xelias -> Eh! bien si, justement. Moi, ça fait plus d'un an que je croise ta plume ici ou là (en tout bien tou honneur, entendons-nous bien), et je m'étais jamais douté ;
-> Nicolas J -> Ah ! oui, je l'avais vu : le billet aux 107 commentaires !

Écrit par : Oh!91 | 06 juin 2008

Xelias,
Vas-y, dis que je suis conne ! ??

Écrit par : Fiso | 07 juin 2008

Quand tu es bourrée, seulement.

Écrit par : Nicolas J | 07 juin 2008

En fait je répondais à Oh!91, mais à toi, Fiso...

Écrit par : xelias | 09 juin 2008

-> Fiso, Nicolas J, xelias -> con, pas con, conne, pas conne, bourré(e), pas bourré(e), en tout cas, maintenant, on sait. Et c'est vrai que c'est pas mal comme prénom.

Écrit par : Oh!91 | 09 juin 2008

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