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02 juin 2008

avec ou sans grand A (4)

Ce n'est pas moi qui ai lancé cette histoire de majuscule. J'ai été interpellé, par Patrick. Et après m'être pris longtemps la tête, j'ai entrepris de relever ce défi. Peu importe, au fond, que le A soit grand ou petit, ou qu'on lui préfère un B, ou autre chose. Ce qui compte, c'est la façon qu'on a de vivre l'amour. C'est ce qu'on a à donner, c'est cette façon de ne pas s'oublier tout en donnant tout, de ne jamais renoncer au bonheur.

Moi non plus M. , je ne sais pas lancer des "je t'aime" sans sincérité. Je préfère les taire plutôt que les arracher sans conviction de ma poitrine. En tout cas, ton texte me parle, chaque mot. Il a résonné fort dans ma tête, et j'ai voulu le reprendre ici.

[Retrouver l'amour avec un grand A, (version 1), (version 2) et (version 3)].

_________________________

1755637112.jpgJe l'aime

La majuscule a des maîtresses. Et moi j'ai des amants. Pourtant, je l'aime. Je le rêve, encore, parfois. Je pense à lui, chaque jour. Je lui écris, je lui parle. Il me manque. Mais il a des maîtresses et j'ai des amants. Voilà.

C'est une histoire de moitié d'orange, de Bachert ou d'Aristophane. C'est une histoire vraie d'amour pur. Pur et simple. Sans besoin de promesse, d'engagement, de fidélité. Sans même besoin de relation. Hors de l'espace et du temps, il serait toujours majuscule et je l'aimerais. Toujours.

L'amour n'a besoin de rien pour exister.

Dès la première fois, la toute première minute, j'ai su. Comme on sait qu'on a besoin d'air pour respirer, d'eau pour vivre, de terre pour planter. Il est mon air, mon eau, ma terre. Il est le monde dans lequel je vis avec envie, parce que le monde est beau de le porter. Et que sans lui, quelque chose cloche. La planète tourne moins rond.

Aimer C., c'est comme avoir les yeux bleus. C'est un fait. Presque une nature.

Je l'aime quand un autre m'embrasse, je l'aime quand un autre me baise, et je n'en aime pas moins celui qui m'embrasse et celui qui me baise (parfois même, c'est le même). Il n'y a pas moins de place dans mon coeur et dans ma vie. Je n'ai pas moins d'amour à donner.
Alors certains pensent que je suis facile. D'autres que je suis légère. Moi je pense juste être honnête. Peut-être trop. Mais j'aime la démesure, je suis excessive.

Je me souviens qu'Olivier parlait d'amour avec un grand A mais pourquoi faut-il absolument un grand A ? Ici, il n'y a que de petites choses, et pourtant elles sont pleines d'amour, sous plusieurs formes, de plusieurs façons, mais de l'amour tout le temps. Pas plus à droite qu'à gauche, pas moins fort ni moins beau. Jamais moins vrai.

Et si je t'aime, je ne l'aimerai pas moins lui.

Et si je l'aime, je ne t'aimerai pas moins toi.

Et pourquoi a-t-on un problème avec l'amour ?

Pourquoi attend-on toujours des plombes pour dire je t'aime, pourquoi en fait-on une telle cérémonie ? Pourquoi donner tant de poids à trois tout petits mots ?

On a aucun mal à dire qu'on aime le chocolat, les voyages ou son chat.

Je ne sais pas comment vivre l'amour. A deux, je veux dire. Je me pose beaucoup de questions. Sur la vie de couple, la fidélité, l'engagement. La signification, au fond, de tout ça. Je ne sais pas comment on peut vivre avec quelqu'un et faire en sorte que ça fonctionne. Comment il est possible de fonder une famille. Ce à quoi j'aspire, malgré tout. Malgré mes doutes, mes certitudes aussi, mes craintes et mes incompréhensions. Malgré ma résignation. Mais je sais qu'avant de le vivre, il faut le ressentir. Qu'avant d'envisager l'avenir il faut s'autoriser le présent. En bref, avant de soigner les formes, peut-être faudrait-il avoir un fond.

On se donne des rendez-vous. On se fait la cour. On se séduit, on se respecte, on se prouve. On s'ennuie, aussi. Mais on ne s'aime pas. Pas le temps, le courage, l'idée.

J'ai toujours dit je t'aime avec la plus grande sincérité. A l'instant précis où j'ai prononcé ces mots, je les pensais. Je n'ai pas pour autant signé pour l'instant d'après. Demain est toujours un autre jour.

Il est remparts bien plus hauts que ceux construits autour d'une ville.

Mon coeur est comme les fenêtres de ma maison : grand ouvert. D'artichaut, d'éponge, peu importe. De chair et de battements, en tous cas. Il a aimé, il a pleuré, il aimera, il pleurera. It's like that and that's the way it is. Oiseaux de passage ou véritables conquérants, tous sont bienvenus. Tous et toutes. J'ai le coeur grand ouvert, j'ai dit. Comme les yeux. Et les oreilles.

Mon côté Amélie Poulain, sûrement.

Je pense que la connerie est un rempart à l'amour.

La connerie, et la masturbation mentale. Ceux qui réfléchissent trop ne savent pas aimer. Ceux qui se regardent trop le nombril non plus. Le monde n'a pas de centre, il est donc inutile de s'y croire.

Les personnes les plus malheureuses que je connais sont celles qui n'aiment pas.

Je crois qu'il n'y a pas de grand A. Pas de degré, pas d'échelle. Pas de choix. Je crois qu'il y a de l'amour partout, qu'il est le seul moteur, l'amour d'un être, l'amour de l'art, l'amour de l'argent.

Je crois aussi qu'on s'acharne à réfléchir sur un point qui ne demande nulle réflexion, mais juste une sensation. Des sensations. Mais il est plus facile de réfléchir que de ressentir. Et il est difficile d'accepter ce que l'on ne comprend pas.

Je l'aime. Ni trop ni pour de faux. Sans souffrance ni extravagance. Juste je l'aime.

14:00 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : amour

Commentaires

Très beau texte, écrit avec lyrisme, sincérité et spontanéité. Toutefois il ne faut pas que la forme nous fasse oublier le fond, car même si l'amour se revêt de formes, il a besoin aussi de fondements.

"L'amour n'a besoin de rien pour exister" ...ah...? Mais alors pourquoi, quelques lignes plus loin, dit-on de l'être qu'on aime : "sans lui, quelque chose cloche. La planète tourne moins rond" ? Si j'ai bien compris, et s'il s'agit de la personne que l'on aime (et non du sentiment pur et désincarné) il FAUT bien que l'amour s'alimente à quelque chose. Ne serait-ce qu'à une présence. Même intermittente.

Personnellement, lorsque je dis "Je t'aime" à quelqu'un, ce n'est jamais une phrase que j'arrache sans conviction de ma poitrine. C'est un souffle qui entre et sort en moi comme la vie. Trois mots d'une chanson que je lance comme on illumine une matinée. Mes lèvres qui esquissent un baiser impossible. Un peu du rythme de mon coeur que je fais battre à l'unisson de celui à qui je parle. Un morceau d'éternité pour tenter de combler l'espace entre nous.

Jamais un mécanisme, jamais un automatisme, jamais une politesse.
Et surtout pas un effort exigé. Surtout pas.

Écrit par : lancelot | 02 juin 2008

P'tain, c'est con, ce billet de M. m'a émue, moi aussi, et je voulais le reprendre sur mon blog. Trop tard ? Mouais.

Écrit par : Fiso | 02 juin 2008

Vraiment très joli texte, très bien écrit.
C'est vrai que ce sont trois mois auxquelles on attache beaucoup d'importance et qui sont prononcés rarement mais c'est justement cette rareté qui les rend spéciaux enfin quand ils sont sinceres bien evidemmenti

Écrit par : Shams | 02 juin 2008

-> lancelot -> continue à illuminer tes matinées de morceaux d'éternité. Je me doute que ce n'est jamais par automatisme ;
-> Fiso -> Je t'avais pourtant laissé plus de vingt quatre heures pour réagir avant moi. Bon, fais en autre chose, tu trouveras bien ;
-> Shams -> Il faut toujours qu'ils soient sincères, sinon, à quoi bon...

Écrit par : Oh!91 | 02 juin 2008

@ Lancelot : Tu réfléchis trop. Elle a dit k'il fallait pas.

@ M : ouais évidemment, c'est la class comme texte.

Écrit par : wajdi | 02 juin 2008

@ Wajdi : c'est ki, "elle" ? La Maitresse de la class ? Veinard, tu vas avoir un bon point alors...

Écrit par : lancelot | 03 juin 2008

Superbe texte qui me parle aussi beaucoup, tu dois t'en douter.Belle observation, description des amours que l'on peut vivre en parallèle.Bravo M est tout cas.

Écrit par : Christophe | 03 juin 2008

@ Lancelot : c'est drôle tu vois, parce que je ne le trouvais pas beau ce texte, je ne considère pas ses formes soignées mais je l'ai mis en ligne pour le fond. Comme quoi...
Quant au reste, je ne peux rien dire de plus que ce que j'ai écrit. Après tout, chacun sa façon de voir et de vivre l'amour, avec un grand A, avec plusieurs petits a, sans a, peu importe, tant qu'on aime et qu'on est heureux d'aimer.

@ Fiso : j'ai mis 24h à me remettre de me lire chez Oh, me fais pas le même coup, hein... ;-)

@ Shams et Christophe : merci. Simplement merci. Ravie que vous trouviez un peu de vous dans mes lignes.

@ Wajdi : merci aussi. La class je sais pas, mais merci en tous cas.

@ Oh : toi... toi... Tu mériterais... un baiser ?
Je t'aime.

Écrit par : M. | 03 juin 2008

-> WajDi et lancelot -> La class a trouvé sa souveraine !
-> christophe -> je m'en doutais, oui ;
-> M. -> moi aussi.

Écrit par : Oh!91 | 04 juin 2008

Les commentaires sont fermés.