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19 mai 2008

qu'est mon anonymat devenu ?

(Six mois de subversion, suite)

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Quand j'ouvrais ce blog, le 16 novembre dernier, de toutes les personnes que je connaissais de visu, seules deux furent mises dans la confidence, Fiso et Yohan : et encore, je me dois de dire que c'étaient des connaissances récentes, devenues vite de vrais amis, que j'avais commencé à côtoyer, et avec qui nous avions accroché, à travers précisément ce que j'écrivais depuis l'été - ce que nous écrivions - sur un autre blog, celui de WajDi.

Aucun de mes amis, aucune de mes relations, hormis ces deux-là toutes nouvelles, n'a su que j'ouvrais un blog, et a fortiori, aucun n'a eu l'occasion de le lire.

J'ai donc écrit dans le confort douillet de l'anonymat le plus total. Le miroir que tu me tendais étais un miroir aux alouettes. Je me mis à écrire mes coups de coeur et mes coups de gueule comme j'écrivais sur mes rencontres et sur des émotions, parfois sexuelles. Je livrais des petits secrets, du genre inavouables, sur quand, comment et avec quoi je me branlais, je livrais des détails anodins mais intimes. L'usage que j'avais de mon prépuce, mon rapport complexe à mon trou de balle. Je recevais en retour des commentaires qui me permettaient de me raccrocher à une certaine normalité, de me comparer, de m'identifier. C'était facile, nous ne nous connaissions pas.

Et puis, écriture, échange, questions, réponses, récurrence des échanges, coups de blues perceptibles, nous sommes entrés en contact. Tu m'as sollicité, je t'ai sollicité, je t'ai parlé, nous nous sommes vus. Puis revus. Tu es devenu(e) un(e) ami(e). Tu as pris, dans ce qui constitue ma vie sociale, une place centrale, vitale, parfois obsédante. J'ai redynamisé cette vie sociale, non pas au détriment de l'autre, de celle d'avant, mais de ma part d'apathie. A tort ou à raison, j'ai l'impression d'y avoir gagné une vivacité intellectuelle nouvelle. Tu m'as stimulé.

La monnaie de cette pièce, c'est que quand j'écris aujourd'hui, je sais que tu me lis. Toi, devenu(e) mon ami(e).

Qu'est donc mon anonymat devenu ?

Ce blog n'avait pas été conçu pour dialoguer avec des amis, j'avais voulu qu'il soit un espace où livrer une totalité cachée de moi. Et aujourd'hui ses lecteurs sont des amis. Oh!91 est même devenu personnage de légende... Un rapport s'est inversé. Aurais-je la force de ne pas me laisser influencer quant à ma façon d'écrire ? Voire dans ma façon d'être ? Aurais-je l'humilité de garder à ce blog ce côté expérimental de l'intime qui me permet de gagner tant de confiance en moi ? Ou vais-je succomber aux reflets vaguement trompeurs d'une notoriété de pacotille ? Ne cois pas, comme tu l'as écris, que je mets de la rhétorique dans ces questions. Elles me taraudent au fond de moi.

Commentaires

Franchement, je ne me fais pas de souci à ce sujet ! Vraiment.

Je pense, te lisant, que tu as une certaine faculté de prendre du recul, au bon moment.

Ça ne se voit pas, comme ça, mais chez moi, le blog ce n'est qu'une histoire d'aller d'un point à un autre, sachant qu'arrivé là, je me dit toujours : "et maintenant ?" Ce n'est pas très clair, je sais...

Écrit par : balmeyer | 19 mai 2008

tu écris à toi-même en nous écrivant, c'est ça qui est important

Écrit par : l'Elephant | 19 mai 2008

Anonymat ? C'est qui çuilà encore ? Encore un bougnoule de l'Est ?

Mais… euh… n'es-tu pas anonyme pour les anonymes ?
Il me semble que la loi du blogage s'applique chez toi aussi.

Si je peux me permettre, et comme tu l'évoques, il est plutôt ici question de pudeur, d'intimité et de leurs limites floues. Merde ! c'est vrai ça ! ça commence et ça s'arrête où ?
Y'a même des gens (résidents de la raie publique) qui exposent les photos de leurs culs-bites-chattes-couilles-femme-homme-parties de baise ! Pourquoi ? Dans quel but ?

Moi je crois qu'on en revient toujours au même : le Moi. Celui qui sera toujours et partout seul. Celui qui a besoin de parler, encore et toujours plus, d'aussi loin que possible, à jamais. Si perdu entre temps et espace. Sur un blog.

http://1peumoins.free.fr/Ainsi.mp3

Écrit par : Fabien | 19 mai 2008

4 ou 5 billets pour célebrer... un 1/2 anniversaire! Le jour ou tu le (la?) fermeras, tu organiseras de grandioses funérailles nationales? Ou tu contenteras de départementales?

Écrit par : soldat zarxas | 20 mai 2008

Bon, ça va, tu connais mon rôle d´empêcheur de se branler en rond. Mais après tout, fouetter, c´est aussi une façon de stimuler...
Bravo pour ton blog, et pour ce que tu en as fait dans ta vie.

Écrit par : soldat zarxas II | 20 mai 2008

Oui, c'est étrange cette manière qu'ont les visiteurs de devenir des amis.
Cette "notoriété de pacotille" a bien un impact sur les blogs. A force de recevoir "des amis", tu n'as plus le droit de les décevoir.
On passe tous par là pour une raison ou une autre et on évolue toujours. Un exemple au hasard : moi. J'ai acquis une notoriété de pacotille avec des classements de blogs politiques, par jeu. Du coup, j'ai un vague sentiment de me retrouver sous des projecteurs et je change mon style (je n'ai "plus le droit" de dire n'importe quoi)... ce qui est complètement con, car c'est avec mon style antérieur que j'ai monté dans les classements.
Deuxième effet Kiss Cool : montant dans les classements, j'ai plus de visiteurs mais ayant changé de style, mes lecteurs "historiques" désertent...

Bref : ne change pas.

Écrit par : Nicolas J | 20 mai 2008

-> balmeyer -> Aller d'un point à un autre... Bon, je sais duquel je pars, enfin, à peu près, je sais pas encore vers lequel j'arrive. Mais pour l'instant la route est belle, et c'est ça qui est important ;
-> L'Eléphant -> On fait tous un peu ça, non ?
-> Fabien -> Peut-être que je fais partie des gens qui ne croient pas en la pudeur mal placée. Il peut y avoir beaucoup d'obcénité dans l'hypocrisie aussi. Moi je montre ici beaucoup de moi, des choses très intimes, mais l'intension n'est pas perverse, c'est peut-être pour ça que l'impudeur reste acceptable, presque pudique. Je te rejoins sur ce moi perpétuel, je crois qu'on y est tous, dans cet entre deux. Merci de ton commentaire ;
-> zarxas -> J'abuse, hein !... Ouais, je sais, ça doit compter beaucoup, pour moir, cette échéance des six mois. C'est peut-être la première preuve tangible que je vais y arriver, puisque j'ai déjà pu jusque là. Quant à se branler en rond, ça fait longtemps que j'ai compris que t'étais surtout partisan du branlage en triangle ;
-> Nicolas J -> Ah ! ben ça me fait plaisir de voir qu'on peut être "de la place", zinfluent, et qu'on en arrive à se poser des questions du même genre. merci de me conforter. je vais essayer de ne pas changer. Même si Balmeyer, avec ses caricatures...

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 20 mai 2008

L'addiction à ton blog (je connais aussi) semble te conduire à élargir la définition de l'amitié jusque à y englober les relations virtuelles que nous sommes, n'est-ce pas ?

Quant à ton anonymat, anonymat virtuel, est-ce que, en 6 mois, ta manière d'écrire, de te raconter a évolué en fonction des réactions que tu penses que nous allons avoir, nous, tes lecteurs plus ou moins assidus ?

Pascou, visiteur plus ou moins assidu

Écrit par : Pascou | 20 mai 2008

mouai ... peut être qu'en fermant ta chemise déjà ! je plaisante ;-) tu te souviens j'ai partagé avec toi la remarque de mon fils, qui avait assisté a une rencontre entre sa mère et une autre blogueuse, et lui de me dire en partant, "ils te connaissent mieux que moi" bah voila moi j'en suis là et j'ai toujours pas de réponse. si ce n'est que rien ne change dans le regard que je te porte, au contraire, il y a finalement une pureté particulière née d'une franchise que l'on n'atteint que rarement. A lire tous les commentaires tu perdrais, je crois, beaucoup, à changer, même si parfois ce n'est pas évident.

Écrit par : Bougrenette | 20 mai 2008

->Oh!, j'espère que mes caricatures ne te causent pas de tort ! C'est essentiel.

-> Nicolas, tu vois, moi je me prends des attaques de Didier Goux parce que mes textes sont moins bons, alors que j'ai juste envie de rigoler ! :-) On se pose toujours des questions. Avant de faire ma parodie de Oh!91, je me suis longuement interrogé. On dirait pas comme ça, parce que c'est comique... quand au bout d'un an de blog, j'en arrive enfin à la conclusion qu'il ne faut pas se prendre la tête, on me dit qu'il faut se prendre plus la tête ! Ca ne s'arrête jamais ! :-)

Écrit par : balmeyer | 20 mai 2008

Balmeyer,

Il ne faut pas se prendre la tête mais ça n'empêche pas de faire des beaux textes ! Donc, il faut faire des vrais billets bien à soi et de temps en temps se lâcher pour les conneries.

Sur PMA, je n'arrive plus à faire des "vrais billets bien à moi" ! (pour les conneries j'arrive toujours un peu).

Écrit par : Nicolas J | 20 mai 2008

Oh!91 au Pays de l´Or Noir

Tu te demandes ce que je fais tout seul en plein désert libyen. Je suis venu prospecter du pétrole pour une joint venture socialiste et fraternelle entre le Val de Marne et la Jamahiriya Populaire. Mais Fiso a compulsivement taxé mon portable avec GPS pour sa collection et j´erre désorienté sur les dunes, vague après vague. Que ne suis-je resté entre deux eaux ! Sur ce fait, qu´aperçois-je ? Mais c´est la piscine de Roger Legall, fort à propos délocalisée en plein Sahara, où de jeunes et fournis éphèbes du désert nagent en me faisant signe ! J´accourre, je plonge ! Las, ma gorge, doublement assoiffée à la vue des adolescents bédouins naturistes reste désespérément sèche, mon visage dans le sable.

« Relève-toi, étranger, et monte ! » ouïe-je, fort surpris d´entendre céans cet arabe marocain populaire mâtiné d´accent parisien banlieusard. Je lève lentement la tête, incrédule. Mais ce n´est pas une vision : ma main tremblante me prouvant la réalité du dromadaire devant moi, monté avec noblesse par un fier homme du désert aux yeux noirs, perçants et pourtant rieurs.
A son invitation, je retrouve toute ma vigueur et monte prestement sur sa croupe (du dromadaire). Il m´explique que je serai son hôte dans son camp, proche. Je l´en remercie profusément et me présente ; il me répond se nommer WajDi. Par Karl et Freiderich ! Mon émotion, à son comble, unie à la perception de son corps fin, dur et souple sous les vêtements amples, et la démarche de l´animal, ressuscite mes sens et mes organes, ce qui semble n´incommoder nullement mon généreux sauveur.

Nous nous dirigeons droit vers sa somptueuse tente caïdale, parmi les joyeux cris de bienvenue et les premiers accords des musiciens. A l´intérieur, un serviteur nous apporte le thé sur un plateau d´argent raffiné puis s´efface, me laissant seul avec mon héros. Il garde son turban et son écharpe : je ne connaîtrai pas encore son mystérieux visage.
Ce n´est qu´alors que je remarque, à côté de la théière, les pièces disposées sur la table : « Vous aimez les échecs ? », m´exclame-je. « Certes, », me répond-il, « désirez-vous jouer avec moi ? » « Oh, oui ! »
Alors que débute notre face à face silencieux, j´observe, au-delà de l´échiquier, que les vêtements lâches de mon hôte se tendent en leur partie centrale avec plus de force que sa tente caïdale. « Sidi WajDi, vous disposez là d´une fort belle pièce maîtresse », lui dis-je. « Vous de même, noble étranger », me répond-il, « Jouons donc une partie plus intime ».
Nous procédons à nous branler, au rythme des darboukas dont les échos nous parviennent feutrés, et dont l´accélération conduit notre transe sexuelle à son paroxysme : nous jouissons, de longs jets puissants, fournis.
Dans l´air du désert, nos spermes libérés se dessèchent en deux jets de sable dont les volutes s´entremêlent en de folles arabesques, tels deux serpents charmés par le son de la ney. C´est charmant, mais c´est fastidieux à nettoyer.

Écrit par : zarxas | 21 mai 2008

@ Balmeyer:

Merci et bravo pour les aventures d´Oh!91. Tu m´as non seulement fait sacrément marrer, mais tu m´as inspiré le bonus track que je viens de poster ici.
J´aurais voulu le poster chez toi, mais j´ai pas pigé comment! C´est compliqué! C´est un club privé? Et dire que Oh! voulait que le fasse mon propre blog, il se rend pas compte d´à qui il a affaire!
Je te laisse le copier-coller si tu l´en juges digne, et, stp, explique-moi comment ça marche pour poster chez toi, je finirai bien par comprendre...

Écrit par : zarxas | 21 mai 2008

zarxas : merci pour l'ajout ! Il est beaucoup plus voluptueux que mes parodies ! Tout le monde peut poster chez moi. Tu as dû tomber hier vraiment au mauvais moment, peut-être, j'ai modéré les commentaires un quart d'heure, une sorte de troll laissait des conneries sur des vieux billets...

Essaye à nouveau ? Je mettrai un lien vers ton commentaire, sinon, dans le prochain Oh ! (samedi soir, minuit, il est programmé !)

Écrit par : balmeyer | 21 mai 2008

On peut blogguer à l'infini, dans d'autres lieux, d'autres jardins, cela peut être une esquive.
Il serait dommage que votre style "à fleur de plume" ne s'envole ou ne se fane. Vraiment dommage...

Écrit par : Nadaiya | 21 mai 2008

-> Pascou -> merci d'abord de tes visites, plus ou moins assidues. Mon écriture n'avait pas encore fondamentalement changé, je me demande aujourd'hui, après ce personnage expérimental lancé par balmeyer, si elle ne va pas commencer à changer vraiment. Disons, que là, je m'en sens comme une obligation, la crainte de trop ressembler à ma caricature...
-> Bougrenette -> Tout changer pour ne rien changer... Je ne sais pas comment je vais gérer la douce pression, et ce regard décalé sur moi, que représente ce nouveau "Oh!91", mais je les gèrerai ;
-> balmeyer -> du neuf, oui, pas du tort. N'aie pas de regret, je vais me caler. Et surtout continue ta série...
-> Nicolas J -> "Il ne faut pas se prendre la tête", soit. Mais si on peut même plus se prendre la bite !...
-> Zarxas -> Je ne sais pas ce qu'en fera Balmeyer, mais moi, j'ai publié... Non seulement ça m'a fait marrer, mais ça m'a fait bander, alors...
-> Nadayia -> Bloguer, comme on esquive... c'est joli. En tout cas rassurez-vous, je tâcherai de rester fidèle à moi-même.

Écrit par : Oh!91 | 22 mai 2008

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