« 2008-03 | Page d'accueil
| 2008-05 »
30 avril 2008
avec un grand A (2)

Patrick, et si l'amour avec un grand A était celui qui te rattrappe quand tu ne l'attends plus, qui joue au chat et à la souris, qui ne veut jamais totalement se dire, celui qui ne se risque pas pour ne pas se perdre. Un amour d'évidence et de crainte. Un amour que tu sais à portée de main, que ton instinct reconnait et que ta main protège.
Un amour où bander est accessoire, bien qu'il soit plein d'un désir fou, un amour né d'une magie où il se ressource sans cesse, d'une totale invraissemblance, comme d'un guêt-apens en négatif.
Un amour total, intégral, au devoir d'éternité. Un amour qui se soigne, qui se protège, qui se respecte, auquel tu te consacres sans retenue, conscient et inconscient coalisés, pour qu'il ne soit jamais longtemps en danger, que tu éprouves par intermittence pour qu'il ne soit jamais loin. Jamais loin d'être dit. Jamais loin d'être fait. Un que tu ne laisses j'amais s'estomper, que tu cherches à hisser toujours ailleurs. Un peu ta flamme olympique perso.
Et si c'était cette chose, tellement belle, tellement forte, pétrie de telles évidences, qu'elle pourrait s'accommoder de tout, du reste, des autres. Comme un boulet d'hélium, enchaîné à toi mais léger à te lever au ciel.
Mon amour avec un grand A pourrait être une galerie de portraits, je l'avais d'abord pensé comme ça. Mais il est en fait mon "état de l'âme". L'infini incarné dans l'instant présent. La certitude totale dans l'hésitation. Le fou d'Elsa dans un seul regard rieur. Il aurait pu être la relation que j'entretiens avec chacun de ceux, chacune de celles, que j'aime ou que j'ai aimé d'amour sincère. Tantôt physique, tantôt épistolaire, tantôt de simple mais absolue amitié ou de confondante fraternité. Il est plutôt la condition où je me mets pour leur donner une place à part.
Je file pour quatre jours vers Carcassonne. En toute irresponsabilité professionnelle. Des retrouvailles prévues de longue date avec d'anciens collègues. De ceux qui sont loin de ce blog et de ma vie.
L'homme qu'ils vont retrouver jeudi - mais ils n'en sauront rien - n'est plus le même. Il aime, il aime comme jamais. Il est aimé, aimé comme jamais. Il aime en grand, il aime en simple, il aime en haute définition, sans sophistication. Et il est aimé. De la même façon. Du Nord au Sud, du levant au couchant, du plancher des vaches aux cimes à hérons, des bords de lac au creux des lits, il aime vraiment comme il aimait à vingt ans. La douleur en moins. Il a trouvé le grand A. Il y croit. Il en croît.
09:09 Publié dans quand je chavire | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : amour
28 avril 2008
la dixième femme

Je t'ai parlé, il n'y a pas longtemps, de Dulcie September, représentante de l'ANC à Paris assassinée il y a vingt ans pour son combat anti-apartheid. Et puis je t'ai parlé de huit autres femmes, dont le courage m'inspire.
Céleste consacre ici son billet à une autre encore, admirable, que j'ai eu aussi la chance de rencontrer, qui mène en Inde, auprès des populations exploitées, un combat politique tout autant qu'écologique, qui exprime une vision altermondialiste et réaliste du monde, et qui mérite tout autant le respect : Vandana Shiva.
Elle est l'un des plus beaux témoins des combats d'aujourd'hui, où l'avenir de l'humanité se conjugue au devenir de la planète, et où l'on n'a pas peur de s'attaquer au pouvoir débridé des multinationales.
16:00 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : vandana shiva, altermondialisme, eau, ogm, mondialisation, féminisme
27 avril 2008
mes ragnagnas

J'ai un bonne copine - une copine spéciale, plutôt - elle me racontait l'autre jour comment, avant un rencart important pour elle, programmé - pas de bol ! - juste le jour de ses dérèglements menstruels, elle avait utilisé un bloqueur de je sais pas quoi pour se les retarder et préserver jusqu'au bout la magie espérée de sa nuit.
J'aurais pu me dire : on a du bol, nous les hommes, on est opérationnel 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
Et pourtant. J'ai bien noté chez moi l'existence d'un cycle, assez précisément calqué sur celui de la lune.
A la lune croissante, je bande pour un oui pour un non. J'ai l'amour érectile. Plus la lune se fait grande, plus j'ai l'éjaculation abondante, puissante, facile. Une caresse d'un dos de la main, un simple souffle, peut m'envoyer au 7ème ciel. Même du volant de ma voiture. Puis à la lune décroissante, ma libido se met en RTT, j'ai l'érection laborieuse, il faut aller la chercher loin, renouveler sans cesse l'effet de surprise pour la tenir en éveil, sinon j'ai la bandaison qui se disperse. Et la jouissance qui joue à Colin-maillard.
Mardi dernier, Seiji m'a pris pour la première fois. Nous étions bien l'un et l'autre, l'un dans l'autre, à connaître cette fulgurance fusionnelle. A nous abandonner. Mais tout le temps où il était en moi, je n'ai pas réussi à jouir. Comme déconnecté de mon corps. Il nous a fallu passer d'un jeu à l'autre, nous surprendre longtemps, caresser son visage de mon sexe, nous glisser entre les jambes l'un de l'autre, puis nous empoigner ensemble, nous oublier pour que s'échappe la pression et revenir à notre écoute, longtemps, pour que j'y parvienne.
Cette observation m'est en fait assez personnelle. Je n'ai pas eu l'occasion d'en discuter avec d'autres mecs. Serait-ce incongru de demander à ceux qui lisent ce blog : et toi, tu fais comment avec tes ragnagnas ?
18:38 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, bi, bisexualité, sexualité, cycle menstruel
25 avril 2008
au fond de la piscine
Parce que je n'ai pas le temps, entre vie sociale et mission professionnelle, de dire tout ce que j'aurais à te dire ces jours ci sur la vie, sur le monde, sur l'interview de Sarkozy (pouah !) sur mes amours et sur mon amour (celuis du grand A, tu sais...), je bouche encore un trou avec une petite chansonnette que tu connais. Où l'eau joue un rôle différent. Et aussi un petit pull marine.
Moi aussi, aujourd'hui, je plonge dans le grand bain. Je suis content. Je ne suis pas sûr que c'est dans le fond de piscine qu'on nage le mieux, mais c'est là qu'on change le plus profondément sa perception, parce qu'il y a fusion avec l'élément, qu'on y coupe sa respiration, qu'on y engage donc quelque chose qui a à voir avec sa vie.
00:33 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : piscine, nager, serge gainsbourg
23 avril 2008
toujours entre deux eaux

Ils ont eu l'affront de sortir de l’ombre. Sans droit, d’aucune sorte, clandestins mais exploités, ils se sont mis en grève. Ils ont eu le courage de se montrer, d’affronter le regard des autres. Et celui si hostile de l’administration. Le sombre Hortefeux annonce un examen au cas par cas, pour ces 700 salariés sans-papier. La CGT déclare que ce faisant, c’est tout un cadre de négociation qui se dessine, et qu’ils seront plusieurs milliers à en tirer les marrons du feu.
Y’a pas à dire, la grève, pour les ouvriers, ça reste l’arme du progrès. Seiji, les lignes bougent, la préfecture, contre toute attente, te convoque pour un réexamen de ton dossier. Et te voilà de nouveau entre deux eaux. Mais le contexte n’est plus le même.
Autrement, Mumia Abu-Jamal a 54 ans aujourd’hui. Dont 26 passés en prison. La moitié de ses anniversaires. La chose nouvelle cette fois, et ce n'est pas anodin, c’est qu'il n'est plus dans le couloir de la mort, sa condamnation à la peine capitale ayant été cassée, fin mars, par une cour fédérale américaine. Même s'il est encore entre deux eaux, les chefs d'accusation n'ayant pas encore été abandonnés, c’est le moment de ressortir mes T-shirts.
Et puis tu as vu ? L’Huma et Libé ont la même manchette à leur une, aujourd’hui : Manaudou entre deux eaux… C’est peut-être moins important pour l’avenir de l'humanité, mais ne crois pas que ça m'affecte moins.
11:30 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : immigration, sans papier, hortefeux, mumia abu jamal, laure manaudou
21 avril 2008
une semaine dans la vie d'un blog

Le nouvel outil statistique que j'ai installé sur mon blog il y a de celà quelques semaines, sur les conseils de Nicolas, commence à porter ses fruits. Il me permet de jouer un peu, à l'heure de la sieste avec mes visiteurs du vent.
Je lui ai demandé de me sortir les mots clés par lesquels on est arrivé jusqu'à mon blog ces derniers jours via les moteurs de recherche. Je suis plutôt pas mal instruit par ses résultats :
En sept jours (de samedi 0 h à samedi 0 h), 88 mots clés ont conduit jusqu'ici :
J'exclue d'enblée les quatre qui sont pipés, ceux de mes amis, ou connaissances (salut à eux), qui pour des raisons qui leur appartiennent préfèrent pour me rejoindre passer par google que par leurs favoris (seiji violoncelliste, entre2eaux, funde reivax, et oh entre deux eaux). A eux quatre, ces mots clés m'ont valu 76 visites.
Après, on rentre dans le vif du sujet.
Champion toutes catégories, avec ou sans accent, mais toujours sans article, le prépuce : 45 visites, sans compter, dans la même veine, les saloperie de circoncision, photo petite bite rasée cisrconcise, comment dérouler prépuce enfant, circoncis naturiste, branler circoncis, et même "blog des prépuces", comme si c'était un titre, ça, la mère de toutes les batailles : Oh!91, le père de tous les prépuces ! Si j'avais su provoquer ça en parlant un jour d'un petit détail anatomique anodin et des services qu'il me rendait. J'ai envie d'ajouter dans cette liste, le réservoir de Passy, même si pour le coup, là, ça fait un sacré prépuce !
Ensuite, on trouve - logique - la thématique de la masturbation, dans ses formulations les plus poétiques, du genre : technique de branle, blog branlette masculine, bonne branle entre vieux (pourtant...), branle aux vestiaires (alors là oui !), branle entre garçons, branle entre mecs, branle gay blog, branler circoncis (bis), je la branle, branlettes à deux (un truc que j'affectionne), branlettes douches (tout comme ça), comment branler un mec, plus précis : comment on fait pour branler un garçon (je t'épargne les fautes de syntaxe, c'est dingue, y'en a qui mettent un roman dans leur recherche google...), sauna branle première fois, vestiaire branler, et même pratiques onanistes, pour les plus raffinés.
Ensuite vient Lorenzaccio, commentaire de Lorenzaccio, de quoi parle lorenzaccio, lorenzaccio gérard philippe, preuve que ce blog est également un haut lieu de culture.
J'en veux pour preuve qu'on y trouve aussi Abou Nouasse ou Nouasse, et c'est pas donné à tout le monde de connaître ce grand poète arabe. C'est un résultat méritoire, d'ailleurs, parce que je n'en ai encore jamais parlé, ça ne reste qu'un projet. Mais la culture orientale ne s'arrête pas là, puisque dans la liste, on trouve Marcel Khalifé ya bahariyyeh et Omayma Khalil.
Budapest apparaît aussi une valeur sûre, dans le registre plan+tramway (moué), appartement gays ou gay friendly (quand même), ou plus cruement Budapest sexe.
Pour le reste, c'est un peu à l'avenant : mais avec une vraie place pour l'eau ou la nage : bain saunas, baise dans l'eau, laure manaudou troisième nageoire, nager nue en mer, piscine roger legall paris, savon dans douche de mec (ah ! le classique !)
Quelques sujets spécifique ont été décelés, ce qui me fait évidemment plaisir, parce qu'ils correspondent à de vrais centres d'intérêt pour moi : robert Davezies, gran Scala, déesse des eaux, c koi l'ambition, crâne de hottentot.
Enfin, des coups d'épé, parfois limite dégueu, parfois incompréhensibles, parfois pleins de poésie. D'ailleurs : yeux noisette, trois mois, texte cicatrice, tatouage d'ailes, sof° infidélité (M., fais gaffe à ta copine), sarkosiland, qui aime avoir le pubis homme rasé, premier sauna sperme récit, parole d'une courte scène entre deux hommes, je voudrais qu'on me prenne par derrière (moi aussi, tiens, mais je passe rarement par google pour ça), je t'aime avec un grand a blog (oui, Patrick, j'oublie pas, je rame, c'est tout !), etre deux (d'ailleurs, tu vois !...), coin chaud entre les jambes, blogs naturistes, blog sauna hétéro, et, last but not least : papy baise mami.
Moralité, heureusement qu'il y a des visiteurs réguliers pour réhausser le niveau, parce que les surfeurs de hasard, c'est vraiment souvent raz des pâquerettes ! Je te dis merci ?
dernière minute
Avant de poster mon billet, je consulte les mots clés de ces toutes dernières heures. Je les cite aussi, malgré la triste désoltation la branlette du 4 à 8, parce qu'ils vont malgré tout me permettre de te renvoyer sur deux de mes billets parmi ceux que j'aime le plus :
Au milieu de mes habituels blog première au sauna (15h 11), plonger sexy (15h 21), plusieurs façons de se branler (16h 14), branle masturbation (16h 20), branlette manuelle (17h 21), branlette main (18h 54), PREPUCE (en majuscules pour de vrai, à 18h 54), branle entre voisins (19h 20), branlette douce (19h 46), je bande gay (20h 34), et aire de repos gay (21h 10) - comme quoi, on est vraiment en période de pleine lune ! - j'ai trouvé puybrun, qui renvoie à ça, et castelet pour marionettes, qui renvoie à ça.
21:54 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : sexe, homosexualité, bisexualité, gay, budapest, blog, moteurs de recherche
19 avril 2008
l'art du contre-pied

J'aime bien zarxas. Il débarque toujours là où on ne l'attend pas. Genre pieds dans le plat ou gros sabots. Comme si c'était sans calcul. Comme si.
Zarxas, il n'a pas de blog, alors il se répand chez les autres, et c'est bien. Je l'avais déjà publié en reprenant le commentaire qu'il avait laissé à l'annonce de la fermeture du blog de Superebeu. A ses premiers commentaires chez WajDi, on l'avait cru intempestif, impatient, mi cabotin mi m'as-tu-vu, ses apparitions étaient toujours tonitruantes, agaçantes, certains avaient dit pédantes, parce qu'elles étaient pleines de références et s'évertuaient à montrer une densité. Et puis il nous avait sorti cette petite perle de sensibilité.
Surprendre son vis-à-vis, le déstabiliser pour prendre le pouvoir, c'est un peu ce qui le caractérise. D'ailleurs, il prend des leçons de combat auprès de spécialistes. Il aime cultiver le genre martial du contre-pied.
Et donc voilà qu'il vient me bousculer sur une des choses les plus importantes que j'ai produites depuis que je tiens ce blog. C'était le 22 mars dernier, journée mondiale de l'eau. J'arrivais en Arles, et avant de m'échapper, je révélais ma part d'usurpation. Je voulais que ce soit l'acte de vérité par excellence. Mon acte de vérité. Ma vraie sortie du placard.
Et voilà qu'il ramène ce geste - que je voyais fondateur de quelque chose - à un vulgaire caprice, une mise en scène minable de petite teigne :
"Bon, c'est pas moi qui allais te laisser sur un truc pareil. Même si j'ai pris mon temps, mais tu me connais. Je vais commencer par t'engueuler, mais ça non plus, ça va pas t'étonner.
Alors comme ça tu veux faire ton Superebeu, te fouetter en public comme à l'Achoura ? Faire le coupable, c'est un rôle difficile, ça, je suis pas sûr que tu sois taillé pour.
Fais pas l'enfant gâté qui se plaint de pas avoir assez de jouets. Tu as eu, tu as une vie bien plus épanouie que la plupart des gens. Tu as mis le temps avant de sortir du placard ? Comme presque tout le monde. A l'époque de tes premiers désirs, t'étais vraiment seul, t'avais pas trop le choix, y'avait pas les blogs pour partager des expériences et y trouver le courage. La société ne s'y prêtait pas. Oui, il y avait déjà des militants méritoires pour faire bouger les choses. Mais tu as déjà beaucoup fait dans ce registre, ne t'en veux pas de ne pas avoir été également de ce combat d'avant-garde.
Question couple et famille, t'es pas non plus le seul au monde à regretter ce qu'il a fait ou non dans le passé. Et il y a 10 ou 15 ans, tu n'étais pas le seul à être différent : le monde l'était aussi. Sur certains sujets, il a changé profondément en peu de temps, et pour une fois en bien. Élever son enfant en assumant et vivant pleinement son homosexualité n'était pas vraiment une option disponible à cette époque. A nouveau, arrêtes donc de te reprocher de ne pas avoir été toujours un pionnier.
Et si, par décision ou accident, tu avais eu un enfant avec ta compagne avant de faire ton coming-out, cela n´aurait rien eu non plus d´une usurpation ! Ça arrive quand même ce genre de chose quand un homme vit avec une femme ! Ce couple était un mensonge ? Et c´est pas le cas de centaines de milliers de couples 100% hétéro ? Eux aussi ils prennent parfois la décision d'avoir un enfant malgré leurs doutes intérieurs sur la viabilité du couple, qui se sépare peu après. Mais l'incertitude ou l'indécision ne sont jamais une usurpation.
Là où carrément tu me fais marrer, c´est quand tu inverses effets et causalités en te faisant passer pour un usurpateur dès l'enfance. On dirait une autocritique maoïste ! T'apprenais ça chez les jeunes cocos ?
Tu as bénéficié des conséquences de tes qualités intellectuelles et sociales ; tu en as probablement été conscient très tôt, ainsi que des conséquences positives de ces qualités, et des portes qu'elles t'ouvraient, ce qui te motiva. Mais même en étant le plus doué et cynique des acteurs, on n´est pas bon en maths, en arabe ou en sport par usurpation : on a les résultats ou non. Et un gamin ensuqué et gnangnan ne devient pas par miracle enjoué, contre sa nature profonde, dans le seul but de plaire à ses parents ! C'est surtout pas à moi que tu vas faire le coup !
Ta seule usurpation, elle est dans ton post. Dans cet essai raté et lamentable de prétendre déguiser en cynisme et arrivisme ce qui n'est autre que ta vieille culpabilité omniprésente, ta soi-disant dette.
Aies les couilles d'assumer tes qualités. Tu ne te débarrasseras pas de ta culpabilité en les niant, mais en ayant le courage de les assumer avec humilité, sens de la responsabilité, et une bonne dose d'auto-dérision, ce qui n'est pas pareil que l'auto-flagellation.
Tu as grandi dans un contexte familial qui t'as permis de disposer de certains outils intellectuels et sociaux. C'est pas en crachant dans ta soupe, ni en prétendant que tu l'as volée, que tu nourriras les autres, bien au contraire. Mais en mettant ce progrès personnel au service du progrès collectif, qui en a tant besoin. C'est ce que tu as fait, c'est ce que tu fais. Alors il est où le problème, à part celui que t'inventes ?"
Eh ! bien si, Zarxas, je suis un usurpateur. Je persiste, et je signe. Et crois-moi, là où je suis, je suis bien placé pour le savoir.
Ce que je partage en revanche avec toi, c'est que je ne suis pas seul, en effet, à me complaire d'avantage dans les rôles que je joue que dans ma vérité. A succomber à la facilité et à m'y laisser porter.
Tiens, toi, par exemple... Es-tu certain que ce rôle de rentre-dedans, la balle dans le jeu de quille, c'est ce qui te caractérise le mieux ? Ce qui te correspond le mieux ? N'y a-t-il pas là un jeu dans lequel tu cherches à exceller parce que c'est par là que tu t'es montré, celui qui te permets de t'affirmer pour exister dans la blogosphère ? De rivaliser avec WajDi pour attirer son regard ?
Regarde où t'en es dans ta vie. Ça roule pour toi ? Mais quelle est la vraie part de ta vocation et celle des circonstances ? T'as réussi ? Très bien. Es-tu sûr que tu as la vie heureuse à laquelle tu aspires pour autant ? Que ta performance sociale te permets d'être ce que tu es vraiment ? Je crois que tu n'en es pas encore à te révéler, à t'accepter, alors tu préfères renvoyer la tentative de vérité d'un autre à un essai "raté et lamentable", peut-être parce que tu ne veux pas t'avouer que tu n'as pas cette force là, pas encore.
Je ne vois pas dans l'usurpation une intention mauvaise. J'y vois la construction d'un masque, à un moment où ça semble indispensable pour avancer, à tort ou à raison.
Comment qualifier cela, un dossier bidon, monté en deux semaines pour obtenir une autorisation d'inscription dans un institut de formation, qui devient un sujet d'étude, un mémoire, un domaine de spécialité, un bouquin...? Putain, un bouquin, né d'une simple entourloupe pour rentrer dans des cases administratives ? Ma vie s'est construite de ces hasards, dans ces façades, elle est faite de factices matérialisés. Oui, le reconnaître, c'est ma fierté, alors s'il te plait, ne me l'enlève pas.
L'usurpation naît toujours de là, d'un réflexe vital. Il n'y a pas toujours de déshonneur à en jouer. Mais il y a de l'honneur à y mettre fin. Ou au moins à l'admettre. Tu vois, je ne suis pas dans l'auto-flagellation. Je crois même que reconnaître ma part d'usurpation, c'était une façon de me défaire de cette culpabilité judéo-christo-communiste, que tu perçois à bon escient. C'est une façon de dire que j'ai eu, que j'ai du talent pour aller au bout de mes engagements, pour conquérir la confiance. Mais permets-moi de trouver malgré tout de la médiocrité dans l'insincérité. Et comme nous sommes tous des usurpateurs, j'ai de l'admiration, et parfois de l'amour, pour ceux qui en sortent.
Rassure-toi. J'ai aussi vu l'amour qu'il y avait - surtout - dans ton interpellation. Un vraie déclaration d'indulgence, même ! Mais je n'avais pas de raison de te reprendre sans contre-pied.
22:19 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
18 avril 2008
bander haut, bander bas
Il y a des garçons, ils ont un avantage incroyable, et je ne sais pas s'ils s'en rendent vraiment compte : ils bandent invisible. Je veux dire qu'ils bandent, et que ça ne se remarque même pas, parce qu'ils bandent vers le bas. Le verge gonfle, se raidit, mais sans se redresser. Et dans certains cas, crois-moi, c'est un vrai avantage de pouvoir passer inaperçu. Il y a des circonstances où ça m'aurait rendu service. Car tout le monde n'a pas forcément cet art ni ce talent.
Je ne sais pas bien si ce mystère anatomique est à mettre sur le compte d'une particularité génétique, ou si leur teub s'est formée comme ça à force d'avoir été maintenue dans cette position trop longtemps, et notamment lors d'érections adolescentes réprimées dans un pantalon tro
p serré. Mais ça m'intrigue.
L'autre jour sous les douches, un garçon était nu à côté de moi, le regard un peu fuyant, il m'a fallu un petit moment pour percevoir qu'il bandait. Je n'en ai été certain que quand il s'est mis à se branler. Et à vrai dire, si la chose m'était étrange, empoigner cette bite avait quelque chose d'agréable : massive, pesante, elle gardait en main quelque chose de meuble, d'étonnamment soyeux.
Un de mes premiers amants hongrois était ainsi : Peter. J'en ai établi, à tort ou à raison, une corrélation entre cette façon de bander et une incapacité à vivre une relation dans la simplicité.
Tout le contraire de Seiji. Lui, il bande comme un i, et quand tu fais l'amour avec lui, il ne débande pas une seconde. Son sexe onctueux aux goûts variables, selon ton humeur, si agréable au contact de tes lèvres comme au fond de ta gorge, appuyé contre ton sexe ou simplement caressé de ton regard ou de ta main, résiste à tout. Et il est aussi simple que tendre dans sa relation avec toi.
Mais du coup, je ne sais pas si ce sera un service à lui rendre que de l'emmener un jour aux nocturnes naturistes de Roger Legall...
23:45 Publié dans quand je chavire | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : seiji, homosexualité, gay, japon, piscine, naturisme
17 avril 2008
la négritude, une conquête de soi et un humanisme

Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas
l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot
mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot?
C'était il y a neuf ans, à Fort de France. En mai. Il avait cette élégance fragile qu'on lui connait. Du raffinement dans l'expression, mais de la fermeté dans la voix. J'étais tout près, mais dans l'ombre, je ne faisais qu'accompagner. Il y avait autour de lui comme une aura, une sorte de déférence le suivait. J'étais dans la timidité et dans l'admiration, j'ai tout oublié de ce moment, tout de la Martinique. Sauf ce magnétisme.
On s'affaire aujourd'hui à lui rendre hommage. Il ne se peut qu'on ignore Aimé Césaire, ou qu'on s'en départisse. Il ne fut pourtant pas homme de consensus, c'était un homme de combat, d'engagement, de mise au point. Il combattait notamment les bonnes consciences faciles. J'en ai lu des extraits, ce soir, après avoir vu un chant d'amour, et j'ai choisi de t'en livrer celui-ci, qui 58 ans après, a à mes oreilles une curieuse résonnance.
_________________________
"Il faudrait d'abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu'il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un oeil crevé et qu'en France on accepte, une fillette violée et qu'en France on accepte, un Malgache supplicié et qu'en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s'opère, une gangrène qui s'installe, un foyer d'infection qui s'étend et qu'au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et "interrogés", de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette lactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l'Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l'ensauvagement du continent.
Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s'affairent, les prisons s'emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s'étonne, on s'indigne. On dit : "Comme c'est curieux ! Mais, Bah! C'est le nazisme, ça passera !" Et on attend, et on espère; et on se tait à soi-même la vérité, que c'est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c'est du nazisme, oui, mais qu'avant d'en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l'a supporté avant de le subir, on l'a absous, on a fermé l'oeil là-dessus, on l'a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s'était appliqué qu'à des peuples non européens ; que ce nazisme là, on l'a cultivé, on en est responsable, et qu'il est sourd, qu'il perce, qu'il goutte, avant de l'engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne."
Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, 1950
22:08 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : colonialisme, négritude, décolonisation, antilles, aimé césaire
16 avril 2008
un peu d'eau
Histoire de pas laisser un blanc, encore un petit peu d'eau, c'est dans le ton... J'essaie de revenir bientôt avec un peu plus de consistance.
(Paroles: Françoise Hardy / Musique: Jean Noël Chaléat 1996)
Françoise Hardy (France)
un peu d'eau qui coule et scintille
puis s'arrête juste au bord de ses cils
et l'amour qui passe s'arrête aussi...
un peu d'eau... ce n'est rien dit-il
rien du tout: une petite escarbille
et le rêve qui passe s'envole aussi...
un peu d'eau et le temps change
le combat n'est pas fini
qui oppose le diable à l'ange
dresse la mort contre la vie...
accordez-lui
juste
un peu d'eau
dans son âme
un peu d'eau:
l'eau pure de ses larmes...
un peu d'eau au bord de ses cils
qui frémissent, redeviennent immobiles
et l'amour qui passe se fige aussi...
un peu d'eau... quand donc s'écrie-t-il
lâcherez-vous vos lubies infantiles?
et la haine qui passe le raffermit...
un peu d'eau et le ton change
le jour cède devant la nuit
quelque chose en lui se venge
quelque chose qui le détruit...
accordez-lui
juste
un peu d'eau
dans son âme
un peu d'eau:
l'eau pure de ses larmes
un peu d'eau
dans son cœur
un peu d'eau:
l'eau vive de ses pleurs...
un peu d'eau, un éclair qui brille
vient voiler un instant ses pupilles
et l'amour qui passe me trouble aussi...
un peu d'eau... c'en est trop dit-il
arrêtez ces délires imbéciles!
et le rêve qui passe se brise ainsi...
un peu d'eau pour qu'il s'épanche
-- il est son pire ennemi --
qu'il arrête de scier la branche
sur laquelle il est assis...
accordez-lui
juste
un peu d'eau
dans son âme
un peu d'eau
l'eau pure de ses larmes
un peu d'eau
dans son cœur
un peu d'eau
l'eau vive de ses pleurs...
09:11 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : françoise hardy, eau, chanson française




