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21 mars 2008

Saiichi, mon havre

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Saiichi, c'est mon havre dans le tumulte. Mon aire de repos sur l'autoroute. Il traverse des tourments invraissemblables en ce moment. Toute sa vie, tout ce qu'il aime, tout le sens qu'il a choisi de donner à sa vie est désormais sous la menace d'une expulsion. Il souffre de son dos, de sa terre d'exil, de son patron sans scrupule, il a tout pour exploser et se fracasser en mille morceaux. Le tenir debout au milieu de ça devrait être une tâche redoutable, du genre qui te sollicite, qui t'accapare, qui t'accable toi même, qui t'absorbe dans la révolte et l'impuissance. Et pourtant, au milieu de la connerie humaine qui croise ma route du bureau, et des heures que j'y passe malgré tout par conscience, je m'y apaise comme nulle part ailleurs.

Oh! Bien sûr, il est triste, éprouvé, inquiet. Anxieux, même. Il fait des cauchemars, comme la nuit d'hier. Mais pourtant, au coeur de tout, près de lui, dans l'activité pour lui, je me ressource, je me restaure, je me libère.


L'un et l'autre, côte à côte, dans des contacts toujours rassurants, nous passons d'un mail de son avocate à de longs baisers tendres, d'explications sur les prochaines étapes de son recours à des caresses intimes, du toucher mat de nos peaux aux corrections de traductions hasardeuses, de son ordinateur à nos corps nus étendus l'un contre l'autre, de mains caressées sous la table à mon ordinateur. Rien ne pèse, rien n'est craint quand nous sommes l'un avec l'autre. Nulle impatience. Nulle oppression. La tendresse accompagne tout, comme un bien nécessaire. L'anxiété n'écrase rien.

Son dossier avance, l'avocate a envoyé hier le recours hiérarchique. A l'heure qu'il est, il est sur le bureau de l'affreux Brice Hortefeux. Une liasse, quelques pages qui démontent toute l'absurdité, et toute l'illégalité, de l'annulation de son autorisation de travail pour 50 malheureux petits euros de perte de salaire.

Dimanche, nous avions relu ensemble le document pour relever les erreurs et coquilles qui s'étaient glissées sous la plume de l'avocate. Nous avons fait l'amour divinement. Son dos encore fragile ne lui a pas permis de me pénétrer. Pas encore. Mais nous l'avons simulé. Si fort que j'en ai joui jusqu'à l'oreiller loin au dessus de son crâne rasé. J'ai eu mon premier endormissement près de lui. Une courte sieste, prélude à une première nuit ensemble ? Bientôt ? Moi aussi, j'ai des enfermements et des limites.

Dans le mail à l'avocate, nous avons ajouté des questions. Pour être sûrs qu'elle avait tout compris des ultimes précisions envoyées par Seiji sur son salaire, ou pour comprendre quel rôle pourrait avoir le soutien de ses amis. Pour demander un rendez-vous. Nous restions nus tout l'après-midi dans sa chambre. Des villes basculaient à gauche dans le secret des isoloirs, et dans le secret de son studio, nous nous aimions sans calculer. Dans le secret de sa douche, il jouissait une seconde fois. Dans le secret de notre combat nous nous disions de gentils mots d'amour.

Je l'ai laissé en milieu de soirée pour un rendez-vous important. Je quittais mon havre pour la pleine mer, pour une Méditerranée impétueuse mais familière et chaude.

J'ai d'autres havres. Sur une rive de la Méditerranée notamment. Je m'y arrime autrement, comme dans le port d'attache de mes débuts de journée.

Comment vivre l'amour ?

 

Commentaires

en le prenant là où il se présente, tout simplement... et en le serrant fort à chaque fois. C'est un oiseau bien trop fugitif.

Écrit par : lancelot | 21 mars 2008

T'as des enfermements et des limites ?... mais tu les dépasses facile avec des jets de sperme pareil. Tu nages pas encore aussi vite ke moi, mais tu me bats au lancé, c'est sûr !

Écrit par : waj ki nage dans le bonheur | 21 mars 2008

Il faudrait déjà pouvoir trouver une définition à "amour", lui trouver des limites, ne pas le jetter de ci, de là trop facilement , cela fini par faire de lui un mot trop facile qui a perdu en cours de route sa véritable signification. On ne l'écoute plus, on ne le lit plus comme on le devrait, et c'est bien dommage.
Elle est très belle cette relation, toi et S., forte et douce, effectivement à la lire de me dire mais où sont véritablement les limites.
Bisous de fin de semaine, bon Week end !

Écrit par : bougrenette | 21 mars 2008

-> lancelot -> Y'en a, en tout cas, je sais pas si je vais les serrer trop fort ou pas, mais j'ai pas envie de les laisser s'échapper ;
-> Waj qui... que ça fait vraiment plaisir à lire -> Ben je sais pas, c'est quoi tes perfs ?
-> bougrenette -> Excuses ces blagues potaches de garçons, elles spont pas à la hauteur de ton commentaire, ni même de mon billet, je trouve. Je t'embrasse très fort et te souhaite de joyeuses paques.

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 21 mars 2008

L'écriture, le lyrisme, le théâtral, le drame, l'actualité, la politique, la pollution, le cinéma, la musique, les causes défendables ou non, on peut dire que tu abordes tous les sujets, tu t'intéresses à tout et tu as une opinion bien arrêtée sur tout, c'est formidable...
Fais moi plaisir un jour s'il te plait, j'aimerais que tu écrives un billet avec ta définition de l'amour, tu sais, celui qui a un grand A...
Ca me rendrait service, je ne sais pas si je souffre d'une forme de sénilité précoce, mais il a des trucs que je ne comprends pas dans ce domaine, je dois tout confondre.
A bientôt Olivier

Écrit par : Patrick | 21 mars 2008

-> Patrick -> Je te promets, j'aime tant l'amour, qu'un jour j'écrirais un billet sur celui qui s'écrit avec un grand A. Je peux déjà t'en dire une chose : il a toujours été mon principal moteur.

Écrit par : Oh!91 | 22 mars 2008

J'ai envie de répondre à Patrick.
Ma définition de l'amour avec un grand A, c'est celui qui ne se limite pas à une seule personne :)

Écrit par : Fiso | 23 mars 2008

Les commentaires sont fermés.