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11 mars 2008

dans la peau de Laurent (E)

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Cela va faire deux mois que tu m'accompagnes dans cette aventure épistolaire, depuis le récit de ma rencontre avec Laurent à bord du Transsibérien. Moi, ça fait 22 ans bientôt que Laurent me poursuit. Par séquences. Nos brouilles ont finalement été assez nombreuses, parfois longues, mais nous nous sommes toujours retrouvés. Laurent, c'est mon intermittent de l'amitié. C'est mon épopée, elle n'a pas de fin. C'est toi qui la prolonge aujourd'hui en lui ouvrant la porte de l'amour. Et de la jouissance ?

En passant une soirée entre amis chez les Ch'tis, l'autre jour, j'ai réalisé qu'il avait queque chose de Dany Boon. Dans le sourire. Et peut-être surtout dans les oreilles, en un poil plus blond et plus coquin. J'espère n'avoir pas cassé ton imaginaire, là...

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Dans la peau de Laurent

proposition N°5

par Olivier Autissier

Cher Olivier,


Sans doute as-tu raison quand tu dis que les mots de démarrage sont les plus difficiles à trouver. C’est souvent le cas pour celui qui écrit, parfois moins pour celui qui répond tant il a normalement matière à rebondir.

Pour cette réponse, si effectivement la matière ne manque pas, ce sera dans l’intention que je trouverai mes premiers mots. Ils me sont d’une réelle évidence.

Je suis déçu ! Profondément, étonnement aussi, déçu. Et le contenu de tes phrases n’est pas responsable. Tes idées, tes sentiments et tes désirs exprimés pas davantage. Ma déception n’est que le fruit de ta manière même si je te concède qu’il doit y avoir de ma part un facteur d’impatience non négligeable.

Comme tu en as mis du temps !

A m’écrire ton quotidien, à décrire ton décor, à évoquer Budapest. Ça n’était pas inintéressant, bien sûr. Mais l’expérience que j’ai, précisément celle que tu n’as pas, encore ou définitivement, m’avait depuis la première lettre permis de lire plus loin. Je devinais tes détours, je les ressentais et très vite quelque chose s’est allumé en moi. Si tu savais combien de fois je me suis interdit et retenu de bousculer ton style. Ou tes. J’ai trouvé plus délicieux, plus excitant – n’est-ce pas de cela dont il t’est question ? – de te laisser jouer. Et là, je veux bien m’excuser du verbe employé, s’il te blessait, pourtant n’est-il pas de lui dont il s’agit. Tu jouais, je jouais. Nous jouions donc. Nous jouerons. Que ça te rassure ou que ça t’inquiète. Je te laisse le seul loisir de décider ou non d’en changer qu’une seule voyelle.

Alors, tu peux bien m’accuser autant que tu voudras. Je peux aisément te renvoyer la verve. Seul l’avenir décidera lequel de nous deux se posera en victime. Doux présage par conséquent puisque je te sais trop fort pour ne pas perdre. N’est-ce pas ?

Enfin, parce que je n’ai ni ton talent ni ton goût pour les aventures épistolaires, je vais mettre un terme à ce courrier, le seul que tu recevras de moi. Il t’appartient désormais de choisir et de décider. Je te laisse les pourquoi, les comment et les quand. Je me charge des où. Je t’y attends avec autant de détermination que de joie. Mes pluriels sont évidemment choisis et voulus.

Je t’embrasse.

Sébastien te remercie pour tes salutations à son intention. Il dort à cet instant précis.

Laurent

Commentaires

J'aime bien l'idée d'un Laurent qui laisse jouer, ça marche bien.

Écrit par : manu | 11 mars 2008

Un Laurent espiègle, taquin et... oui, "joueur" en un mot. Très rigolo.
(j'aime bien la similitude des Sébastiens qui dorment à chaque fois...)

Écrit par : lancelot | 11 mars 2008

-> manu -> ... ou qui laisse jouir ?
-> lancelot -> C'est un peu la de Sébastien : être effacé, dormir ou être absent. C'est normal, il gêne. Et pourtant, il participait de cette vision d'une homosexualité en couple, heureuse, dans laquelle je me projetais alors, au risque de la briser.

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 14 mars 2008

Les commentaires sont fermés.