Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12 février 2008

les godemichés de mes copines de Damas

30f29c7a3f65c61d5e0adb2f85c5aab5.jpg

Vendredi soir, je retrouvais à Paris deux copines "de l'époque de Damas", c'est à dire avec qui j'ai partagé mon année d'études d'arabe, entre 1992 et 1993 : Agnes et Fred (dite Faridé). J'ai beaucoup d'admiration pour elles, leur opiniâtreté, le niveau de perfection qu'elles ont atteint, l'une et l'autre, dans la connaissance et la pratique de cette langue. Elles ont beaucoup d'admiration pour moi, mon parcours, mes engagements, les responsabilités que j'occupe ou que j'ai occupées. Bref, on s'aime, on se suit, et on se respecte.

Elles deux, plus deux ou trois autres copains et moi, avons formé d'emblée un groupe d'amis très soudé par des valeurs communes, et sommes restés proches tout au long de ces années. Nous portons le même regard sur ce Moyen-orient qui avait tout pour se développer dans la paix et la prospérité, mais que l'occupation, les intérêts pétroliers ou géostratégiques, ont plongé dans cet indicible chaos.

Je n'ai eu aucune difficulté à leur dire mon homosexualité après être sorti du placard, même si c'est en couple avec Armelle que tous m'avaient d'abord connu.

La vie parisienne est ainsi faite que même à beaucoup nous aimer, nous ne nous voyons que deux à trois fois par an. Avec Agnes et Faridé, il y avait même neuf mois qu'on ne s'était pas revus. La honte sur moi, qui me suis détourné un peu d'elles pour venir à ta rencontre.

J'aime bien leur compagnie, elles sont enjouées, ont un regard sur le monde et une belle curiosité. Comme moi, elles ont la quarantaine. Mais elles sont seules. Des histoires qui tournent en eau de boudin. un amant passionnel avec qui la vie commune s'est avérée impossible et qui vit au Brésil... Et ce sujet, que nous n'abordions autrefois que de façon un peu sybiline, sur le ton du constat de situation, sans entrer trop dans l'affectif, et encore moins dans le sexuel, nous en avons parlé de façon très libre ce vendredi.

D'habitude, je crois que j'étais excessivement prude, contenu par l'image qu'elles s'étaient forgées de moi. Et là, est-ce un effet du blog, de ce que je te raconte chaque jour, d'une capacité nouvelle à assumer tout, à décomplexer le sexe ? Nous avons parlé de nous, évoqué nos infidélités convenues, à Igor et à moi, leur manque de partenaire, à elles, leurs stratégies pour sortir du célibat, leurs échecs et leurs peines, nos tensions et nos frustrations. On a même parlé du cadeau que ses copines ont fait à Faridé pour ses 39 ans : des godemichés. Deux. Elle regrettait d'en avoir choisi deux électriques, parce que ceux qui ne le sont pas, parait-il, gagnent en soyeux. Elle n'en a encore expérimenté qu'un, le plus petit, et elle s'est laissé surprendre par la rapidité avec laquelle il conduisait à l'orgasme.

Elle nous a demandé si nous en avions déjà essayés. J'ai répondu que oui, pour ne pas avoir à expliquer comment il m'arrivait d'avoir recours à des procédés et des ustensiles, comment dire ? plus baroques, en fonction de ce qui me tombait sous la main...

Comment en sommes-nous arrivés à parler ainsi ? Cela veut-il dire que mes ami(e)s "d'avant" peuvent, eux aussi, elles aussi, devenir des "potes de l'intime" ?

Alors, je me suis dit ceci : on n'écrit pas tous des blogs, on n'y pousse pas tous aussi loin le contact à l'intime, mais au fond, nos ressentis, nos désirs et nos besoins sont si semblables, que toutes les frontières ont, fondamentalement, vocation à tomber. Inéluctablement. Comme les masques.

Commentaires

J'aime beaucoup ta crudité qui ressemble à la pudeur d'un écorché vif.
C'est pas seulement ta petite histoire, c'est aussi la notre. C'est universel parce que tu nous donnes.
C'est rafraichissant et inquiétant. Parce qu'en te voyant ne pas tricher, ou en tout cas tenter de ne pas le faire, tu nous oblige gentiment à faire de même.
Tu n'es pas d'utilité publique mais intime.

Écrit par : Aïn | 12 février 2008

Je crois qu'on a tous quelque part ce besoin de partager son intime, le cul, l'amour, l'espoir et le désespoir, la vie, l'éducation a posé des barrières dans une société où il est de bon ton de garder certaines choses dans l'ordre du personnel qu'on n'aborde pas, ou peu, ou de travers, l'air de rien et personne n'y comprend rien. Ceci dit les masques ne tombent pas toujours, ou alors c'est vicieux on change de masque, pour un autre jeu, différent.

Écrit par : Bougrenette | 12 février 2008

D'accord avec Bougrenette, on a tous besoin de partager, on en garde déjà tellement. Et puis partager permet souvent de dédramatiser, ou démystifier, enfin, on se sent moins seul quand on sait que l'autre vit la même chose. Par exemple, me me sens moins seule avec mon histoire d'huître depuis que je connais tes troubles à toi, et maintenant je sais qu'il faut que j'achète 2 modèles : un électrique et un manuel !
Merci pour ces précieux renseignements ;-)

Écrit par : M. | 12 février 2008

-> Aïn -> C'est dommage que tu ne viennes pas plus souvent pour dire des choses aussi belles que "l'utilité intime" ;
-> Bougrenette -> Des masques peuvent ne faire que semblant de tomber, ou derrière d'autres masques peuvent subsister, tout est affaire d'intention : la mienne est claire : me montrer tel quel ;
-> M. -> En même temps, ce n'est qu'une information de deuxième main...

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 12 février 2008

Cest que je suis timide ;)
Et puis j'attendais le moment juste pour pas dire un truc trop banal.
Sois sûr que je te lis très souvent.

Et je voudrais remercier ma marraine (on dirait l'école des fans, hein ! C'est juste un petit clin d'oeil, un gros même)

Écrit par : Aîn | 12 février 2008

Ce blog a un sens de la formule incroyable !
"Pudiques impudeurs", "utilité intime", "information de deuxième main..."
J'adore !
Des bizous tout plein

Écrit par : M. | 12 février 2008

Je trouve que parler et "faire" du sexe n'est pas compliqué, pour moi il s'agit un peu d'un de ces besoins essentiels comme bien manger, prendre un bain ou s'allonger au soleil. Par contre parler de ce qui se passe dans le coeur et dans la tête en lien avec le sexe, les sentiments, les envies, le ressenti, ça c'est difficile (en tous cas pour moi), alors je suis très admirative là pour le coup parce que entre écrire sur un blog ses expériences, ce qu'elles ont provoqué, et les raconter en live à des amis qui te connaissent, c'est pas tout à fait la même chose.
Pour parler technique, le godemiché me tente pas trop (le coté bite en plastoc, ça m'excite pas des masses) et puis pour une femme les stimulations étant moins "pénétrantes" ma main droite fait très bien l'affaire.

Écrit par : sof | 12 février 2008

-> Aïn -> Tu n'as rien vu venir, mais il t'arrive un truc spécial. Je te réserve une surprise pour demain. Chuuuuuut !
-> M. -> Pour le sens de la formule, tu n'es pas en reste ;
-> sof -> Si t'as bien tout suivi, pour moi aussi, c'est la main droite qui fait le mieux l'affaire ; bon, pour le reste, avec mes copines, je te rassure, je ne leur ai pas décrit mon expérience au sauna, je n'en suis pas encore là.

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 12 février 2008

Non, tu n'as pas décrit ton expérience au sauna à Agnès et Fred, mais savent-elles que tu tiens un blog ? Le visitent-elles quelquefois...?
Moi j'ai une espèce de problème par rapport à ça. Il m'est arrivé de lâcher par inadvertance devant des amis que j'avais un blog, et lorsqu'ils m'en ont demandé l'adresse, je me suis senti gêné et j'ai botté en touche. Ca aussi c'est un débat passionnant : ce qu'on ose écrire de soi-même à des (presque) inconnus, pourquoi est-ce que ça nous fait (quelquefois) peur de le livrer à des amis qu'on côtoie régulièrement ?

Écrit par : lancelot | 13 février 2008

-> lancelot -> C'est drôle que tu poses cette question : on a parlé blogs, oui, dans le cadre d'une discussion sur les stratégies pour rencontrer des gens ; elles ne sont pas branchées ni meetic, ni autre outil internet, elles m'ont demandé si j'avais moi-même un blog, je leur ai dit que oui, j'ai précisé qu'il était intime, et ça a suffit pour qu'elles ne m'en demandent pas l'adresse. Pourtant, je crois que j'aurais aimé franchir le pas. Elles me l'auraient demandé, je suis à peu près sûr que je l'aurais franchi. Simplement en les mettant en garde quant à son contenu.

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 13 février 2008

"Mettre en garde", tu exagères non ? Si c'est par rapport aux notes où tu parles de sexe, ton blog est TOUT sauf pornographique ou choquant.
Bon, il "remue intérieurement" les lecteurs, ça c'est sûr. A lire les commentaires, je vois bien que je ne suis pas le seul à être concerné. Mais pour ça, pas la peine d'installer un panneau "Attention Danger". On est tous des grands garçons et des grandes filles, on sait qu'on lit à nos risques et périls ! Mais c'est tellement agréable que, tant pis, on brave le danger. LOL.

Écrit par : lancelot | 14 février 2008

-> lancelot -> les mettre en garde sur l'image qu'elles auraient soudain découvert de moi, ç'auait pu les choquer, je suis conscient n'être pas pornographique, sinon j'aurais prévenu.

Écrit par : Oh!91 | 14 février 2008

Je décrirais ton blog comme "hardcore". Parce qu'il va au fond des choses, au coeur, au noyau. Quitte à écorner un peu la sacro-sainte morale ou les convenances. Ca t'irait, comme définition ?

Écrit par : manu causse-plisson | 14 février 2008

-> manu -> je prends ta définition, mais j'ai pas l'impression d'être beaucoup plus hardcore que la vie...

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 14 février 2008

Moi j'aime bien comme tu parles de la sexualité dans ton blog, de manière "libérée" ; pas au sens libération sexuelle, mais libéré de l'esbroufe stylistique qu'on trouve parfois. Comment dire ? Tu en parles simplement, avec intelligence, lucidité, sans chercher à passer pour un provocateur.

Écrit par : balmeyer | 16 février 2008

-> balmeyer -> Je deviens cramoisi chaque fois que tu me laisses un petit compliment comme ça. Je ressents toujours quelque chose d'un peu périlleux quand j'écris sur le sexe, je redoute ce mode ampoulé vers lequel j'aurais tendance à glisser, je le combats, mais j'avance à vue. Je crois que je me force un peu à le faire, mais j'écris à l'instinct, juste pour pouvoir me dire que je l'ai fait. Et du coup, je crois que je ne pourrais pas écrire sur une chose fictionnelle, il faut que j'ai vécu un instant pour pouvoir en parler.

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 17 février 2008

Les commentaires sont fermés.