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07 février 2008
The constant colonialist mind

Mardi soir, j'ai zappé des obligations professionnelles et suis rentré à la maison. Petite saute de moral de mon Igor, en pleine déprime et chute de motivation. Il m'avait appelé à l'aide, j'étais rentré. Du coup, j'en ai raté aussi ma deuxième partie de soirée, où je devais partager gauffres et rencontre chez ma copine S.
Avec Igor, on s'est fait un film.
C'est drôle, avant que je ne m'immerge dans le tourbillon du blog, c'est lui qui se perdait dans l'ordinateur, avec toutes sortes d'activités qui l'éloignaient et de moi et de soirées à deux. Devant un simple film ou un DVD, il faisait mine de s'interesser, mais après dix minutes, trouvait mille et un prétexte (trop violent, pas beau, pas bien...) et me laissait seul devant la télé.
Maintenant, c'est lui qui recherche des programmes pour me scotcher à lui, pour se blotir le temps d'un film, ou aller chercher mes caresses, mes massages - des pieds, surtout, il les affectionne.
Mardi soir, nous nous sommes ainsi vu The constant gardner (c'est l'avantage d'être abonné à des chaînes du câble ou du satellite). Ca fait longtemps que je voulais voir ce film, sans trop savoir quel en était le sujet, d'ailleurs, mais parce que je n'en avais entendu que du bien.
J'ai adoré. Et le sujet, et son traitement. Cette Afrique pleine de mouvements, saturée de lumière et de couleurs. Cette
Afrique sacrifiée, soumise à l'affairisme, à la corruption, aux compromissions de la Diplomatie occidentale. Cette Afrique qu'on ne peut jamais résumer à de l'exotisme à deux franc cinquante. La légèreté, qui va si bien au cynisme, quand il s'agit de faire d'êtres humains des cobayes pour le plus grand profit de l'industrie pharmaceutique. L'aveuglement des politiques, ou de hauts fonctionnaires, quand la confusion règne entre ce que l'on se représente être l'intérêt national et ce qui n'est que l'intérêt d'une multinationale.
Sans naïveté, on y voit des pratiques qui ne concernent pas, hélas ! que le Foreign office, ni que l'industrie pharmaceutique. Je ne sais que trop combien nos Affaires étrangères s'activent, souvent avec l'aide du FMI ou de la Banque mondiale, pour encourager la privatisation de l'eau, parce qu'il y a là un marché colossal à ouvrir pour NOS fleurons industriels nationaux...
J'ai adoré l'esprit de révolte de cette fille, entière dans son engagement comme dans son amour. J'ai adoré le parcours de ce diplomate effacé, s'aventurant précautionneusement hors des sentiers de la réserve, se perdant dans les territoires de l'humanisme. Et du courage.
J'y ai vu un regard d'aujourd'hui, juste, sur un fléau d'aujourd'hui : la constance d'un certain esprit colonial.
00:15 Publié dans eaux bouillantes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Three bees, Kenya, colonialisme, cinéma



Commentaires
Je note , à coup sur , il va me plaire ce film !! Nous avons débattu un peu sur le sujet avant de faire notre spectacle sur les poésies Africaines . Il y en a tant à dire sur l' Afrique !!!
Ecrit par : Manue | 07 février 2008
Voilà un temps fou qu'ici on a le DVD et qu'on ne l'a toujours pas regardé... Tu m'as donné envie d'aller y jeter un oeil (et même plus!). Un seul inconvenient : il n'est pas sous-titré et TiNours n'a pas fait anglais. Je sens que je vais encore faire de la traduction simultanée (épuisant... merci la touche 'pause' !) mais ça casse un peu le rythme d'un film...
Ecrit par : lancelot | 07 février 2008
à Manue, à Oh et aux autres... : J'ai pas vu le film, mais j'ai lu le bouquin de John Le Carré (sa traduction française...) et il est excellent. Bien écrit, palpitant et aussi décrivant cette ambiance Foreign Office en Afrique. On ferme le livre la révolte au coeur !
Ecrit par : DonDiego | 07 février 2008
Le tourbillon de la blogosphère tu as raison ! Mais aussi de belles rencontres épanouissantes !
Ce film est formidable, d'ailleurs on y voit les bidonvilles de Nairobi... J'aime aussi beaucoup l'actrice.
Bonne journée.
Ecrit par : Fauvette | 07 février 2008
-> Manue -> A coup sûr, il te plaira... Il a tellement scotché Igor, il l'a tellement choqué, qu'il se l'est revu hier soir, tandisque je fanfaronnais à une soirée blogueurs...
-> lancelot -> Quelle idée, un DVD sans les sous-titrages ?!? Allez ! Offrez vous la location en version sous-titrée, quand, même, ce serait trop dommage pour TiNours et pour toi... !
-> DonDiego -> Tu fais bien d'en parler, ça me donne envie d'en lire le livre, tiens ;
-> Fauvette -> J'ai été très heureux de te rencontrer hier soir ; et je suis très fier de te compter dans mes amies.
Ecrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 07 février 2008
Et voila hop, noté pour une soirée a venir un film à ne pas manquer. Jolie attention envers Igor, il a apprécié j'en suis sur et certainement le massage aussi.
Ecrit par : Bougrenette | 07 février 2008
Ce film, révoltant, est sorti en France 2 semaines avant l'immense "Lord of war". A l'époque, je m'étais réjouie de ce regard critique, bien loin de la désinformation des JT, qui faisait tomber en poussière le mythe des "bienfaits de la colonisation".
Oh!91, ne me dis pas que tu n'as pas trouvé Ralph Fiennes bandant ? J'aime beaucoup cet acteur, si fragile dans "Spider" de Cronenberg, qui m'a bien fait chialer dans "Le patient anglais".
Il te reste donc à voir "Lord of war" que j'amènerai lors de mon prochain week-end chez vous, qu'on se le mate tranquille tous les 3.
Ecrit par : Fiso | 08 février 2008
-> Bougrenette -> il a du apprécier les deux, parce qu'il a redemandé des deux...
-> fiso -> Va pour Lord of war ! et en effet, il est bandant, ce Ralph Fiennes. Et pas encore vu Le patient anglais. Mais il est en multidiffusion ces jours-ci sur Ciné-cinéma, j'espère me le voir...
Ecrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 08 février 2008
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