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17 janvier 2008

fidèles infidèles, je vous aime

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Je n'aurais pas imaginé que quelques questions existentielles, que je ne croyais concerner que moi, puissent susciter un tel débat. Depuis une semaine, où j'ai publié ce billet (Moi et les bi) je te vois intervenir et débattre de la bisexualité avec passion. Je voulais rebondir, tes remarques me faisaient réfléchir, je m'étais dit, comme Manu causse, qu'il fallait dé-sexuer ce débat, y ramener le goût des gens. Mais y a-t-il pulsion sexuelle asexuée ?

Je voulais aussi interroger cette idée de complétude, évoquée à demi-mot par un WajDi conscient (presque fier) de sa part d'homophobie : n'est-on "abouti" qu'en connaissant la sexualité avec le sexe opposé ? Je l'ai connue. Qu'en y prenant du plaisir ? Alors je ne suis pas complet. Je voulais répondre qu'on était abouti quand on avait identifié les ressorts par lesquels on exulte, qu'en s'épanouissant dans sa sexualité, et que se construire, c'était se découvrir, et s'accepter. Mais Bougrenette arrive avec cette idée : "Ne pas être abouti, Oh!, n'est ce pas une richesse ? tu as peut être mille fins à vivre encore ... la classe !" Alors oui, nous sommes tous inachevés, en fait, cette lecture me va mieux, parce qu'elle nous propose de poursuivre l'histoire...

Et puis Fiso a posé la question de la fidélité. Ah ! la fidélité ! Question mille fois soulevée par Boby sur son blog. Ou par Christophe ici. Où il est souvent question de dédouanement facile : tant qu'on baise avec le même sexe, c'est qu'on n'est pas infidèle.

8a5c50e76544131017bc0ec340ae1598.jpgMoi, je peux dire que je suis resté six ans fidèle à ma première compagne, et que je l'ai quittée fidèle.

Je peux dire que je suis resté sept ans fidèle à ma deuxième compagne, et que lorsque j'ai commencé à coucher avec des hommes, je me suis senti immensément infidèle. Pire : traître, indigne, goujat, menteur, salaud... J'en étais tellement désemparé que je me raccrochais à elle comme un dingue, et oui WajDi, si elle occupait une place unique dans ma vie et dans mon coeur, cette Armelle qui m'est encore si chère, elle l'a occupée encore plus quand j'ai commencé à la tromper. Mais je lui étais infidèle et je devais extirper ce salaud en moi. Ce mensonge, je n'ai eu de cesse que de vouloir en sortir, il m'était un enfermement insupportable, et j'en suis sorti - après plus d'un an de gestation douloureuse où, n'en voyant pas l'issue, je pensais à la mort - par la vérité et la rupture. Je le lui devais par respect. Et j'ai bien sûr la nostalgie des enfants qu'en rompant, je renonçais à jamais à avoir.

Je ne recherchais pas mon double, Bibi, dans les coucheries avec les hommes, je ne recherchais qu'à m'épanouir, enfin, dans ma vraie sexualité. A moins que les "gens" hors milieu (Yohan), encore connectés à la vie ordinaire (Dan-Omega), obnubilés par autre chose que la braguette (Patrick), soient des reflets de moi même ?

Je peux dire aussi que je vis depuis dix ans avec un homme. Et je lui suis infidèle depuis presque le début. Et que lui m'est infidèle depuis presque le début. Lorsqu'il nous a fallu nous l'avouer, nous avons connu une première crise, mais nous l'avons surmontée, en nous autorisant tacitement, dans le secret, des "écarts".

On n'est pas responsable de ses sentiments, seulement de ses actes, dit WajDi, c'est vrai, le problème étant que les sentiments nous dictent souvent nos actes.

J'ai du faire l'apprentissage de ce que l'infidélité devient périlleuse quand elle laisse les sentiments prendre trop de place. Ce sont des élans qui échappent au contrôle, mais aussi au jugement moral, ils peuvent être bénéfiques, il faut alors savoir où l'on a envie d'aller, or souvent là on ne le sait plus. J'ai connu aussi cette étape, elle nous a valu une crise plus sérieuse. Nous l'avons encore surmontée... Et un équilibre particulier, qui nous est propre, s'est ainsi institué. Pas toujours facile à vivre. Mais qui tient. Nous nous trompons "en nous aimant beaucoup", comme dit Xélias. Oui, ça tient.

Alors peut être que si je me choisis de préférence des friandises sans nom, les anonymes des vestiaires de piscines, des vite-fait bien fait ; ou des bi, des gens attendus par bobonne, qui ne sauront pas me retenir parce qu'ils n'en ont pas le pouvoir,  des "hommes casés" en somme, comme dit Xelias, c'est pour éviter ces mises en danger.

Commentaires

T'as identifié les ressorts par lesquels tu exultes, tu t'es découvert et accepté. Bravo Oh!, t'es un ADOLESCENT abouti.

Écrit par : wajdi, donneur de lecons non abouties | 17 janvier 2008

-> WajDi -> Adolescent, je l'accepte, c'est aussi une façon de dire que l'histoire continue. Et toi, tu te vois comme un adulte abouti ?

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 17 janvier 2008

Nonnn.... Sinon je ne serais plus que hétéro. Mdr.

Écrit par : wajdi, irritateur d'Oh! | 17 janvier 2008

Wouah, elle est difficile, la question d'aujourd'hui... et oui, ce désir papillonnant que personnellement j'adore (mais demandez à ma douce partenaire ce qu'elle en pense) doit être un truc relié à l'adolescence. Ou alors à une nouvelle adolescence, genre crise de la trentaine (pourquoi l'un et l'autre de ces mots sonnent-ils comme des insultes, ou au moins des termes péjoratifs ?)

Personnellement (bin oui quoi, moi aussi je peux raconter mes histoires), j'ai eu un genre de flash, un soir, il y a longtemps chez un couple d'amis, où je me trouvais avec mon épouse d'alors. Je me suis rendu compte que j'avais très envie d'elle (pas de mon ex, vous l'auriez compris), et que dans le même temps j'aurais trouvé très beau qu'elle (l'ex) ait envie de lui (ça va, vous suivez ?).

Un genre de délire imagé (merci le Canabols), très doux, très passionnel, qui me semblait sur le moment d'une évidence frappante.
Qu'est-ce que j'ai fait ? Bin, rien, bien sûr. T'es pas fou ? Mais moins d'un an plus tard, je tombais raide amoureux (parce qu'être amoureux permet de se pardonner bien des choses) d'une femme inacessible, et j'ai tout planté pour elle.

J'ai souvent eu l'impression que la vision "échangiste" (oh le vilain mot, ce n'était que douceur et complicité) originelle avait beaucoup joué là-dedans. Comme si le fait de m'avouer un désir pour un(e) autre que la personne qui partageait ma vie et ma liste des courses m'avait précipité dans... beuh, dans quoi, d'ailleurs ?

Aujourd'hui, je suis loin d'être abouti. Et je pense que je le serai, vaguement, dans la seconde qui précèdera mon dernier souffle.

Et si ça c'est pas du commentaire où un mec raconte sa vie sans faire avancer le schmilblick, je n'y connais rien.

Ah, si, un détail : si je couche avec une autre que ma douce partenaire, elle le sait (la douce, pas l'autre, quoiqu'elle aussi soit au courant, tout de même, mais ça va suffire avec les parenthèses explicatives). Tout se dire est notre deal. Cela ne va pas sans souffrance, évidemment. Parfois je me dis que je suis simplement très égoïste, et que je me décharge sur elle (qui ?) de mes propres doutes sur la notion de "fidélité" ; parfois, je me dis que cette notion est le produit d'une culture relativement asservissante, et que la questionner en actes et en paroles est une noble tâche - le genre de trucs qui peut apporter le bien(-être) à la longue.

Oué oué oué, pas très clair, tout ça... La prochaine fois, je vous raconte une histoire avec des bisounours.

Et Oh!, j'espère que je ne m'épanche pas de trop dans tes colonnes...

Écrit par : manu causse-plisson | 17 janvier 2008

Forcément, si tu réponds à mes questions avant même que je t'envoie le mail... Pffff (bon, c'est vrai, je me suis pas pressée non plus lol ) !!!

Écrit par : Azulamine | 17 janvier 2008

Bon, je reviendrai vite, mais une question existenteille :
c'est la 3ème fois en moins d'une semaine que j'entend parler de ces p....n de Bisounours, c'est quoi ce délire ?

Écrit par : Fiso | 17 janvier 2008

-> WajDi -> pour le coup, ç'aurait été con... on a déjà manu ici, comme hétéro
-> manu causse-plisson -> Ce ne sera jamais trop, ce que tu écriras ici, Manu : tu sais que j'aime ce style simple, ces fausses hésitations, cette personnalité d'adolescent attardé que tu révèles à chaque phrase (et à laquelles tu donnes toi-même un nom)... Si j'osais, je dirais même que te lire par là, ça me fait bander à chaque coup (oups, merde, trop tard, c'est dit !)
En plus, tu viens titiller le p'tit frère (mon irritateur préféré) là où ça fait mal, sur son terrain. Le rugbyman contre le boxeur, ça fait de toi mon ange-gardien. Et en plus, tu fais avancer le schmilblick, parce que tu livres un témoignage. Et ça éclaire toujours, les témoignages.
Sinon, j'ai pas pu voir France 3 Toulouse ce matin depuis mon PC, j'ai été retenu toute la journée à des réunions, j'espère t'y trouver en podcasting ce soir (as-tu un lien à me donner ?)
-> Azulamine -> Bon, on saura jamais c'était quoi la question, alors ?
-> Fiso -> La réponse m'intérresse aussi, c'est pas non plus dans mon jargon. Bon, tu reviens, alors ? Quelque chose me dit que tu ne t'es pas encore complètement lâchée sur le sujet...

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 17 janvier 2008

le lien est sur mon blog, mais autopromo bien ordonnée commençant par soi-même, http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=m31a_cestmieuxlematin&video_number=0

c'est long, ça risque d'être coupé...

l'hétéro rugbyman de service (qui ne pensait pas provoquer de telles réactions physiologiques)

Écrit par : manu | 17 janvier 2008

Putain ! quel beau gosse, le manu (fais pas semblant, avec les réactions physiologiques, tu dois être un grand habitué) : précipitez-vous, les filles ! Et il chante bien, et sa fillancée est mimi comme tout, et publie des nouvelles chez les grands éditeurs... Lui il publie aussi, des choses plus légères, mais c'est du bilingue. En fait, j'avais pas répondu depuis une minute, que j'ai trouvé le lien sur ton blog. J'allais l'ajouter. C'est fait, ça marche, j'ai testé ! Et pour le coup, ça m'a fait tout drôle de passer des vraies minutes avec toi, en chair et en os...

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 17 janvier 2008

hûh, hûh, hûh fit-il en rougissant (parce qu'avec 20 cm de fond de teint en travers de la gueule, on ne voit pas ce détail : la plupart du temps, je suis rougeaud tendance couperose comme un vrai paysan aveyronnais, le truc le plus antisexy que je connaisse). Et cessez ces viles flatteries, vous me gênez, mon cher. De plus, vous avez le post de demain à faire, et vos lecteurs assidûs dont je suis ne supporteraient pas d'en manquer.

Écrit par : manu | 17 janvier 2008

c'était sur comment vous voyez la fidélité :)

Écrit par : Azulamine | 17 janvier 2008

En koi il me titille Manu ?

Écrit par : wajdi, titilleur titillé | 18 janvier 2008

Et ben tu vois, Oh!, la question de la fidélité me turlupine aussi (oui, je sais, je choisis bien mes mots)
Je me demande, je me demande...et je vais sans doute continuer jusqu'à l'écrire une fois (pour toute ?) (ou une fois tout court, à la belge, ;-) )

J'accroche particulièrement sur tes derniers mots : ta façon, détournée, inconsciente peut-être, d'éviter les mises en danger. ça, je connais. Bien même. Cette tendance à choisir un champs cloturé, pour être sûr de ne jamais s'éloigner trop.

Décidément...

Écrit par : M. | 18 janvier 2008

-> Manu -> Le "post du demain", il est fait, déjà publié, du coup (et même celui de l'après-de-main, de demain, donc, qui n'est pas encore publié, du coup... bref) - donc j'ai droit aux flatteries - si je veux, d'abord !
-> WajDi -> Tu t'es fait accuser de "péjorativisation" de l'adolescence. T'as pas trouvé ça violent ?
-> Azulamine -> Bon ben ça, c'est fait (j'avais bien du sentir que c'est cette question qui te "turlupinait" aussi, comme M.) ;
-> M. -> Oui, écris, toi aussi, une fois, sur ce sujet. On est loin d'en avoir fait le tour, encore. Il a besoin d'être "questionné en actes et en paroles, noble tâche" comme dit manu...

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 18 janvier 2008

Je ne vais pas raconter ma vie, en tout cas pas ici, mais j'ai vécu le même genre d'expérience que Manu qui a mené à la même décision fatale.
En tout cas, si avant, j'étais une fidèle infaillible et incapable de supporter l'idée d'être trompée (j'aime pas ce mot, déjà, parce que notre corps n'appartient qu'à nous), j'ai appris à mes dépens qu'un petit coup de canif dans le contrat pouvait non pas provoquer la rupture, comme je le croyais, mais l'éviter.
En revanche, Manu, j'ai du mal à cmprendre ce besoin de transparence poussé jusqu'à "tout se dire" ? Ta compagne sait dans le détail ce que tu vis, au moment où tu le vis ?
Je serais plus à l'aise dans une situation comme celle d'Oh!91 et de son mec, une infidélité tacite mais sans les détails.
Ne pas savoir qui, quand, comment, je préfèrerais ...

Écrit par : Fiso | 18 janvier 2008

Finalement, que doit on conclure??? Envoyez vous en l'air tant que ça peut? L'infidélité devient finalement le ciment d'un couple? Racontez tout à votre partenaire dans la vie? On fait ses infidélités en douce de son partenaire? Tiens, puisqu'on y est, on ramène son coup du moment à la maison et on partage avec son partenaire? F O R M I D A B L E ! ! !
G E N I A L ! ! !
On se sent tellement mieux après, même quand on ramène à son partenaire en prime une saloperie qui se chope dans ces moments de joyeuses "débandades"!!!
La vie est trop courte, il faut en profiter quand on est jeune??? On doit réagir comment quand la vie est soudain raccourcie ou pour le moins abimée grâce à un bon sida de derrière les fagots? On invoquera la fatalité? Et tant pis si on coute une fortune à la société, au moins on se sera amusé???
Allez, reprenez avec moi tous en coeur:
Non, rien de rien, non, je ne regrette rien...

Écrit par : Patrick | 19 janvier 2008

C'est décidément dangeureux de te lire car ça fait poser beaucoup trop de questions.
En fait, j'avais jamais analysé jusqu'à présent mon rapport avec la fidélité ou l'infidélité.

Tout ce que je sais c'est que pour mon cas personnel, je n'ai jamais été infidèle dans des relations qui ont comptées, mais c'est aussi parce que je n'en ai pas eu la possibilité, mais c'est aussi parce que je n'ai pas laissé le champ libre à d'éventuelles possibilités.
Quand à vivre l'infidélité de mon compagnon, je suis incapable de ça puisque beaucoup trop possessive, je n'ai pas encore réussi à l'aimer suffisament pour me dire qu'il est physiquement totalement libre et indépendant de moi, qu'il n'a pas besoin de moi pour pouvoir jouir avec quelqu'un et continuer à m'aimer et à faire que cela ne nous affecte pas, alors que j'accepte et encourage cette totale indépendance sur le plan moral, au contraire je trouve cela très sain que les cerveaux des 2 moitiés du couple ne respirent pas le même air, par contre sur le plan charnel, j'en suis incapable et du coup, je ne pense pas être capable d'assumer une infidélité par crainte d'un trop fort sentiment de culpabilité.
Je pense que j'ai encore beacoup de chemin à parcourir pour résoudre tout cela, surtout cet attachement charnel, car je ne me fais pas d'illusions, personne n'est à l'abris de l'infidélité.
Désolée pour la longueur, me suis lachée pour un premier comm chez toi.

Écrit par : sof | 19 janvier 2008

-> Patrick -> Eh! ben, quel est donc cet élan moralisateur et ce cynisme de ta part ? Nous sommes juste là à nous interroger sur une question à laquelle nous sommes tous confrontés, ou qui nous taraude tous. On peut y répondre à la façon papale : abstinence et fidélité ! Ce serait même une réponse à la question du Sida, paraît-il. Mais une réponse hypocrite, criminelle, parce qu'elle a évacué le débat sur les vraies protections.
Patrick, chacun est libre de trouver ses équilibres, dans son couple, dans sa sexualité, dans son rapport à la fidélité. Ne juge pas trop vite. On peut être libertin et formidablement précautionneux, rapport aux maladies. On peut être fidèle, ou croire l'être, au point d'en oublier de se protéger et de protéger son partenaire.
L'essentiel n'est-il pas d'assumer ses choix, et de rester dans un rapport généreux à l'autre ?
-> sof -> Merci de ton commentaire. Ton témoignage en dit long sur la part de tabou qui s'attache au sexe, encore, même quand on sait se reconnaître intellectuellement des sphères d'indépendance.
J'ai le sentiment qu'entre un homme homosexuel, et une femme hétérosexuelle, la question se pose forcément très différemment. Je m'explique. Pour moi, la question de l'infidélité se pose, aujourd'hui, en terme de limite. Elle est où, la limite de l'infidélité ? Dans une branlette devant des images porno ? Dans une érection partagée dans un vestiaire ? Dans un contact de cinq minutes sous une douche ? Dans deux heures de tendresse dans une cabine de sauna ? Dans l'accueil d'un amant d'un soir à la maison ? Dans l'engagement d'un rapport répété de séduction ? Dans un élan amoureux qui te dépasse ? Il y a une telle gradation, chez nous, avec des formes de sexualité si simples et accessibles au départ... Suis-je infidèle quand je vais tirer mon coup au sauna, ou quand j'entretien une relation virtuelle suivie sur MSN ?
J'ai l'impression, mais peut-être que je me trompe, que pour vous c'est forcément plus compliqué, que la frontière est plus claire, plus posée, entre coucher ou ne pas coucher, et que du coup la charge morale et les poids de la culpabilité sont plus forts.
Merci en tout cas de participer à cet échange, et de ta visite. J'espère que me lire n'est pas QUE dangereux.

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 20 janvier 2008

Hou là!!! Loin de moi l'idée de me faire moralisateur et de réagir de façon papale (quoi que j'aurais utilisé le terme "logique" au lieu de papal)... Je ne réagis qu'à la façon Patrick et ne fais que donner ma modeste opinion à ma manière qui n'est pas toujours des plus modérées, je te l'accorde.
S'il est vrai que la fidélité serait une solution radicale contre toutes sortes de maladies, je ne suis pas certain que le terme d'hypocrisie et de criminalité soit bien placés.
Je place moi l'hypocrisie dans le contexte du mec qui fait l'amour avec son ou sa partenaire en ayant encore dans la tête les relations qu'il vient d'avoir en dehors de son couple.
Je place la générosité du rapport avec l'autre quand cet autre est unique et qu'on ne donne qu'à lui ou elle.
Quand à la criminalité, tu vas vite comprendre où je la place; c'est pour moi une question de responsabilité où je m'expliquerai à l'aide d'images qui me sont évidentes:
- Nombreux fumeurs américains ont attaqué en justice des marques connues de tabac parce qu'ils estimaient que ces marques étaient responsables de leur cancer.
- De nombreux propriétaires de bars ont été traduits en justice parce qu'ils avaient servi de l'alcool à des gens qui se sont ensuite blessés ou tués en voiture .
- Alors, pourquoi ne pas proposer aux séropotitifs d'attaquer en justice les marques des préservatifs qui ont lâché???
J'appelle ça fuir ses responsabilités, les proprios de bar, les firmes de tabac, les fabriques de préservatifs existent pour faire du commerce, c'est à l'utilisateur de se limiter. L'usage des protections n'assurent pas un risque zéro.
Allez, on va dire que c'est humain, auto-destructeur type mais c'est jamais sa faute...
Je voudrais ajouter que je ne juge pas, encore une fois, je ne fais que donner mon avis, par contre peut-être réalises tu que toi tu me juges cynique. Désolé Olivier, la seule chose que je vais me permettre de juger dans l'histoire, c'est que je considère que mon "cynisme" est en fait du "réalisme".

Écrit par : Patrick | 20 janvier 2008

Cela me gêne un peu que tu puisses dire que j'ai des tabous au niveau sexuel, mais après tout peut être as tu raison, une fois encore je ne m'étais jamais posé la question avant, simplement ce que je voulais exprimer surtout c'est mon rapport à la chair et à la sensualité, c'est plus la sensualité, le contact des corps, les frolements de peau que j'ai du mal à partager car cela a beaucoup (trop ?) d'importance pour moi, je ne suis pas une personne qui a le contact tactile facile car j'y suis moi même très sensible et cela me déplairais que mon compagnon puisse avoir les mêmes contacts charnels avec quelqu'un d'autre et trouve du plaisir à embrasser et caresser une autre peau que la mienne, ça signifierait que le refuge qu'il m'offre entre ses bras ne m'appartient plus exclusivement. Je le redis : c'est uniquement une question de possessivité et j'aimerai beaucoup passer au dessus, mais pas évident.... Après tout, le fait de se connaître et de s'assumer tel qu'on est (je n'en suis pas encore là, certes) n'est il pas plus important que de vouloir ressemble à un idéal qu'on atteindra peut être jamais pour être épanoui ?
Je pense aussi que EVIDEMMENT entre un homme homosexuel, et une femme hétérosexuelle, la question se pose forcément très différemment puisque les hommes hétérosexuels ou homosexuels et les femmes hétérosexuelles ou homosexuelles n'ont pas les mêmes ressorts sexuels.
Une dernière chose : ton blog n'est pas que dangeureux, j'y trouve aussi des sourires, de l'indignation contre l'injustice, de la tendesse et le + important : de la nourriture pour mes cellules grises.

Écrit par : sof | 20 janvier 2008

-> Patrick -> Je te le dis et je te le répète, parce que j'y crois dur comme fer : lier responsabilité, ou sécurité, à fidélité, c'est débile, et c'est irresponsable. Débile ? Ben oui, dans mon cas, je vis depuis 10 ans avec un mec séropo, comment tu veux me convaincre que je prends plus de risque en étant fidèle qu'infidèle. Le fait est que nous avons banni toutes les pratiques à risque, qu'on prend nos précautions et que ce n'est pas si difficile. Et qu'on n'est pas loin du risque zéro, même si je trouve ce concept idiot. Du coup, le réflexe de protection, il est toujours présent. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas dans tous les "couples fidèles", qui se croient protégés au nom de cette fidélité, mais est on toujours sûr à 100 % des pratiques de son partenaire ?
Et irressponsable, parce que le seul discours préventif qui vaille, c'est capote, capote, et capote ! en dehors de ça, tu moralises, tu te discrédites, tu sèmes des illusions sur d'autres façons de se protéger. Non, il n'y a que la capote. Toutes les associations responsables le disent.
-> sof -> Je comprends ce que tu dis sur la possessivité, et aussi sur ce don tactile à l'autre. Avant que ne s'établisse cette relation avec mon mec, j'ai longtemps été sur le même registre, les choses n'ont évolué qu'à travers des crises, que nous avons choisi de résoudre autrement que par la rupture, mais notre mode de vie n'est forcément pas un modèle. Merci de ton compliment : mes cellules grises aussi sont sollicitées, par des contributions comme les tiennes. Dieu que je grandis avec ce blog !

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 20 janvier 2008

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