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30 novembre 2007

Zoltan (1) l'amant romantique

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Comment j'ai retrouvé Zoltan, un de mes premiers amants...

Dans mes étés à Budapest, il y a toujours une part de pélerinage. 2007 n'a pas dérogé, ça a même été l'occasion d'une plongée troublante dans des souvenirs sensibles, liés à un certain art de vivre, et à une libération sexuelle. Un jour d'août, j'ai ainsi été rattrapé par l'un d'eux.

J'étais allé passer une nouvelle après-midi dans cette strand familiale Palatinus, déjà évoquée sur ce blog. Avec mes deux visées habituelles : nager, et m'offrir un petit extra d'ordre sexuel. Encore sur la digestion, j'avais décidé de commencer par l'extra. Sur la terrasse naturiste, nous étions quinze, tout au plus. J'observais l'état des stocks et les mouvements d'un oeil distrait. Rien de très convaincant, il faudrait prendre son temps... Assez vite pourtant un homme est arrivé, du genre que j'aime : belle carure, pas enrobé, le port droit, et une bonne gueule, quasi-familière. Il est venu s'installer presque face à moi, les genoux ramenés vers l'avant le temps de fumer une cigarette. Il me regardait, avec plus d'insistance à la vue de mon érection naissante. En quelques minutes à peine, à vrai dire le temps de sa cigarette, nous n'avions plus de doute sur nos intentions. Il a renfilé son maillot, s'est levé, je l'ai suivi, il est descendu dans la direction des douches, puis a bifurqué comme pour descendre vers les bassins, mais lentement, s'assurant que je le suivrais. Un peu décontenancé par cette déviation, je décidai de poursuivre droit sur la coursive directement vers les douches, sans le regarder. Bien m'en a pris car à peine avais-je ôté mon maillot et pris possession d'un box de douche, que je le vis arriver à son tour. Malgré un mouvement de tête insistant de ma part pour qu'il me rejoigne dans mon box, il préféra s'installer dans celui d'à coté.

d17221984881db6fe34bf736192e32fb.jpgJ'ai fait ni une ni deux, j'ai empoigné mon gel-douche, mon maillot, et l'ai rejoint. A partir de là, tout reste assez classique : caresses, baisers langoureux, aimables érections, jeux d'épée avec nos bites, baisers encore, une tendresse incroyable se dégageait de ce mec. J'étais vraiment bien. Mais assez vite, il s'est dit gêné par les regards et les déambulations autour de nous, et m'a proposé de sortir pour aller dans une piscine. Frustrant. Mais ce mec me plaisait, alors j'ai acquiescé. Une fois sortis, il me demande comment je m'appelle, quand-même (...!), se présente lui-même : Zoli, me demande si je suis touriste, ce que je confirme, me demande d'où je suis, s'étonne de mon hongrois, ce à quoi je lui réponds avoir vécu à Budapest pendant quatre ans, de1995 á 1999. Là, un éclair semble traverser son regard : c'est marrant, me dit-il : il y a onze ou douze ans, il a eu un amant français, il vivait pas très loin de l'île Marguerite, il croit bien d'ailleurs qu'il s'appelait, lui aussi...

Putain, c'était moi ! Zoli, Zoltan, cette familiarité du visage, cette tendresse. Incroyable. Oui, c'est sur, je le connaissais, nous nous étions connus. Tout était trouble malgré tout, des amants, j'en avais eu tant, dans cette ville où je me suis découvert, où je me suis libéré, où j'ai quasiment vécu mon adolescence homosexuelle. Etait-il un amant de la première époque, quand j'avais encore tout à apprendre, quand j'ignorais tout de là où j'allais ? Avait-il été un amant plus tardif, quand je sombrais dans une frénésie de sexe, mais toujours en quête de l'âme sœur ? Chez lui au contraire, les souvenirs étaient limpides : notre rencontre aux bains Kiraly, nos retrouvailles le lendemain, puis le surlendemain ce dîner au Malomtó, cette nuit entière passée chez moi... une nuit entière, ce qu'il peut y avoir de plus beau, pour lui comme pour moi, au delà de tous les coups à la petite semaine qu'on ramasse ici ou là...7de321897086c9df6a1ed2f9bfb39555.jpg

Nous avions été bien ensemble, au moment présent, j'en avais l'absolue certitude. Et plus nous parlions, plus des choses revenaient à la surface. Combien de temps nous étions nous vus ? Je ne sais plus le dire, lui non plus. Assez vite, c'est lui qui aurait mis fin á la relation. Pourquoi ? Il semble que lui était insupportable l'idée que je sois avec une femme. Ou alors c'était sur le plan sexuel, j'avais parait-il la manie de vouloir reproduire avec lui ce que je faisais avec elle. C'est lui qui le dit, mais c'est possible, j'étais novice, sans imagination, mais c'est drôle parce que j'ai bien changé alors !... mais surtout, ça faisait de moi un mec marié comme les autres : qui s'assume pas, qui aime tirer son coup, mais avec qui il n'y a pas d'avenir. Il avait donc mis fin à la relation. Pour se protéger. J'avais souffert, parce que j'avais besoin à cette époque d'être accompagné dans la découverte de moi-même, et parce que cet homme m'avait plu. Il avait souffert parce qu'il s'était attaché, et je restais dans sa tête l'inoubliable souvenir du seul amant français qu'il avait jamais eu. En apprenant que ma relation avec ma copine était finie, que je m'assumais désormais totalement, que je vivais même depuis dix ans avec un amant hongrois, il s'est défait, je l'ai vu se décomposer. Il s'est senti bête, c'en était immensément touchant. Seul encore aujourd'hui comme il y a douze ans, il porte un regard dépité sur les hommes en général, surtout ceux de son pays et de sa génération : toutes ses tentatives de vie commune ont échoué, de son fait ou d'un autre.

Et d'un coup, je l'ai vu voir en moi la grande occasion ratée de sa vie, l'occasion dérobée par un autre, mais par sa faute, parce qu'il n'avait pas voulu croire, pas voulu être patient, qu'il avait préféré se protéger quand moi pourtant j'étais prêt pour le grand amour, quand j'avais besoin du grand amour pour avoir la force de dévaster derrière moi plus de quinze ans de vie usurpée...

Notre conversation a bien duré deux heures dans les eaux tièdes de la piscine, c'était intense, des petites caresses discrètes nous maintenaient en tension. Mais je devais partir pour rejoindre mon mec chez des amis communs. Nous sommes remontés dans les douches. Ce qui s'y est alors passé est indescriptible. C'était beau, dense, intense, nous étions fermés á tous les regards, au point que je crois bien qu'il n'y en eut même pas. A la 99b4a8e9a8e06d7b3a8f674aad5bfd01.jpgfin, il me dit : ce que l'on vient de faire, ce n'est pas tirer son coup, n'est-ce-pas ? Non, ce n'était pas tirer son coup. Nous nous sommes revus, j'avais l'impression de sauter dans l'inconnu, mais je voulais replonger dans son regard et ses caresses. J'allais y aller les yeux fermés. j'en reparlerai.

(lire la suite ici)

Commentaires

Oui on sent bien que ce n'est pas juste un coup dans l'eau,lol, avec lui.
Très beau texte plein d'émotion et de sensualité.

Écrit par : Christophe | 30 novembre 2007

Olala Oh ! yen a ras le fion du recyclé, va falloir mouiller un peu ta chemise et nous pondre du neuf... Pense à ceux ki te sont fideles depuis le debut...

Biz

Écrit par : wajdi | 30 novembre 2007

-> Christophe -> merci de rappeler à WajDi que tout le monde n'a pas été accroché à son blog cet été. Surtout qu'il s'y passait pas grand chose - y'aura donc une suite...
-> wajDi -> Je fais comme je peux. Je pense aux fidèles, et y'a du neuf en préparation dans le distilateur. Quant à ton com, c'est comme le précédent : il compte pour du beurre !

Écrit par : entre2eaux | 30 novembre 2007

eh ! Oh! On choisit pas ses comments sur un blog. Fo jouer le jeu.

Écrit par : wajdi | 30 novembre 2007

M'en tape moi, je découvre donc j'applaudis et j'exprime aujourd hui le plaisir que j'ai eu à la lecture de cette note, il y a une liberté dans ces moments racontés que j'apprécie particulièrement.

Écrit par : Bougrenette | 01 décembre 2007

-> Bougrenette -> garder cette liberté, c'est le plus dur... mais j'promets d'essayer.

Écrit par : entre2eaux | 02 décembre 2007

oui ! la liberté d'être toi ! il n'y a pas à faire plaisir aux autres : tjs rester soi-même ! c'est ce qu'il y a de plus beau ! pour "les autres" et bien... qu'ils chassent le superficiel ailleurs !...
au fait ! merci pr mon anniv :)

Écrit par : sev | 04 décembre 2007

-> sev -> merci d'être repassée. Je n'oublie pas que tu as été la première commentatrice ici, et je vois que tu es fidèle à tes principes. J'écoute et j'y crois aussi

Écrit par : entre2eaux | 04 décembre 2007

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