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02 décembre 2007
Eloge de la branlette

Bon, sujet à la fois banale et délicat, frivole et graveleux : mais j'ose ! Dans la version masculine, la seule que je connaisse. D'ailleurs, je ne saurais que trop conseiller à certaines dames de passer, question de réputation, ou d'aller voir par là. C'est aussi une façon d'anticiper sur ceux qui se disent - et il y en a, jai eu des échos : Ah!, Oh!91, c'est celui où y'a une branlette à chaque billet ?!? Donc autant aborder le sujet frontalement, et si ça peut te rendre service, toi qui te retrouve seul ce dimanche matin, y'a pas de quoi ! En plus, c'est bon pour la santé (la preuve ici).
Pour une bonne branlette, tu le sais, y a pas besoin de beaucoup plus que de trois ingrédients : une tige, une main, un stimulant.
1/ La tige (ou le sbib, ou la teub, ou comme tu voudras - je te renvoie à un forum qui s'est déroulé fin juillet sur le blog de Fiso, et auquel tu peux accéder ici - tu y trouveras des suggestions et toutes sortes de particularismes locaux) : le mieux est de faire avec celle que t'a léguée la nature, c'est celle que tu connais le mieux, et qui te connait le mieux aussi. Ca veut pas forcément dire qu'elle est docile en toute circonstance, mais si tu te mets à son écoute, vraiment, tu dois pouvoir en faire quelque chose... Tu sais quand l'effleurer, quand la brusquer, où la frôler, par quels sentiers la tenir en tension, comment la réfreiner aussi, pour que ce ne soit jamais trop lent ni jamais trop rapide.
2/ La main : bon ben là, l'alternative est simple, c'est la droite ou la gauche. Moi, par exemple,
avec la gauche, je peux pas. Elle peut prendre brièvement le relais si la droite est momentanément occupée par autre chose, mais sinon, rien à faire. Elle peut aussi aider à caresser d'autres zones du corps, simuler une tierce présence, étonner ta peau à l'insu de ton corps... Tu peux aussi prendre la main d'un autre, mais alors là tu flirte avec le concept, c'est plus tout à fait dans la légitimité de la branlette. C'est du touche-pipi, ou alors tu es déjà dans l'acte d'amour, c'est autre chose. Ou avoir recours à un ustensil, mais c'est pas mon truc, je zappe. Donc bref, dans son principe, tu fais avec les moyens du bord, c'est même le principal intérêt de la chose...
3/ Et le stimulant. C'est là que le jeu s'ouvre. Le stimulant, il peut n'être que dans la tête, comme quand t'étais jeune ado accroché à l'intimité de ton lit, et que tu appelais à la rescousse tes copains d'école, que tu les dessapais et que tu les contemplais à l'envie, sans comprendre alors comment leur simple présence donnait une tournure nouvelle à tes caresses. Ou alors, c'est une image fixe, une photo dans un magazine, un dessin que tu as fait en secret, un graffiti sur un mur, dans des toilettes publiques, les variantes sont infinies. L'image peut aussi être animée, c'est souvent plus efficace, mais ça épuise les fantasmes, la mécanique est souvent répétitive et c'est la limite du porno. On peut aussi sortir de l'image imprimée ou enregistrée, et avoir recours à du live. Une webcam, par exemple, les initiés se reconnaitront...! On est toujours dans l'image, l'écran protège, mais il y a déjà une dose, un petit poil d'intéraction. Ton alter réagit en fonction de toi, et réciproquement. Ca laisse une place à l'inattendu, et puis il faut s'entendre, il y a besoin d'une connivence ou de son illusion. c'est un truc qui m'amuse de temps en temps, et j'ai des partenaires de cam qui sont devenus des relations durables.
Enfin, il y a le stimulant vivant, en chair et en os, celui que tu chippes à la dérobée, que tu mâtes derrière un mûr, à une embrasure ou par le trou d'une cloison. Ou celui qui sans te toucher, en face à face, va partager ton plaisir, celui qui va se branler devant toi, en se laissant observer, nourri de ton regard, d'autres regards alentour, ou qui va même te fixer, les yeux dans les yeux. Là, ta main gauche peut rentrer dans le jeu de la stimulation, elle peut aller se poser sur ce torse en vis à vis, caresser une fesse, saisir cette autre bite qui s'offre à toi, et la masser, délicatement, éprouver cette fausse dureté de l'érection, lui arracher son sperme et ses soubressauts, et la masser encore durant sa débandade, jusqu'à te conduire à jouir, enfin, faisant de l'autre ta chose l'espace de quelques secondes.
Jeudi soir à Roger Le Gall, il portait le chiffre 07 sur son slip de bain. Il a été mon ingrédient n°03.
N'hésites pas à me dire ici quel rapport tu entretiens avec la branlette, ta fréquence, décris ta pratique préférée, comme Bas-ventre l'a fait sur son blog là... J'ai besoin de me rassurer : suis-je vraiment obsédé ?
09:55 Publié dans eaux douces et autres amants | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : branlette, masturbation, branleur, sexe, homosexualité



Commentaires
J'ai essayé sans stimulant, c'est plus long.
J'ai essayé sans les mains : ça marche pas.
J'ai essayé sans la bite : c'est moins drole.
Ecrit par : Nicolas J | 02 décembre 2007
Je tiens à te rassurer, tu n'es pas plus obsédé que la moyenne à mon avis! Moi je veux bien te parler de ma pratique de l'onanisme mais j'avoue que je ne vois pas trop comment en parler! Par contre, j'en connais un, wajdi , pour pas le nommer qui est un adepte régulier et qui se fera une joie d'évoquer son expérience. N'est-ce pas wajdi????
Ecrit par : Yohan | 02 décembre 2007
Oh que non, tu n’es pas obsédé... Tu es même plein de vie, plein de soif de vivre... Et toi, comme WajDi, je vous admire et vous envie... Pouvoir laisser parler son corps, le laisser s’exprimer, quelle chance...
Je serais bien incapable de te parler en détail de mes pratiques onanistes. Comme Yohan. Mais lui, ses réserves sont pleines de pudeur, moi, cela ressemblerait plus à une honte, une culpabilité sourde et non analysée...
Je n’émets aucune fausse pudeur quant à la branlette. Comme je voudrais retrouver cette époque de jeune adolescent où c’était plutôt dix fois qu’une que chaque jour je m’astiquais jusqu’à ce que jaillissent les jets puissants et abondants qui m’apaisaient pour un temps...
Je ne saurais dire quand son apparus ces interdits inconscients qui m’empêchent d’atteindre le plaisir seul. Faute de me sentir violemment coupable. Je ne rechigne pas à jouer avec ma queue plus ou moins en forme, plus ou moins conquérante, éveillée par une image, un film, les réminiscences d’un jeune et joli garçon croisé dans la rue ou longuement observé derrière mes lunettes teintées. Je flatte le manche, joue avec le gland turgescent, avec les battements qui s’accélèrent dans ma poitrine. Mais je me garde bien d’atteindre ce palier irréversible, où l’on ne contrôle plus ses spasmes et ses gestes... Non, je joue avec ces limites, les provoque, les effleure, les titille. Mais je m’interdis de passer le cap... Pourquoi ? Ah, si je savais...
J’ai dit, au détour de chroniques de mes aventures éphémères ou durables ce blocage qui me faisait stopper net la progression de mon plaisir quand le ou la partenaire ne semblait pas ou plus m’accompagner de concert. J’ai dit mon refus d’aller seul jusqu’à la jouissance même quand ma femme m’en suppliait. J’ai dit je crois, le nombre de fois, non négligeable, où je finissais l’aventure la queue basse, parce que le partenaire avait joui trop vite ou ne parvenait pas à bander... Pourquoi ? Que de frustrations inutiles, je sais...
Bien sûr, il m’est arrivé de m’abandonner au plaisir que me procurait un garçon sans contrepartie. Parce que d’évidence ça LUI faisait plaisir. Un sacrifice en quelque sorte... Et toujours accompagné d’un profond malaise qui pourrait s’apparenter à de la culpabilité... L’interdiction de me donner du plaisir à moi. Rien qu’à moi...
Bien sûr, il m’est arrivé de jouir à l’issue d’une branlette non maîtrisée. Mais jamais par plaisir. Toujours avec une énorme boule dans l’estomac. Toujours avec une sorte de désespérance... Avec le cafard...
Rassure-toi Olivier... Mon pied, je l’ai pris, je le prends encore, heureusement... Mais pas seul. Pas pour moi. Pour quelqu’un. Pour que je la vive bien, il faut que ma jouissance soit une offrande. Un cadeau. Désiré et attendu...
Quel compliqué, le mec !! Oui, je sais... J’ai hésité à écrire ce comm... Je me suis dit que j’allais être ridicule. Surtout vu le contexte et ton « éloge »...
Mais je ne pouvais pas rester silencieux... Alors je me devais d’être honnête... La transparence, tu sais ?...
Ecrit par : Boby | 02 décembre 2007
Tu as bien fait d'oser ainsi et je dois avouer que j'ai adoré ces quelques mots "étonner ta peau à l'insu de ton corps... "
bigre tu arrives à faire de la poésie avec ta main, c'est fort de café ;-)
Bisous du jour.
Ecrit par : Bougrenette | 02 décembre 2007
Chaud !
Je ne peux pas raconter publiquement mes moments intimes ! c'est ça qui est dur avec un blog quand on est prof, il faut faire gaffe ! mais tres agréable à lire !
Ecrit par : anydris | 02 décembre 2007
Je met ton lien sur mon blog!!!
Ecrit par : monette | 02 décembre 2007
-> Nicolas J -> Essaye sans les mains, sans la bite, et sans stimulant... Je crois que t'atteints le nirvana ;
-> Yohan -> j'espère que WajDi t'aura entendu, on trouve déjà de succulents récits sur son blog, d'ailleurs. Je recommande celui-ci, qui se passe justement sur les bancs de l'école. Anydis, ça va t'intéresser, lol : http://wajdi.over-blog.com/article-4752938.html ;
-> Bougrenette -> merci de t'être laissé égarer dans cette séquence masculine, c'est gentil d'y avoir vu de la poésie
-> anydis -> Tant pis pour ton récit, mais merci pour ta visite, et courage avec tes p'tits branleurs ;
-> monette -> merci. J'espère que de nombreuse lectrices auront pris la bifurcation vers chez toi.
Ecrit par : entre2eaux | 02 décembre 2007
-> Boby -> Belle sincérité, mais comme tu dis, la transparence, on attendait pas moins de toi. A vrai dire, cette retenue qui te structure, elle me stupéfait. Je ne la croyais pas possible, même si j'avais bien l'impression que le discours moralisateur d'époques anciennes pouvait laisser des séquelles. Je croyais, à tort ou à raison, que c'est surtout l'onanisme féminin qui avait été culpabilisé. Même si j'ai en mémoire un paragraphe de l'"Encyclopédie de la vie sexuelle" que nous avions chez mes parents qui disait bien que la poursuite de la masturbation au delà d'un certain âge relevait de la pathologie...
Ecrit par : entre2eaux | 02 décembre 2007
Salut :)
Direct, j'aime bien le style.
On pourrait aussi préciser les nuances, les pauses, les longs surfs au bord de l'explosion, les légers retours, les ratés obligeant à remonter toute la pente, les slaloms avec le plaisir, puis ce délicieux entre-deux, au sommet, entre le dernier plateau et l'irruption, qu'on aimerait tant prolonger comme suspendu dans le temps...
v.
Ecrit par : victor | 02 décembre 2007
Mais qu'est-ce que c'est que cet article ? Je suis choqué.Cela devient sexe ici dis donc.
Ecrit par : Christophe | 03 décembre 2007
Voila au moins un sujet dont on ne peut pas dire qu'on n'en a rien à branler ... (facile et presque minable mais c'est dimanche soir ...)
A ta question, tu es bien plus que normal. La masturbation (parlons de façon académique) est une pratique sexuelle dont on en peut considérer qu'elle est anormale. Tour à tour condmanée, conseillée et que sais-je encore ... moi, je dis, vive la branlette.
La fréquence ? Ben, quand on aime, on ne compte pas ... c'est te dire qu'il arrive que je sois vidé, à sec (euh non, je ne le suis jamais vraiment ... hi hi hi) !!!
Ecrit par : tto | 03 décembre 2007
Je suis passée chez Monette comme chaque matin et bien sur je suis venue voir ton blog.
Je ne suis pas du tout choquée par le sujet. Il faut en parler librement même si moi j'ai du mal. Certainement du à mon grand âge !!!!!!!
Je ne considère pas la masturbation comme anormale bien au contraire.
Bonne journée
Ecrit par : Martine | 03 décembre 2007
-> victor -> le mouvement et la vague, tels que tu les apportes ici, sont tellement vrais, et si bien dits. Merci de ce magnifique entre-deux, comme je les aime, reviens souvent nous en livrer des pareils...
-> Christophe -> lol ;
-> tto -> tu nous a inventé la branlette académique, il fallait la trouver ! Puisque tu aimes, je te souhaite de finir la journée à sec, donc ;
-> martine -> merci du détour, et ne t'en prive pas, y'a pas d'âge pour ça.
Ecrit par : entre2eaux | 03 décembre 2007
Gentil ? tu rigoles, déjà la note c'était un régal mais avec les commentaires ça en devient sublime, j'ouvre mes deux yeux (bah oui deux) et je n'en rate pas une miette.
Ecrit par : Bougrenette | 03 décembre 2007
Le lecture des commentaires est un bon stimulant ?
Ecrit par : Nicolas J | 03 décembre 2007
Avec le tien j'ai rien pu faire ... ;-) stimulant peut être pas, le sujet est vaste, plonger dans un univers masculin n'est pas désagréable.
Ecrit par : Bougrenette | 03 décembre 2007
Content de voir ke kan on parle de s'taper une keue, on parle automatikement de moi. C'est clair ke j'suis un specialiste, moins par erudition ke par plaisir extrême.
Certaines branles sont carrément extatiks, d'autre conviviales. Toujours un grand plaisir d'être avec soi-même dans cette douce intimité. Et une belle façon d'apprendre a se connaitre, puis de se remercier d'exister et de ressentir.
Ecrit par : wajdi | 03 décembre 2007
-> WajDi -> C'est clair qu'un billet sur la branlette, sans qu'on parle de toi, ça l'aurait pas fait. J'aime cette dimension d'hommage à soi même que tu y introduis, presque comme une prière
-> Bougrenette et Nicolas j -> merci pour les commentateurs
Ecrit par : entre2eaux | 04 décembre 2007
En tant que "pur" hétéro, je rejette catégoriquement cette sous-pratique homosexuelle !!! Non, je déconne. Même s'il est vrai que je suis hétéro. Et que, si la bite du voisin n'a pas d'intérêt pour moi, la mienne reste une bonne co-pine, une vraie confidente.
Ecrit par : Rohic | 04 décembre 2007
Génial ce billet ! Et les coms sont croustillants !
En tout cas, contrairement à ce que pensent beaucoup de femmes, la masturbation n'est pas une alternative pauvre à l'acte sexuel ... c'est tout à fait différent. Si les femmes s'y mettaient plus, elles seraient sûrement mieux dans leur corps. Et la branlette permet, comme l'a écrit Wajdi, de mieux se connaître et donc d'accéder plus facilement au plaisir avec l'autre.
Ecrit par : Fiso | 04 décembre 2007
-> Rohic -> Et tu la prêtes, ta copine ? Merci d'être passé par là, reviens quand tu veux lier l'ici à l'ailleurs, lire le vent et t'éveiller au Levant ;
-> Fiso -> NON ! PAS DANS L'AVION, QUAND-MÊME !!!!!!! Tu me manques, pucette.
Ecrit par : entre2eaux | 04 décembre 2007
Et pourkoi pas dans l'avion ? La branle, c'est kan ça nous prend. Point virgule. Le tout c'est ke le pilote fasse pas sa navigation sur les cartes k'on a dessiné avec notre sève.
Ecrit par : wajdi | 04 décembre 2007
Entre2eaux,
Le problème avec Fiso, c'est de savoir si c'est un bon stimulant !
Ecrit par : Nicolas J | 04 décembre 2007
-> Nicolas J -> Fiso, c'est de la stimulation en barre ! Et dans tous les domaines !
-> WajDi -> Yohan avait raison, t'avais un truc à raconter là, non ?
Ecrit par : entre2eaux | 04 décembre 2007
Désolée, fallait bien que je m'occupe pendant ces 11 heures de vol ... et puis, la pression dilate les membres, c'est bien connu ;)
Ecrit par : Fiso | 05 décembre 2007
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