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25 novembre 2007

Nager, ma passion

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Ce texte (déjà publié en commentaire sur le blog de WajDi en septembre), je l'ai écrit comme un petit détour – à la façon de cet été – vers l’un de mes plaisirs préférés… l’eau. Dans sa version natation. J’ai attendu mes 30 ans pour m’intéresser à mon corps, pour m’y attaquer, et essayer d’en faire quelque chose. En fait, quand me sont apparus des enjeux de séduction. Et je l’ai fait – concours de circonstances - en m’initiant à la natation, puis en devenant, peu à peu, un pratiquant aguerri.

Ce que j’aime, en nageant, c’est la sensation de glisse que cela procure, sensation qui, avec le temps, au fil de tes progrès, dans la coordination des mouvements, de la puissance que tu acquières, devient ludique, intuitive, finalement jouissive. Mais c'est un long apprentissage.

Au début, tu t’y mets par la brasse, parce que c’est la nage que t’as appris à l’école, parce que la poussée croisée des jambes et des bras te permets de ressortir fréquemment la tête de l’eau, de reprendre simplement ta respiration. Quand tu t’essayes au crawl, au début, tes mouvements sont rapides, saccadés, incohérents, ils t’essoufflent : les jambes vivent leur vie, incontrôlables, et t’épuisent à ton insu. Tu es fier de tes premières longueurs, mais tu sens bien que tu perds une énergie folle dans une agitation stérile. Alors tu repars à la brasse, pour reprendre le contrôle de ton souffle. Puis tu y reviens, tu t’y essayes encore, puis encore, peu à peu, tu perçois au milieu de tes mouvements impétueux deux ou trois poussées à l’efficacité nouvelle, tu cherches à comprendre d’où elles viennent, à les cerner, à les reproduire, tu te concentres sur elles, tu commences à ressentir la chose. Tu la sens entrer en toi. Après plusieurs semaines, tu prends goût à ainsi danser le crawl dans le bassin, tu règles ta respiration, tu l’alternes, un coup à droite, un coup à gauche. Les nageurs confirmés continuent à te dépasser, leur vélocité reste un mystère, mais tu éprouves déjà des sensations de glisse qui deviennent agréables, tu deviens maître de toi et de l’eau.

Pendant 10 ans, j’ai ainsi nagé presque chaque jour crawl et brasse, découvrant avec mon corps, au fur et à mesure, les inflexions et les cambrures qui permettaient d’allonger les mouvements, les ondulations qui procuraient des sensations aériennes. A Budapest, je nageais au petit matin, dans un grand bassin extérieur, en toute saison. Et ces sensations éprouvées sous la lumière des projecteurs, quand la neige tombe et se mêle aux volutes au dessus de l’eau, restent à jamais imprimées sur ma peau. J’ai vu ainsi mon corps se transformer, au point de parvenir presque à l’aimer.

7d837e394ca6c5705c679d4261f735cd.jpgJ’ai attendu d’avoir 40 ans pour me mettre au dos crawlé, découvrir ses vertus relaxantes et équilibrantes. Et au papillon : ma fierté. Cette nage, si dure à dompter, si dévorante. L’apprentissage fut laborieux. Observer, reproduire, se noyer sous l’effort, recommencer, observer encore, éprouver, ressentir, un mouvement, puis trois, puis cinq, 10 mètres, 25 mètres, finalement 50 mètres - qui te mettaient à plat, mais tu les avais fait ! Renouveler l’exploit, une fois encore, chaque jour une fois, puis chaque jour deux fois, puis une séance entière, dédiée. Et là, tu deviens comme un seigneur du bassin, le mouvement est ample, il embrasse toute la ligne, l’eau ne peut plus rien contre toi, c’est toi qui la domines et qui domines ton corps, c’est la mer qui s’ouvre devant toi. Et ton corps connaît sa deuxième métamorphose, t’y acquières des muscles que je ne saurais pas nommer, mais tu découvres qu’ils te permettent de mettre le turbo dans toutes les autres nages.

A 42 ans, je n’ai jamais aussi bien nagé, jamais aussi vite ni avec autant de fluidité et de puissance mêlée, et je n’ai jamais autant accepté mon corps.

Il y a aussi dans l’eau une autre magie : celle de ces corps qui se côtoient, qui se frôlent, qui s’impactent parfois quand la promiscuité est trop forte, mais qui le plus souvent se caressent à peine quand, le temps d’un dépassement, ils se faufilent entre deux. Les corps sont beaux en général dans l’eau. Même quelconques, l’extension et l’apesanteur leur donnent une certaine majesté. En fait des corps chorégraphiés.

Il m’arrive souvent aujourd'hui d’être le plus rapide de ma ligne d’eau, parfois même du bassin. Sauf quand des clubs larguent leurs champions et me rappellent aussitôt à une réalité plus humble. Mais laisse moi oublier l’humilité le temps de ce billet.

Entre nageurs, dans l’eau, en se croisant les regards se croisent les premiers, et souvent se comprennent. Les contacts de62171b7c5da7e07ae4d4183bfd349d.jpgse font moins hasardeux. Parfois naît du désir. Certains recherchent ça, la piscine n’est que prétexte. Ce n’est pas mon cas, et jamais je ne déserte le bassin sans être allé au bout de mon programme. Je compte sur le hasard pour retrouver sous les douches les regards croisés sous l’eau. Ou d’autres regards.

Parfois, quand l’évidence est trop forte, comme vendredi à Roger Legall, au Sud de Paris (à une heure où l’affluence est faible et… où il n’y a pas de mômes !) dans le renfoncement des douches, les sexes se laissent aller au plaisir de la caresse sous l'eau tiède. Ce vendredi, mon compagnon (qui fut, quelques minutes avant, mon rival de bassin) était splendide, grand et athlétique, gueule de motard, regard caverneux, corps fin et sculptural, un âge sans doute proche du mien, un petit maillot orange, légèrement lâche, laissant s’échapper en le soulignant chaque muscle des jambes, de l’aine, du basin et de l’abdomen. Quand c’est comme ça, moi, je me désape tout de suite complètement, je choisis l’explicite, et laisse ma bite se dresser au ciel, à moitié caché par l’angle mort de la douche.

b620593df1595f82a384cb9ee287ce43.jpgLui, plus discrètement, face au mûr d’abord comme pour se dissimuler, s'est empoigné d’une main hésitante, et hésitant encore s’est approché de moi jusqu'à venir saisir mon sexe. Furtivement et restant à l’affût, nous nous sommes branlés l’un l’autre, tantôt concentrés sur nous-mêmes, tantôts tournés l'un vers l'autre. Et avons joui ensemble. C’était court et frénétique. Nous ne nous sommes pas échangés un mot, à peine un clin d’œil complice à la fin. Pour lui comme pour moi, pris par nos obligations, il n’aurait pas fallu que ça dure d’avantage…

Je suis comme ça, et pire que ça : même quand aucun mec ne me plait vraiment autour de moi, j’aime voir ou savoir que certains me reluquent, bandent ou se branlent, recherchent la connivence. Sans avoir vraiment conquis l’assurance totale de mon corps, je me rassure presque chaque jour à cette étable-là.

Il m’a fallu du temps, mais je me nourris aujourd’hui des regards qui se portent sur moi, des mains qui se tendent vers moi, comme je me suis nourri cet été des commentaires où certains des lecteurs de WajDi me flattaient ou me moquaient gentiment, pour finalement devenir mes amis.
 
d14e0f4bcd9f0e72209e0e4c49dc90f1.jpgC’est drôle, quand j’ai dit l’autre jour à mon mec que j’aimais nager le papillon, il m’a répondu que c’était normal, puisque j’étais exhib. J’avais jamais vu le rapport, mais ça doit être ça : je suis  exhib, j’aime provoquer – ma face sombre, à moi, sans doute.

Commentaires

Arrête de mettre des photos de mecs musclés et jeunes, ça donne des complexes.

Écrit par : Nicolas J | 25 novembre 2007

Non Nicolas,
C'est trop beau d'etre fier de son corps.
C'est trop dur de haïr son "paraître", de le sentir si loin de son "être"...

Écrit par : Boby | 25 novembre 2007

-> nicolas J -> T'as raison pour les complexes, mais moi ça me fait bander quand même...
-> Boby -> C'est même pour combattre certains complexes que je m'y suis mis...

Écrit par : entre2eaux | 25 novembre 2007

re me voila bien, j'ai envie de nager et de prendre une douche avec un grand corps athlétique ... pfff je souffle et je respire.
Un beau travail sur toi même et sur ton corps, une belle discipline et à te lire on se rends compte du plaisir que tu y prends.

Écrit par : Bougrenette | 25 novembre 2007

-> Bougrenette -> attention, les douches, c'est pas souvent qu'elles sont mixtes, en établissements publics...

Écrit par : entre2eaux | 25 novembre 2007

Salut,

J'ai beaucoup pratiquer la natation quand j'etais un peu plus jeune (j'ai plus le temps maintenant... )! C'est vrai que la nage papillon à un coté tres exhib': c'est une nage tres "visuelle", quand tu la nages, les autres te voient: mouvement de l'eau, le bruit du choc de l'eau!

Pour les douches, c'est souvent des contacts fugaces mais tres intenses

A plus

Écrit par : Jeremy | 25 novembre 2007

-> Jeremy -> merci et bienvenue. l'intensité et la fugacité vont souvent très bien ensemble, sous les douches comme ailleurs. Reviens quand tu veux.

Écrit par : entre2eaux | 26 novembre 2007

Après l'effort, le réconfort.Le sport ne fait pas que bander les muscles je vois.lol.

Écrit par : Christophe | 26 novembre 2007

-> Christophe -> L'effort et le réconfort, presque ma devise !...

Écrit par : entre2eaux | 26 novembre 2007

JE CONNAISSAIS LE NAGEUR , LE VOYAGEUR , LE TRAVAILLEUR , MAIS J'IGNORAIS LE POETE .
BRAVO !
(A LUNDI ?)

Écrit par : FABRICE | 01 décembre 2007

-> fabrice -> wouah ! merci de cette visite. Poète, pas encore, mais il s'en trouve parmi ces lecteurs-trices. N'hésites pas à passer les voir à l'occasion. Pas à lundi, mais cette semaine, à coup sûr !

Écrit par : entre2eaux | 02 décembre 2007

Slt !
Ton blog est très sympa. Comme je comprends tout ce que tu évoques au sujet des joies de la piscine ...
Bisous.
Sylvain

Écrit par : Sylvain | 01 février 2008

-> Sylvain -> Comme je suis content de ton passage par ici... J'ai hâte de te retrouver dans l'eau un de ces soirs.

Écrit par : Oh!91 alias entre2eaux | 02 février 2008

Joli texte qui me rappelle le temps où j'étais courageuse et que j'allais retrouver tous les matins mon élément, l'eau, avant d'aller bosser... Des réminiscences m'envahissent à vous lire qui me susurrent à l'oreille "recommence..." car dans l'eau j'oublie tout, je me sens toute puissante. C'est bête mais c'est vrai...

Écrit par : Gicerilla | 07 décembre 2008

-> Gicerilla -> Alors retournez-y, laissez tout et allez retrouver ces sensations, ces dires de l'eau que rien ne remplace. Moi aussi, pendant très longtemps, c'est au petit matin, avant le travail, que je gagnais l'eau. Je suis désormais du soir. Merci d'avoir fait ressurgir cette note, qui marquait à ses débuts une des identités de ce blog

Écrit par : Oh!91 | 07 décembre 2008

Coucou !
Cela fait un moment que je ne t'ai pas vu ... à la piscine.
Pour ma part, je poursuis mon chemin vers le "qui je suis". Je suis en train de me reconnecter au corps par la mise en oeuvre de ma passion de toujours : les massages. En formation en massage bien être depuis décembre dernier, j'en suis aujourd'hui à une vingtaine. C'est formidable ! Je prends un plaisir fou à donner un massage.
En formation en développement personnel sur trois ans, je sais aujourd'hui que deux de mes moteurs de Vie sont : l'Amour et donner. Je sais aussi que la sensibilité et la sensitivité font partie de moi, le toucher est pour moi essentiel à l'expression de mon être et à la relation aux autres.
Comme je dis au début, je poursuis mon chemin d'évolution ...
Bisous
Sylvain

Écrit par : Sylvain | 25 janvier 2009

-> Sylvain -> Tu ne m'as pas vu depuis longtemps, c'est vrai, j'y sui allé pourtant il y a quelques jours et c'est moi qui ne t'y ai pas vu... Mais je suis heureux de te revoir passer par là. Et heureux de lire que tu t'épanouis dans cette voie où tu t'engages. Tu sais que si tu cherches des "massés" pour tes massages, je suis candidat. Je suis aussi un homme de contact et de toucher. Enfin, je crois. On se voit bientôt ?

Écrit par : Oh!91 | 25 janvier 2009

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