10 mai 2008
ma seconde tablée

(La première tablée, il en était question là)
Il est de bon ton après une soirée de Paris-Carnet d'en livrer un compte-rendu un peu personnel, histoire d'entretenir les bonnes relations, de flatter les amitiés nouvelles, et surtout de prolonger l'agrément des rencontres improbables.
Par la force des choses, c'est à dire pour aller me coucher tôt et m'offrir pour le week-end une petite escapade ensoleillée, je vais faire court.
Donc : d'abord dire que j'ai débarqué tard, parce que ma soirée avait commencé dans d'insupportables démêlés administratifs à mon taf. La bonne nouvelle, c'est que j'ai trouvé une place pour la voiture en moins de deux et juste à proximité. Mais débarquant à 21h, l'assemblée était en voie de clairsemensement. J'ai par exemple raté le fameux Chondre. Je l'avais déjà à peine aperçu lors de ma dernière visite, en février dernier ! Alors que je suis sûr qu'on a plein de choses à nous dire (si, si, j'en suis sûr).
Par contre, je n'ai pas raté ma copine Fauvette, qui m'a parlé des excursions exploratoires de sa fille en Tchéquie, rapport à un projet qui lui tient à coeur. Et qui m'a présenté son compagnon. Qu'elle a charmant, d'ailleurs. Et avec qui elle part bientôt en vacances au Sénégal : la veinarde !
J'ai aussi fait la connaisssance d'Incompréhensions. Un pseudo né d'une rupture. Un malentendu qui lui subsiste malgré un blog qui est en soi une invitation : douce, soyeuse mais passionnée (WajDi, c'est pour toi, ça, ou je m'y connais pas). En plus, et ça c'est bon pour l'égo : elle a écrit dans son compte-rendu à elle, précédant le mien de 48 heures, que j'étais vraiment très beau comme garçon, beaucoup plus que ce que la petite photo en vignette sur mon blog - oui, là, en haut à gauche - ne le laissait supposer. J'en profite pour lui dire - Incompréhensions, si tu nous regardes ! - qu'elle est elle-même fort jolie. Tout comme le dit son blog, même si, ne la connaissant pas je ne m'attendais à rien.
Il y eut aussi quelques très jolis garçons, à la bise spontanée (ça, j'adore), dont certains se sont un moment attardés à ma table. Un Mathieu, accompagné de son Nicolas. Un couple, apparemment, l'un bloguant (mais je trouve pas son lien), l'autre pas (mais disposant, à sa décharge, de très jolies déchirures à son jeans, par où d'un doigt ou de deux l'on pouvait apprécier tout le soyeux de la jambe)...
Il y avait ma copine devant l'éternel, la petite Fiso, toute radieuse de soleil et d'amour, un sourire comme ça en bandoulière, et flanquée pour l'occasion de son meilleur ami de toujours, JM, dont j'avais tant entendu parler sans jamais l'avoir vu. Nous avons ri, lui et moi. Lui de ses trois enfants et demi, moi de mes trois amants et demi. Il ne blogue pas, ce JM, si ce n'est par le biais de commentaires parcimonieusement servis, mais il a une jovialité charmeuse. Un régal.
J'ai vu aussi une des deux ménagères de moins de cinquante ans (car oui mesdames, il n'y en a que deux et elles tiennent un blog), et un jeune étudiant en design de Nantes, un rien dandy, dont le lien m'échappe (mais pas le sourire). D'ailleurs, si vous vous reconnaissez, les unes et l'autre, merci de me donner vos liens en commentaire, que je finisse proprement le travail...
Il y eut aussi la Policewoman la plus en vue de la blogosphère. Une nana déjà remarquée la dernière fois (surtout qu'elle eut alors la gentillesse de me flatter - et moi je succombe à chaque fois), pleine de peps et d'humour, un
poil cynique mais plutôt bien senti. Une star, en simple. Elle m'a parlé Festival de Romans, blogs littéraires et blogs érotiques. Cassante, pas de doute, elle sait l'être. Elle aime ça. Mais échappant à ses coups de griffe, je suis allé jusqu'à m'entendre dire que si j'avais concouru dans la catégorie érotique, j'aurais à coup sûr décroché la timbale. C'est forcément loin de la vérité, mais je prends quand-même (Eh! Bénédicte, je parlerai pas plus de sexe pour autant : je continuerai à le faire quand je le sens, comme je le sens, d'ac ?)
Et puis L'Eléphant a finalement pu débarquer en toute fin de soirée. C'était sa première. Il n'a ainsi pas pu rencontrer grand monde. (Hors mis un sympatique illuminé qui nous a un temps recherché sur Wikipédia et ailleurs un semblant d'origine pour l'expression "entre deux eaux"). Mais moi, je m'en fous, je m'étais déjà offert une soirée perso avec lui l'avant-veille.
D'ailleurs, je me suis fais quelques mini Paris-Carnet ces derniers temps. Et aussi un mini Toulouse-Carnet, avec deux Manu lumineux. Un Avignon-Arles-Carnet. De mémorables Kremlin-Bicêtre Carnet. Sans parler de rencontres plus inavouables ou autres MSN-Carnet.
Bon ben voilà, j'avais dit que je ferai court, et puis je me suis laissé emporter. J'ai sans doute oublié des épisodes dont on me tiendra rigueur. Mais c'est pas grave, il y en aura d'autres, les enfants.
En attendant, je souhaite à tous de joyeuses fêtes de la Pentecôte.
(merci à Richard pour ses photos)
00:05 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : blogs
09 mai 2008
toujours Non à la Directive de la honte

C'est finalement ce mois-ci que le projet de directive sur la rétention et l'expulsion des personnes étrangères sera soumis au Parlement européen. Je t'en avais déjà parlé ici.
Depuis 1990, la politique européenne conduite par les gouvernements en matière d'immigration et d'asile s'est traduite par une réduction continue des garanties et des protections fondamentales des personnes. L'Europe se transforme en une forteresse cadenassée et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l'accès à son territoire et expulser les sans-papiers.
Le projet de directive, s'il était adopté, constituerait une nouvelle régression.
En prévoyant une rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, il porte en lui une logique inhumaine : la généralisation d'une politique d'enfermement des personnes étrangères qui pourrait ainsi devenir le mode normal de gestion des populations migrantes. Des enfants en âge d'être scolarisés pourraient être concernés par ces dispositions dès lors qu'ils ne seraient pas isolés de leurs parents.
En instaurant une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées, ce projet de directive stigmatise
les sans-papiers et les transforme en délinquants à exclure.
Le projet de directive qui est présenté au Parlement est le premier dans ce domaine qui fasse l'objet d'une procédure de co-décision avec le Conseil des ministres. Le Parlement a donc enfin la possibilité de mettre un terme à cette politique régressive qui va à l'encontre des valeurs humanistes qui sont à la base du projet européen et qui lui donnent sens.
Les parlementaires européens ont aujourd'hui une responsabilité historique : réagir pour ne pas laisser retomber l'Europe dans les heures sombres de la ségrégation entre nationaux et indésirables par la systématisation des camps et de l'éloignement forcé.
Tu peux appeler les parlementaires européens à prendre leurs responsabilités et à rejeter ce projet, en t'associant à la pétition qui est en ligne là.
J'ajoute un lien vers une belle déclaration de Jeanne Moreau, au nom du collectif des innombrables, qui s'engage à soutenir et à protéger les enfants scolarisés, quitte à transgresser la loi, pour que notre pays n'ait pas que la figure de la haine et de la honte à montrer.
09:40 Publié dans eaux troubles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : immigration, europe, directive de la honte, hortefeux, sans-papiers, expulsions, union européenne
08 mai 2008
quand WajDi fait sa croisette

Lus cette nuit ces mots laissés sur ma messagerie instantanée :
"- bon j'espere ke tu vas faire un billet sur l'événement culturel de la semaine : le festival du court-metrage sur l'intimité qu'on cache.
Organisé en moins de trois jours... prends en de la graine vieux ! avec un budget de zéro...
et kan t'auras tourné un film sur l'histoire de toi et ton reuf dans la baignoire, j'te promets ke j'le sélectionne."
WajDi, je commence à sentir le scénar, pour mon "reuf" et moi. Mais je crois pas que je serais en mesure de tenir la caméra. Pour les cinéphiles, plutôt qe d'attendre, je leur recommande de passer ces jours-ci sur ton blog. Tu leur as choisi quelques courts-métrages de qualité. Enfin, j'ai vu que les deux premiers, et chacun dans son genre était puissant. Tu nous promets de nouveaux films toute cette semaine, dont deux pour la seule journée d'aujourd'hui. Je doute pas qu'il va y avoir du monde pour s'intéresser sous cet angle à "l'intimité qu'on cache".
Moi aussi, je fais dans le court, ces temps-ci. Mais ni dans le même genre, ni pour les mêmes raisons. Putain ! Le temps de rien ! Vivement la fin du mois...
01:44 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cannes, cinéma, courts-métrages, homosexualité, bisexualité, trioloisme
07 mai 2008
la rumeur nipponne
Apparemment, c'est pas trop compliqué de prêter aux Japonais un peu toutes les fantaisies de la terre. La quête d'exotisme n'a pas de limites. Ni celle du sensationnel. Voilà en tout cas un sujet dégotté par mon copain Seiji, repris par les médias japonais, qui prouve que :
1/ Arrêt sur Image avait quand même du bon ;
2/ Le métier de journaliste n'est plus ce qu'il était ;
3/ Les rumeurs courent plus vite que leur ombre. Vive la déontologie !
15:03 Publié dans eaux troubles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : arrêt sur image
06 mai 2008
la porte de la salle de bain (suite)

Donc, j'en ai parlé. Ça doit être aussi un effet "blog". Et j'ai pu vérifier que ça n'avait jamais traumatisé que moi. J'avais entre 6 et 7 ans, lui entre 7 et 8, il avait refermé sous mon nez la porte de la salle de bain, avait revendiqué son droit à l'intimité, ou à simplement devenir grand, et j'étais resté seul avec ce manque, qui deviendrait une quête, où s'est peut-être nourrie mon attrait pour les hommes. J'en avais parlé là (voir le jour où la porte s'est fermée).
C'est ma mère que j'ai interrogée la première. Elle m'a confirmé qu'elle n'en avait gardé aucun souvenir. Elle s'est contentée de dire qu'on était vraiment très petits encore quand on prenait notre bain ensemble. Puis avant-hier, j'ai demandé à mon frère. Pareil. Effacé de son disque dur. Cet épisode n'a donc bien eu de sens que pour moi. Dans le secret.
Mais mon frère m'a par contre raconté une autre anecdote, qui n'est sans doute pas sans rapport.
Maman avait un collègue, prof d'EPS en collège. Il était venu un soir à la maison, accompagné de son fils, un poil plus âgé que nous. Il serait entré dans la salle de bain par inadvertance. Et nous voyant ensemble dans la baignoire, il se serait marré comme un tordu. Mon frère dit qu'il n'en ressentit pas de gêne, mais le seul fait qu'il s'en souvienne semble indiquer le contraire.
Sans doute, la honte qu'il avait ressenti n'était pas tant d'avoir été vu nu, mais d'avoir été vu plus enfant qu'il n'eut souhaité le paraître devant un grand ! En m'excluant de son bain, il franchissait un échelon d'âge. Dans mon esprit, il faisait de la nudité un graal, et donc très vite mon phantasme.
Et voilà comment j'arrive à me faire tout seul des petites séances de psychothérapie perso et pas chères à l'occasion de retrouvailles familiales...
00:05 Publié dans mon coming out | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sexe, homosexualité, bisexualité, gay
05 mai 2008
huit nièces et demi, et mon premier neveu

Va savoir pourquoi, dans ma famille, ce qu'on sait le mieux faire, ce sont les filles. Les garçons, il n'y a que mon père et ma mère qui y aient réussi. Et encore, ça a donné un artiste peintre et un pédé : comme quoi, l'exercice n'est pas des plus évidents.
Je n'ai ainsi que des cousines. Six. Trois du côté de ma mère, trois du côté de mon père. J'ai eu un cousin, mais il est mort à l'adolescence d'une rupture d'anévrisme. Quand je dis qu'on a la masculinité fragile dans la famille !...
Et voilà que l'histoire se répète. Mon frère a fait trois magnifiques jeunes filles. Et la soeur d'Igor deux. Cela nous fait cinq nièces à gâter. On ne les voit pas très souvent car nos familles sont bien éclatées entre le nord et le sud de la France, l'ouest et l'est de l'Europe. Mais du coup les moments où nous sommes ensemble sont riches, tendres et joyeux. Cet été, pour les dix huit ans des deux plus grandes (une de mon côté, l'autre du côté d'Igor), on les emmène en Thaïlande : ce sera leur premier grand voyage.
Après, il y a mes familles d'adoption. Ces amitiés vécues si intensément, projetées avec tant de volonté dans la durée, qu'on en a fait des familles, des fratries, qu'on s'y trouve des filiations. De ce côté là, mon frère Menem (tu sais, cet amour fou, secret, fondateur de tant de choses de ma vie et de ma personnalité, dont je t'ai parlé ici), qui m'a jusque là donné aussi deux adorables petites nièces, saura aujourd'hui si son troisième sera un garçon ou une fille. Je pressens que ce sera à nouveau une fille, et je me trompe rarement (et d'ailleurs, je croise les doigts, sinon il me faudra changer le titre de ce billet).
Et puis, il y a le dernier en date. Mon premier p'tit frère, qui m'apporte avec lui une nièce de plus et un neveu. Et plein d'autres choses géniales. Son petit bout, c'est mon premier neveu. Dès qu'on s'est vus, on s'est adoptés. Et j'ai hâte de passer mes premières vacances avec lui. Parce que moi je dis, pour les relations entre oncles et neveux, les vacances, c'est encore ce qu'on fait de mieux.
00:19 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : famille, homosexualité, homoparentalité
04 mai 2008
des rivières pour les vivre

Un kayakiste, porte drapeau de la délégation française à Pékin. Si ça, c'est pas un beau symbole, une façon de promouvoir les sports nautiques, je n'y connais rien.
(Attention, tu l'auras compris, ceci n'est un billet si sur l'amour olympique, ni sur les droits de l'homme au Tibet)
C'est drôle, parce qu'avec Igor, nous rassemblons les deux nations du kayak. La France, qui brille en eau vive, et la Hongrie, en ligne.
Dans toutes les eaux, on tire notre épingle du jeu, et à nous deux, on rafle un maximum de médailles à chaque fois.
Autrement, question pratique, disons qu'il ne se passe pas une année sans qu'on descende un petit tronçon de Dordogne du côté de ma région "natale" (je l'évoquais ici). C'est un plaisir rare, celui d'être perdu au milieu du gué dans des paysages féeriques, sans autre bruit que celui de sa pagaie dans l'eau, s'orienter à la force du poignet, franchir de petits rapides sans perdre le contrôle, marquer la pause sur des plages de galets et se baigner dans le courant. Nus même, lorsqu'il n'y a personne...
Tony Estanguet sera en course pour un troisième titre. S'il pouvait donner l'envie aux jeunes de s'essayer à cette pratique, sur la Dordogne, sur la Marne, sur la Deûle, sur la Vienne, sur la Seine, partout : nos rivières sont faites pour être vécues !
07:00 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : tony estanguet nu, kayak, jeux olympiques


